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[Chronique] « Encore Heureux » de Zazie : nouvel album inégal malgré quelques moments de grâce

[Chronique] « Encore Heureux » de Zazie : nouvel album inégal malgré quelques moments de grâce

29 octobre 2015 | PAR Gilles Herail

Les critiques avaient adoré Cyclo (et nous aussi), pourtant boudé par le grand public. Zazie revient avec un nouvel album annoncé plus léger, Encore Heureux, qui réserve quelques moments de grâce mais pêche par son aspect pot-pourri et des morceaux très inégaux. Notre avis.

[rating=2]

Zazie nous avait laissé une excellente impression avec Cyclo, un dernier opus planant et lumineux qui avait convaincu la critique à défaut d’égaler les ventes de Totem, Rodeo et La Zizanie. Après être passée par la case The Voice, l’interprète de « Zen » nous revient avec un neuvième album plus inégal et surtout, moins cohérent musicalement. La chanteuse a opté pour une stratégie marketing risquée, dévoilant 5 titres quasi coup sur coup, sans appuyer un single solide et annoncer une véritable couleur artistique. Un sentiment d’improvisation qui se retrouve tout au long du disque, dont on peine à comprendre le fil directeur. Encore heureux débute par un étrange morceau éponyme, balade aux sonorités quasi religieuses qui n’emballe ni par sa mélodie ni par son texte. « I love you all » nous sort de notre torpeur avec sa musique électronique efficace et son ambition d’hymne rassembleur naïf à la « Tout le monde »Arrive « Oui Filles » et ses arrangements étonnants qui accompagnent parfaitement un texte très bien écrit sur les attentes contradictoires pesant sur les femmes aujourd’hui. La bonne série s’arrête net avec trois ballades pas folichonnes (« Perchée », « Faut pas s’y fier » et « Pise ») , assez plates et plutôt longuettes, qui cassent le rythme de l’album.

On commence à perdre espoir quand Zazie dégaine un titre faussement mineur (« Tais toi ») dont la douce mélancolie et la charmante mélodie nous entraînent. « Petroleum » réutilise les noirs sons de Cyclo pour imaginer le coup de gueule d’une Terre riant jaune devant sa surexploitation par l’homme. Le texte est bien-pensant mais le crescendo rythmé à la « Rodéo » fonctionne. « Discold », le premier extrait envoyé aux radios et qui n’avait clairement pas marqué les esprits, semble se bonifier, un peu, à la ré-écoute (syndrome du fan qui s’adonne à l’autoconviction?). On est cependant beaucoup plus intéressé par la fin du disque, qui confirme la capacité de Zazie à nous proposer des conclusions introspectives toujours planantes. Portée par une voix en écho, « Sait-on-jamais » installe une ambiance intrigante, dans un univers musical aérien qui nous rappelle « Où allons-nous ». Et s’enchaine parfaitement avec une dernière chanson qui clôt l’album sur une très jolie note. Un « Adieu tristesse » aux sonorités désenchantées qui porte pourtant un joli message d’espoir. Un adieu à l’homme aimé et au chagrin de la rupture que Zazie entonne comme pour s’en convaincre. Une ritournelle minimaliste sublimée par la voix de la chanteuse. Une chansonnette faussement légère qui touche quelque chose de plus profond.

Encore heureux est un album relativement court (11 compositions) et vient alors l’heure des comptes. 1 premier extrait radio qui ne séduit pas mais s’apprécie un peu plus avec le temps. 4 ballades très décevantes qui ne décollent jamais. 2 potentiels de singles, naïfs dans le fond mais entrainants. Et 4 morceaux de qualité, partageant une même tonalité, de mélancolie joyeuse. Des titres qui auraient pu former le socle d’un opus plus cohérent et plus clair dans ses intentions. Le dernier Zazie propose de jolies pépites et quelques instants de grâce, n’effaçant pas l’impression d’un patchwork qui n’a pas été pensé dans son ensemble. On avait apprécié la construction très réfléchie de Cyclo, qui s’écoutait en entier et dans l’ordre. On n’ajoutera en revanche que quelques morceaux d’Encore heureux sur une playlist Spotify ou Deezer, en oubliant vite l’album qui les a vu naitre.

Zazie, Encore Heureux, 2015, Mercury Records, 51 minutes.

Visuel : (c) pochette de l’album

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Gilles Herail

One thought on “[Chronique] « Encore Heureux » de Zazie : nouvel album inégal malgré quelques moments de grâce”

Commentaire(s)

  • gaston

    ben ? « Pise » c’est pas bien alors ? …
    ça penche ?

    t’es qui toi ?
    ah oui …

    octobre 11, 2016 at 8 h 42 min

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