Pop / Rock
[Chronique] « Hot Dreams » et cauchemars angoissés pour Timber Timbre

[Chronique] « Hot Dreams » et cauchemars angoissés pour Timber Timbre

21 avril 2014 | PAR Bastien Stisi

Trois ans après Creeps On Creepin’ On, Taylor Kirk et Timber Timbre reviennent avec Hot Dreams, un cinquième album sur lequel les rêveries nocturnes et chaudes s’apparentent plutôt à des cauchemars glacés.

[rating=4]

Timber Timbre Hot DreamsL’arme du crime : une americana tendue et ombrageuse, aussi proche de la pop de fantôme que du folk de taulard. Le motif : la mélancolie absolue, qu’il faut bien se résoudre à laisser échapper du corps pour ne pas finir étouffé, et qui paraît coller viscéralement au timbre vocal et sonore de ces Canadiens pas franchement guillerets. Les (heureuses) victimes : celles qui voudront bien soutenir Taylor Kirk et ses complices, auteurs avec Hot Dreams d’un album qui frôle l’homicide volontaire du cerveau à force de confondre pop folk dépressive (« Hot Dreams », « This Low Commotion »), complaintes de grands espaces (« Bring Me Simple Man », « Grand Canyon ») et tergiversations traumatiques (, « Curtains !? », « Resurrection Drive Part II »).

S’il ne suinte pas non plus l’horreur absolue d’un Zombie Zombie, d’un Mondkopf, ou d’un Mogwai façon bande-son des Revenants (à moins que l’on ne s’attarde sur le clip de « Beat The Drum Slowly », pas loin de l’horrifique Black Hole de Charles Burns), l’album demeure tout de même le terreau de l’angoisse la plus saisissante et la plus délétère, odyssée largement cinématographique et tourmentée au sein de laquelle les rêves chauds évoqués par la nomination même de l’objet provoqueront, justement, des particules de sudation sous les bras et dans les recoins des cerveaux trop sensibles (ne pas tenter d’écouter le terminal « The Three Sisters » juste avant de se coucher…)

Les plus vieux penseront à Leonard Cohen ou à Lambchop, les plus jeunes à King Krule, tous reconnaîtront la faculté kruegerienne et en tout point remarquable de l’un des plus étranges albums de pop folk de ce début d’année 2014, en représentation onirique et pop folk cet été pour le festival Days Off (le 2 juillet à la Cité de la Musique) et à Lyon pour les Nuits de Fourvières (6 juillet).

Timber Timbre, Hot Dreams, 2014, Arts & Crafts / Full Time hobby / [PIAS], 43 min.

Visuel : © pochette de Hot Dreams de Timber Timbre

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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