Musique
Live Report (18/03/2012) : Moriarty ou le rock expliqué à mes enfants

Live Report (18/03/2012) : Moriarty ou le rock expliqué à mes enfants

19 mars 2012 | PAR Celeste Bronzetti

Un seul micro sur la scène et six figures colorées autour : le concert de Moriarty au Magic Mirror de la Défense a inauguré hier les « dimanches des enfants » dans le cadre du festival Chorus, le festival musical qui se déroule toutes les années pendant la dernière quinzaine de mars. Si l’ensemble des concerts et des publics attirés sont multiformes, pour ce dimanche ce sont sans doute les petits qui ont donné une véritable personnalité à l’auditoire.

La voix mélodieuse de Rosemary a capturé facilement dès le début l’attention du jeune public : « Les enfants sont des spectateurs largement plus exigeants que les adultes. Ils n’ont aucun scrupule à avouer leur déception s’il le faut » nous avoue, à son tour, Charles, guitariste de la bande. « Ce n’est pas la première fois qu’on s’adresse à ce type de public ». Tout a commencé par un atelier musical dans une école, expérience que deux membres du groupe ont vécu en contact avec les enfants; elle a été si agréable qu’ils ont décidé de la porter à l’intérieur du groupe et de la réitérer pour des performances live.
«Ce public est beaucoup plus rock’n’roll qu’un public adulte» : Sthéphan, contrebassiste, nous confirme l’impression qui nous semblait s’être imposée dès le premier morceau et qui a été confirmée par la suite, jusqu’à un aboutissement, c’est peu de le dire, tout à fait pétillant. Une foule de petits gamins sautillants était littéralement accrochée à la scène pour célébrer la dernière chanson du concert, tandis qu’ à coté, où il y avait le premier pan de sol dégagé, un tout jeune break-danseur exhibait sa légèreté agile sous les regards curieux de la silencieuse, peu nombreuse troupe d’adultes qui l’entourait.
Le répertoire était en tout point celui que le groupe joue pendant des concerts qui ne s’adressent pas spécifiquement aux enfants, ce qui a fait de cette performance dominicale un spectacle véritablement partagé : les cadences blues, mélangées à des tournures musicales country et à des refrains parfaitement rock’n’roll sont les ingrédients du style tout à fait personnel de Moriarty.
«Ce mélange est le résultat des expériences musicales multiples et, parfois, très éloignées qu’on a eu individuellement, avant de nous fusionner dans le projet Moriarty», en 1999, quand le groupe a pris définitivement les formes actuelles. Ce sont les musiciens qui nous ont délivré ces petites révélations à la fin du concert, quand on leur a demandé une petite interview improvisée. Nous les avons  approchés tout en confessant notre admiration pour le spectacle extraordinaire auquel on avait participé de façon complètement inattendue, juste après le moment qu’ils avaient consacré à ces petites groupies enthousiastes dont ils ont tiré une bonne humeur manifeste.
La maitrise de la scène a été gardée par la chanteuse et ses musiciens du début à la fin, sans défaillance. Et quand on parle de maitrise on se réfère à la fois à leurs compétences musicales, et aux attentions particulières qu’ils ont montrées afin d’entrainer le jeune public dans la découverte de leurs paroles. Si la langue anglaise pouvait ralentir une adhésion totalement désinhibée, les petites introductions en français que Rosemary accordait, ont effacé toute trace d’obstacle à l’harmonie communicative qui s’est emparée de la caravane rouge installée au milieu du parvis de la Défense.
D’ailleurs, la raison des contrastes à-propos semble être si bien interprétée par ce groupe folk-rock qu’à la sortie on arrive à saisir encore plus aisément, l’agréable dissonance entre ce sympathique caravansérail et l’architecture vitrée et imposante des bâtiments de la Défense.
On a passé un après midi musical très agréable pendant lequel on nous a montré que dans le monde de l’art et de la musique en particulier il y a un élément sensible à la base de la jouissance et qui peut être partagé par tout type de public. On dirait qu’il s’agit du fil rouge de tout sentiment du beau et de toute perception d’harmonie qui nous dérive d’un rythme de composition réussi.

 

Visuel : (c) Celeste  Bronzetti

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