Pop / Rock

[Interview] Joan as a Policewoman : « J’espérais un amour puissant ! »

[Interview] Joan as a Policewoman : « J’espérais un amour puissant ! »

15 mars 2014 | PAR Arnaud Berreby

C’est à peine remis du choc consécutif à la sortie tonitruante du dernier album( The Classic, PIAS) de Joan As Police Woman, festif et vintage( chroniqué ici), que nous apprenons son incursion à Paris avec gyrophares, panier à salades et policiers écervelés ( pléonasme ). TLC ne pouvait pas manquer cette rencontre, cette mise en garde à vue réclamée à corps et à cris, ce mandat d’amener revendiqué. Voici le PV de l’interrogatoire.

Joan, après le succès de The Deep Field paru en 2011, vous voici de retour avec votre nouvel album The Classic, à la tonalité très optimiste, à l’exception d’un titre splendide mais mélancolique : « Good Together »…

En effet, « Good Together » parle d’une rupture amoureuse mais avec la complexité et les sentiments mêlés qu’elle suscite. Elle raconte la fin inéluctable d’une relation mais avec de l’amour qui subsiste et un attachement certain.
J’ai vécu cela avec tristesse mais je n’avais pas d’autre choix que la rupture.

Cette chanson a t-elle été longue à créer ?

Elle a été écrite sur une courte période mais de manière très intensive, comme une catharsis je suppose et, à peine commencée, j’avais hâte de l’achever afin de mettre un point final à cette pathétique histoire. J’étais en colère contre cet homme et je préférais exprimer ma hargne dans une chanson plutôt que de la lui hurler en face !

Mais dans la seconde partie du titre, au moment du pont, vous ralentissez le groove, vous-vous faites languissante et regrettez déjà cette rupture, semble t-il.

C’est exact, c’est comme si je lui disais:  » essayons une dernière fois » même si je sais que c’est déjà fini. Des sentiments mêlés, comme je vous le disais!

A l’opposé absolu de ce titre, le premier extrait éponyme de votre album The Classic est d’une absolue allégresse, comme l’ultime chanson d’amour, légère et entraînante.

Ce qui est étrange est que j’étais célibataire quand j’ai écris ce titre, j’espérais un amour puissant comme celui que je décris mais j’avais décidé de faire une longue pause après des histoires pathétiques et destructrices… Pourtant, j’étais très heureuse d’être seule, comme soulagée de me recentrer: ma joie se ressent dans la chanson: c’est une chanson d’amour sur un amour qui n’existait pas, enfin pas encore car, quelques mois plus tard, me voila à nouveau amoureuse d’un être merveilleux…

Une chanson prémonitoire en quelque sorte ?

Oui ! Cela existe !

Le single actuel « Holy City » aurait été écrit au retour d’un voyage à Jérusalem ?

En effet, je souhaitais visiter Israël bien que n’appartenant à aucune religion, mais j’étais attirée et fascinée par le lieu et après un concert mémorable au mythique Zappa club de Tel-Aviv, je suis partie visiter la vieille ville de Jérusalem . Devant le mur des lamentations, la vision de ces gens versés dans une profonde spiritualité m’a amenée à une réflexion sur la quête humaine de la transcendance. Certains trouvent les réponses dans la religion, moi ce serait plutôt la musique et l’amour !
Alors, l’amour tant recherché, espéré, serait comme une ville sainte et chérie à adorer !

Autre titre majeur de l’album, What Will You Do, au final si surprenant et prenant, quel est son sujet?

Elle parle d’une amie très proche devenue paranoïaque au point où le suicide semblait être la seule issue à ses yeux, et je cherche le moyen de la sortir de cette terrible maladie en inversant les rôles : je m’exprime à sa place comme si je me confiais à elle en lui demandant :  » Que ferais-tu si tu me voyais partir peu à peu »? et cherche ainsi à trouver le moyen de la relier à nouveau au monde qui l’entoure et à ceux qui l’aiment, d’où le final apaisé:  » écoute la source de vie qui est en toi. », de manière intuitive, animale.

A quel moment a été écrit l’album ?

Durant l’hiver dernier, chez moi à New-York dans des conditions de quasi- live ce qui crée une cohésion indispensable entre les musiciens. L’hiver fut si rigoureux que nous avons avancé à un excellent rythme, mettre le nez dehors était tout simplement impensable !

Infos pratiques : Joan As Police Woman en concert le vendredi 21 mars au café de la danse

visuel : photo officielle.

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