Musique

Miriam Makeba, prophétesse en son continent

27 septembre 2009 | PAR Yaël Hirsch

Des voix en or venues d’Afrique se réunissent ce soir encore pour rendre un vibrant hommage à Miriam Makeba, alias « Mama Africa ». Un pur moment de Grâce.

Née en Afrique du Sud, Miriam Makeba a du quitter le pays à cause de l’apartheid, et la Guinée lui a donné un passeport.  Elle a vécu 31 ans en exil.

La chanteuse a eu de l’influence bien au delà des frontières de son pays d’adoption, et a même connu des succès mondiaux sans jamais cesser de chanter l’Afrique dans des langues traditionnelles. Parmi ses tubes : le joyeux « Pata, pata », aussi bien que le déchirant « Khawuleza » qui reprend le cri des enfants alertant leurs parents d’aller vite se cacher par peur de la police, lors de l’apartheid.

Première femme africaine à parler devant la tribune de l’ONU, Miriam Makeba a plaidé en faveur du boycott de l’Afrique du Sud, toujours pendant l’apartheid.

La femme-continent, morte l’an dernier, a représenté toute sa vie un espoir de paix. Elle demeure un modèle pour toutes les jeunes artistes africaines qui n’ont pas la liberté d’exercer leur art, soit parce qu’elle dépendent de leur père et leur mari, soit si leur père est d’accord, parce que le reste de la société voit souvent d’un mauvais œil le métier de chanteuse…

Après Miriam Makeba, la présentatrice de cette soirée d’hommage, la béninoise Angélique Kidjo a continué de paver le chemin de la liberté artistique pour les femmes africaines. D’une voix bouleversante et avec charisme, elle invite ses « soeurs » venues de quatre pays d’Afrique et un autre chanteur sud-africain qui a inspiré les mouvements contre l’apartheid, Vusi Mahlasela, à un danser et chanter ensemble.

Parmi les « soeurs », le public européen en connaît bien certaines : la nigérienne Asa, qui a remporté le prix Constantin en 2008, l’allemande d’origine nigérienne Ayo que nous avions découverte avec le hit « down on my knees »,  ainsi que malienne à la voix cristalline Rokia Traoré. Cet hommage est aussi l’occasion de découvrir la sculpturale guinéenne, Sayon Bamba, et  la fantastique danseuse ivoirienne à la voix chaude, Dobet Gnahore.

Accompagnés par le chœur original de Miriam Makeba et un orchestre magnifique,dont certains membres sont aussi un peu griots, les chanteurs transforment cet hommage en page d’histoire. Une page d’histoire inscrite dans leurs musiques, dont les styles si différents viennent colorer le répertoire de « Mama Africa » pour le garder vivant. Il y a quelque chose de sacré dans cette réunion de tout un continent autour d’une figure si marquante. L’âme de l’Afrique que Miriam Makeba a tellement chantée est présente dans le Cirque d’Hiver, le concert est un moment de magie si rare qu’on frôle la Grâce.

Dernière aujourd’hui, 16h30, Cirque d’Hiver, 110, Rue Amelot, Paris 11e, m° Filles du Calvaire, 13-26 euros.

Cet évènement fait partie du très beau programme dédié aux femmes du festival d’Ïle-de-France, et sur le site du festival vous pouvez  entendre les voix des chanteurs de l’hommage à Miriam Makeba.

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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