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[Live Report] Knotfest : le prologue de la fête de l’enfer

[Live Report] Knotfest : le prologue de la fête de l’enfer

03 juillet 2019 | PAR Simon Théodore

Cette année, la fameuse fête de l’Enfer clissonnaise démarrait un jour plus tôt avec la première édition de la Knotfest. Les quelques 37 000 festivaliers (sur une capacité de 40 000 pour cette journée) s’étaient donc réunis le jeudi pour entamer leur marathon métallique et assister aux premiers concerts de ce week-end prolongé.

La Knotfest : une journée pour s’échauffer

Il est un peu plus de 16h. Le soleil est au rendez-vous sur le site de Clisson, petite ville située à quelques dizaines de kilomètres de Nantes. L’immense cathédrale du Métal ouvre une première fois ses portes pour la Knotfest, festival itinérant créé en 2012 par le groupe de l’Iowa Slipknot. Si l’édition américaine a déjà programmé plusieurs formations importantes de la scène métal (Korn, Limp Bizkit, Trivium, etc.), cette première édition française alignait également un large éventail de groupes évoluant dans des styles variés. Alors que nombre de métalleux sont encore en train de poser leurs tentes au camping, le hardcore de Sick of It All ouvre les hostilités. Pour ce premier concert, le quatuor new yorkais lance les premiers wall of death de la journée. Suit sur l’autre mainstage, le groupe suédois Amaranthe et son power metal à chanteuse. Force est de constater qu’il faut être fan du registre pour pleinement profiter de la performance mais que leur prestation ravit les fans présents. En dépit d’un soleil tapant et d’une réticence à l’eau toujours aussi prononcé, Al Jourgensen, leader de la formation de métal industriel Ministry, prend la relève. La foule est alors nombreuse pour ce groupe légendaire et s’apprête à recevoir la première claque de la journée…

La messe noire de Behemoth

Venu de Gdansk en Pologne et actif depuis 1991, Behemoth est probablement l’une des formations de black metal les plus impressionnante du moment. Déjà considéré comme un classique pour les uns, trop éloigné des racines brutales pour les autres, le dernier album I Love You at your Darknest a permis au groupe de continuer son ascension et prouve le statut qu’il a acquis ces dernières années. Le sample des chœurs d’enfants de « Solve » résonne tandis que les gens s’avancent devant la mainstage. Dès les premiers blasts de « Wolve ov Siberia », l’impression d’assister à une grosse performance gagne. Grimés de noir et blanc, encapuchonnés, Nergal et ses acolytes propulsent directement en Enfer. Jeux pyrotechniques et fumées renforcent le spectaculaire pendant près d’une heure. Largement axée autour du dernier disque et de son prédécesseur (The Satanist, 2014), la setlist est millimétrée pour dévoiler la nouvelle facette du groupe. « Barzabel », « Sabbath Matter » ou encore « Blow your Trompet Gabriel » sont autant de titres permettant aux musiciens de défendre leur art noir. Sans conteste, il s’agit d’un des meilleurs concerts de la journée et, après les ultimes rythmes de percussions interprétés en live pour « Coagvla », cette messe noire s’achève de manière grandiose. On regrettera simple que le groupe ait été programmé avant la nuit tombée…

Avec la température grimpante, certains sont tentés de quitter les grandes scènes pour s’hydrater. Malheureusement, Papa Roach démarre aussitôt son set et annonce ses attentions. Extraits de leur premier album Infest, « Last Resort » et « Blood Brothers » replongent immédiatement les kids au début des années 2000. Grâce à « Between Angels and Insects » ou « Getting Away with Murder”, Jacoby Shaddix et ses amis s’affirment comme l’un des groupes incontournables du néo métal encore en activité. Visiblement en forme, les musiciens assument le choix des autres morceaux et, malgré l’énergie véhiculée, il faut avouer que l’évolution artistique de Papa Roach fait perdre un peu d’efficacité à la prestation. Après un hommage à Chester Bennington (Linkin Park) et à Keith Flint récemment décédé, seule la reprise de « Firestarter » (The Prodigy) est d’une belle intensité.

De la fureur des hommes du Nord, délivre nous Seigneur !

Chanteur, compositeur et cinéaste américain, Rob Zombie assure une belle prestation, plongeant le public dans son univers et le gratifiant de quelques reprises, dont une des Beatles (« Helter Skelter ») et une des Ramones (« Blitzkrieg Pop »). Un bon moment avant l’invasion des Vikings.

Il est déjà 22h30. Le show guerrier d’Amon Amarth débute. Après une prestation remarquée au Download Festival et de nombreuses dates hexagonales affichant sold-out, on savait que la prestation serait épique ! Un immense drap floqué de l’inscription « Berserker », titre du dernier album, cache la scène et tombe tout à coup. « The Poursuit of Vikings » met immédiatement le pit en ébullition. « The Way of Vikings » est le moment choisi pour faire venir deux guerriers pour un combat sanglant. Le Ragnarök s’abat alors durant « Death in Fire » tandis que la pyrotechnie réchauffe les plus courageux au premier rang. Sans aucun doute, rien est à jeter de la setlist et le choix des morceaux à jouer commence à être compliqué pour ce groupe aussi efficace en salle qu’en plein air. « Shield Wall » et son refrain martial nous plonge dans un univers à la Braveheart de Mel Gibson dans lequel les plus valeureux combattants hurlent les paroles. « Raise your Horns », hymne à la boisson et à la fraternité métal, est épique et permet au colosse Johan Hegg de trinquer avec l’assemblée en brandissant une immense corne à boire. Finalement, le fracas de Mjöllnir lors de « Twilight of the Thunder God” sonne le glas et marque la fin d’une prestation passée à une vitesse folle. En pleine ascension depuis une dizaine d’année, les Suédois Amon Amarth ont Odin et Thor à leurs côtés !

Slipknot à domicile ! 

L’époque du Fury Fest 2004 où Slipknot recevait des projectiles sur scène est bien révolue. C’est donc devant une marée de monde que les neuf musiciens se produisent pour la première édition de leur festival en Europe. L’introduction « (515) » résonne et les cris d’horreur posent l’ambiance. Le classique « People = Shit » annoncent la couleur musicale : on aura le droit à des titres anciens. Corey Taylor, aux allures de joker possédé, ne cache d’ailleurs pas sa fierté d’être à Clisson. En dépit d’une fosse que l’on a connu plus agitée pour ce genre de formation (on admet que la fanbase vieillit en même que le groupe), on profite pour la première fois de l’imposant dispositif vidéo mis en place pour le festival. La grande nouveauté de cette année étant les 127 mètres d’écran entourant les deux mainstages. Sans aucun doute, cette installation impressionne les festivaliers et rend les performances visuellement marquantes.. Après un rappel composé de « Spit it Out » et « Surfacing », le groupe laisse sa place vers 1h du matin. L’âge d’or de Slipknot est probablement passé mais force est de reconnaitre qu’entendre en live des titres qui ont marqué une génération de métalleux rappelle de nombreux souvenirs. On regrettera simplement que l’énergie du combo ne soit plus totalement au rendez-vous. Finalement accompagné de soldats de la première guerre mondiale, Sabaton assène son power metal épique et fédérateur de manière efficace jusqu’à 2h du matin.

Cette première édition de la Knotfest en France fut donc une belle expérience. Échauffant les festivaliers pour un week-end marathon, elle permettra de voir des groupes en pleine ascension et d’en revoir d’autres qui ont marqué une génération, vingt ans auparavant. Néanmoins, si l’on en croit les propos de Ben Barbaud, l’organisateur du Hellfest, l’expérience ne sera pas réitérée pour les prochaines années…

Visuels : (c) Mouskito

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Simon Théodore

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