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Interview de Tess: « Je suis heureuse de partager enfin ma pensée et mon propre univers avec le public »

Interview de Tess: « Je suis heureuse de partager enfin ma pensée et mon propre univers avec le public »

28 juillet 2017 | PAR Donia Ismail

Tess Océane Joffroy a foulé la scène de Lollapalooza ce dimanche, une première pour la jeune femme venue tout droit de l’île de la Réunion. Suite à une reprise d’un morceau de Lilly Wood & The Prick, les fondateurs du label Choke Industry, Pierre Guimard et Matthieu Tessier, la remarquent en 2013. Depuis, la jeune chanteuse enchaîne les titres prometteurs. Rencontre avec Tess, une artiste aux milles facettes.

Donia: Vous avez commencé à la Réunion devant votre caméra sur Internet, et maintenant vous voilà à Lollapalooza. C’est une énorme opportunité! Comment vivez-vous cela?

Tess: Très bien à vrai dire! C’est complètement dingue. Je vis un rêve! Quand je postais mes vidéos sur Youtube, je ne me suis jamais dis que c’était pour devenir chanteuse, ou pour travailler dans la musique. Non, je le faisais juste par passion. Le jour où on m’a repérée, je me suis dis « Comment moi et pas quelqu’un d’autre? ». Je n’avais pas beaucoup de vues, c’était totalement irréel! J’ai rencontré ce succès par hasard. À l’époque, je ne croyais pas du tout en moi. Depuis, tout se passe bien. Et là chanter à ce festival, c’est juste énorme pour moi. Avec en plus des artistes que j’adore!

D: Oui, car il y a Lana Del Rey ce soir et vous faisiez des covers de ses chansons à époque!

T: Oui! Je suis trop aux anges. J’aurais aimé la rencontrer, mais bon elle se fait discrète [rires].

D: La chanson est une réelle passion pour vous. Qu’est ce qui vous a poussé à poster des vidéos sur Youtube? Il faut quand même un peu de culot pour s’abandonner totalement au jugement des autres…

T: J’ai commencé sur Facebook, où il y avait juste mes amis qui avaient accès à mes vidéos. Puis, après j’avais juste envie de voir des réactions des gens que je ne connaissais pas forcément. Hors internet, je ne chantais devant personne, mais vraiment personne. Mes parents ne m’avaient jamais entendu chanter. J’ai donc voulu voir ce que les gens pensaient de ma voix. Comme c’était assez positif, j’ai continué, j’ai continué, j’ai continué… Puis un jour, j’ai commencé à écrire mes propres textes. Et voilà, maintenu me voici ici!

D: Comment concevez-vous les réseaux sociaux? C’est grâce à eux que vous en êtes arrivée là, jusqu’à la scène de Lollapalooza… Comment appréhendez-vous l’utilisation des réseaux sociaux?

T: Je pense qu’aujourd’hui c’est obligatoire pour se faire connaître, repérer. C’est un peu triste, c’est vrai… Mais en même temps il y a un côté positif qui existe réellement. Dans mon cas, ça m’a carrément aidée! De moi même je ne serais jamais allée voir des producteurs. Donc oui, les réseaux sociaux m’ont vraiment aidée. Merci Youtube! [rires]

D: Pour les gens qui ne vous connaissent pas, vous venez de Saint-Denis de la Réunion. Vivez-vous en métropole à présent ?

T: Ouais! Mais pas à Paris, à Biscarosse, près de l’océan. J’adore la mer. Cela peut paraître dingue, mais je ne peux pas m’éloigner de la mer. C’est juste impossible. Si je ne vois pas la mer, je ne me sens pas bien. À Paris, j’ai l’impression d’être enfermée, de ne pas pouvoir respirer.

D: Comment avez-vous vécue le décalage entre la Réunion et la métropole?

T: Comme j’habite près de l’océan, je m’y suis faite rapidement. Puis, je suis là pour faire quelque chose qui me plait vraiment. Ce n’est pas non plus la fin du monde. Le seul soucis, c’est que je suis loin de ma famille. Ils sont tous restés à la Réunion…

D: Qu’est-ce que la Réunion vous a apporté au niveau artistique?

T: La Réunion est une île paradisiaque, et dans mes chansons j’aime bien mettre un côté un peu idyllique, rêveur. J’aime bien ajouter de l’imaginaire. Je trouve que cela correspond bien à l’environnement dans lequel j’ai vécu.

D: Pourquoi avez-vous choisi le chemin de la pop?

T: C’est ce que j’aime écouter tout simplement: Lana Del Rey, TheWeeknd, Lorde bien sûr, SIA, Rihanna … C’est ce qui m’inspire le plus. Je pense que cela touche pas mal de gens aujourd’hui.

D: Aujourd’hui, pour certains artistes la pop est vu comme le genre le plus inférieur de tous…

T: Je ne trouve pas justement. J’adore la pop! Toutes mes influences viennent de ce genre là qui est en même temps ultra varié! Et je pense que c’est pour ça que les gens aiment la pop.

D: Billboard vous a même consacré un article dans ses pages. Comment cela s’est passée?

T: J’étais aux anges! Ma manager m’a envoyé un petit message tout à fait naturellement « Ah au faite, tu seras sur Billboard ». C’était énorme pour moi, j’arrivais pas à y croire. Pour quelqu’un comme moi, qui n’était pas connue il y a quelques années et qui vient de La Réunion, c’est juste dingue. C’est que du positif, que du bonheur.

D: Vous avez sorti votre tout premier EP. C’est un grand pas pour vous. Vous êtes passée de « chanter des reprises » à « chanter ses propres textes »…

T: C’est génial! À force de faire des reprises, on a envie d’écrire ses propres chansons. Quand mes textes sont enfin sortis, j’étais juste super heureuse. Je suis contente de partager enfin ma pensée et mon propre univers avec le public.

D: Dans cet EP, vous faites un peu l’état de lieux de votre savoir-faire en terme de musique: ballades, des chansons beaucoup plus dansantes… Comment l’avez-vous conçu?

T: Je ne voulais pas d’un seul style dans cet EP, dans le sens où, pour moi il ne fallait pas  qu’il n’y ait que des ballades. Il fallait aussi le pimenter avec des chansons plus groovy. J’aime bien que ça soit assez varié, qu’il y en ait pour tous les goûts. Puis ça m’ouvre aussi à un public plus large.

D: Pourquoi un album éponyme?

T: C’est le premier opus que je sors. Personne ne me connait, donc le public retiendra! C’est mon nom, ça parle de moi.

D: Vous avez une voix assez reconnaissable mais qui est quand même un peu blessée sur les bords. Mais vous apportez une touche de fraîcheur à l’univers de la pop un peu trop formaté. Comment mixez-vous ça avec un EP qui est quand même assez mélancolique?

T: À vrai dire, ça me vient naturellement quand j’écris et quand je chante. Je ne réfléchis pas vraiment. Je ne me dis pas « ah tient je vais apporter ça ou ça »… Je le fais automatiquement.  Je crée ce qui me vient au moment même où j’écris. Je ne réfléchis pas à ça.
Quand j’écris je ne vais pas me dire « ah je vais écrire une chanson ». L’inspiration vient toute seule. Je fais quelque chose d’autre, et là tout d’un coup j’ai une mélodie ou un texte qui me vient en tête. Ce n’est vraiment pas calculé sur le moment.

D: Vous venez de sortir votre dernière chanson  Hard To Forget, votre dernier single. Qu’est-ce que cette chanson représente pour vous?

T: C’est mon petit bébé car c’est la première chanson que j’ai enregistré en studio. Dans cette chanson, Hard to Forget — qui n’était pas le titre original d’ailleurs—, je dis que nous les humains, nous ne sommes pas des êtres parfaits, que chacun de nous fait des erreurs.  Mais ce n’est pas grave car ça arrive à tout le monde! Il faut arrêter de toujours s’en vouloir, de se faire du mal par rapport à cela. On n’a pas forcément tout ce que l’on veut ou tout ce que l’on mérite mais c’est comme cela, on ne peut rien changer. Il faut faire avec…

D: Vous préparez votre premier album. Comment se passe la préparation de ce premier opus? Qu’est-ce que vous pouvez nous en dire?

T: J’ai tellement hâte qu’il sorte! Je suis vraiment pressée qu’il soit enfin fini. Mais il faudra attendre encore. On — moi et mon équipe — continue à le préparer. Il y a déjà pas mal de chansons, mais on n’a pas encore fait notre choix. Entre temps, moi j’écris encore et encore…

D: Toujours dans le même style?

T: Oui, ce qu’on a entendu dans l’EP. Après on n’a pas de date de sortie, c’est-à-dire qu’entre temps, il peut se passer encore pleins trucs… Peut être que j’écrirais des chansons encore meilleures que les précédentes, je ne sais pas. J’aimerais bien qu’il sorte cette année, mais ce n’est pas sûr. Surement l’année prochaine…?

D: Il y a aussi votre première tournée qui arrive…

T: Oui en octobre! Je suis hyper excitée parce que la scène pour moi c’est ce que je préfère. J’ai vraiment hâte de commencer la tournée. C’est vraiment la scène qui me motive à continuer la musique.
J’ai déjà fait des premières parties mais là c’est ma première tournée à moi: mes propres concerts avec des spectateurs qui viendront pour moi… Donc je suis trop contente!

Son dernier single Hard To Forget est disponible sur toutes les plateformes de téléchargement.

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Donia Ismail

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