Théâtre
Le conte tragique de Norma Jeane, alias Marilyn Monroe

Le conte tragique de Norma Jeane, alias Marilyn Monroe

15 mars 2014 | PAR Enora Le Goff

Au Théâtre 13 (côté Seine) John Arnold redonne vie à l’icône mondiale au travers d’une pièce un peu longue mais pour autant dense et vivante, faisant la part belle à la personne intime de Norma Jeane.

[rating=3]

Un corps enroulé dans un drap blanc dort, quelques boucles blondes dépassent, la sonnerie retentie, Marilyn Monroe se lève saoule pour aller récupérer son paquet à l’entrée, puis se recouche. Autour de ce corps endormie une nouvelle disposition prend place, des personnages arrivent et c’est la petite Norma Jeane Baker du haut de ses six ans qui émerge des draps.

On suit durant ces 2h30 de spectacle la vie de celle qui devint l’icône de la pin-up, du rêve hollywoodien par excellence, une belle vitrine pour un intérieur dévasté, ruiné par l’alcool, la drogue, le manque d’amour et les angoisses. La jeune actrice nous le hurle au visage, dès son enfance, rejetée par une mère malade, placée en foyer puis en famille, Norma Jeane voudra être aimée. Aimée plus que tout, aimée pour ce qu’elle est, mais ne le sachant pas Norma Jeane s’est créé son identité à travers celle, destructrice, de Marilyn Monroe.

Norma Jeane 2

Car dans cette pièce tout en bien question de regard, celui que Norma Jeane recherche, plus que tout, celui trop fort du monde entier qui la fera fuir, celui que le spectateur porte inexorablement vers la figure de l’icône. Question qui est posée avec brio lorsque Norma Jeane, enfin devenue Marilyn Monroe impose sa nudité frontalement au public, lorsque la lumière se fait sur ce même public et que Marilyn lui demande de le regarder, ce corps qu’il faut aimer pour sa beauté. Au delà de la vie de l’actrice la pièce interroge donc véritablement le rapport qui se joue entre bonheur, regard et accomplissement de soi, sans pour autant y apporter de réponse, sinon celle de la mort de celle qui rêvait de s’élever par l’amour que le monde lui portait.

Sur scène ce souci de jouer avec l’image se traduit par une mise en scène très dynamique, un ballet continu d’acteurs qui crée une multiplicté de liens, d’intrigues, un foisonnement de la scène qui laisse malheureusement certains moments de vides face à des séquences elles réellement fortes et intenses. On retrouve véritablement l’ambiance du livre ayant inspiré la pièce, à savoir Blonde de Joyce Carol Oates, roman psychologique retraçant la vie intérieure de Norma Jeane, dans le souci de donner chair moins aux faits existants qu’à une vision de la vie et du bonheur selon la rêveuse insatiable et infantile qu’était Marilyn.

Norma Jeane, texte Joyce Carol Oates, mise en scène John Arnold. Théâtre 13 / Seine, 30 rue du Chevaleret (Paris 13e), jusqu’au 13 avril.

Visuels (c) : images du spectacle – dossier de presse

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