Métal

[Live Report] Hellfest – Jour 3

[Live Report] Hellfest – Jour 3

24 juin 2019 | PAR Simon Théodore

Dimanche 23 juin, la cathédrale de l’Enfer ouvrait une dernière fois ses portes pour accueillir quelques 60 000 métalleux prêts à bouger au son des guitares électriques. Si les deux premiers jours ressemblaient à une sorte de paradis pour la plupart des festivaliers, le soleil a transformé le site du festival en une véritable fournaise ou Satan lui-même aurait attrapé des rougeurs.

Ambiance tribale pour le réveil !

Pour pouvoir profiter des concerts sans être abattu par la chaleur, il fallait se lever tôt en ce jour du seigneur. Autre raison pour attaquer la journée aux aurores, le groupe néo-zélandais Alien Weaponry ouvrait les hostilités. Alors que la moyenne d’âge du groupe tourne autour de 17ans, cette formation originaire de Waïpu et signée chez Napalm Records apparaît comme une valeur montante de la scène internationale. Dès « Holding my Breath », la sensation que la prestation sera tribale gagne. Le groupe mélange un thrash moderne à un univers issu de la culture maori pour un rendu à la fois accrocheur, groovy, évoquant parfois certains groupes des années 1990-2000 comme Soulfly. Malgré une heure matinale et une poussière déjà bien abondante sur les mainstages, les wall of death et autres circles pit trouvent leur place durant la prestation. Après avoir défendu leur premier album T? , le martial « Ru Ana Te Whenua » marque la fin d’un concert d’un groupe à suivre attentivement.

En milieu de journée, le soleil et la chaleur auront raison d’une bonne partie des festivaliers, journalistes, photographes et autres bénévoles. On regrettera l’absence d’ombre au niveau des scène principales et de la warzone, rendant les concerts extrêmement compliqués à suivre. Preuve de cette chaleur, les canons à eau arrosent les plus courageux dans les pits et les deux cascades installées pour permettre aux festivaliers de se rafraîchir sont prises d’assaut. Le hardcore d’Employed to Serve sera d’une belle violence. « It’s time to fucking destroy this place » argue la chanteuse évoluant sur la warzone bouillonante. De l’autre côté du site, le heavy thrash de Death Angel permet aux plus anciens de profiter des sonorités old school et de clôturer cette matinée en beauté. Les inséparables Municipal Waste et Insanity Alert avait déjà bien échauffé les amateurs de riffs acérés…

Il est 15h. Les Américains de Trivium investissent la mainstage sous un soleil de plomb. « The Sin and the Sentence » ouvre le bal. Malgré une setlist moins intéressante que lors de leur précédent passage au Download Festival ou de leur passage en salle, le quatuor ravit les fans, démontre ses qualités techniques et ne cache son plaisir de revenir en France. « Bouger fucking vous ! » ne cesse de répéter le chanteur Matt Heaffy. La formation axe sa performance pour moitié sur leur album The Sin and the Sentence, passant alors un certains nombre de titres très efficaces à la trappe. Néanmoins, la foule est réceptive au show et les nombreux sauts du public use la pelouse et le bitume. L’ultime et violent « In Waves » marque la fin du prestation efficace sans être remarquable. En fin d’après midi, alors que la température commence à devenir plus supportable, les Français de Skald permettent de se reposer du côté de la Temple. Exit les fureurs des guitares et les growls incessants, ces Vikings s’approprient le vieux norrois pour conter la mythologie scandinave sur fond de musique traditionnelle nordique. Une ambiance païenne et religieuse règne alors pendant près d’une heure. Alors que la popularité du groupe ne cesse de croître depuis un ans (notamment grâce à leurs différents passages dans des émissions de télévision), ils joueront sous un chapiteau rempli. Ils finiront juste à temps pour observer la fin de la prestation d’Anthrax avec notamment leur reprise de Trust, « Antisocial ».

Sur la mainstage, résonne alors les douces mélodies de Lynyrd Skynyrd. Sept ans après leur dernier passage au Hellfest, ils ont réunis des générations de rockeurs et les titres « Simple Man », « Sweet Home Alabama » et « Free Bird » restent des incontournables de l’histoire du rock. Cette ultime journée de festival passe vite et il est déjà presque 21h. Un autre groupe de Virginie, Lamb of God, s’installe alors. Randy Blythe, le charismatique chanteur, ne cache pas son plaisir d’être présent sur le site le même jour que ses aînés ou que Slayer. Le mythique sample d’introduction d’ « Omerta » se fait entendre, les musiciens apparaissent, et dès les premiers riffs thrashy et groovy, les kids se bousculent et s’envolent. Surexcité, le chanteur ne cesse de bouger de part et d’autre de la scène et se place aux côtés de la batterie pour finalement sauter sur scène, rendant ainsi le travail des photographes délicats. Les morceaux choisis pour cette performance sont tous plus efficaces les uns que les autres. « Walk with Me in Hell », « 512 » et « Descending » sont, grâce à leur lourdeur, intensité et puissance parmi les meilleurs moments de cette journée. De manière très spontanée, le public connaît les chorégraphies et sait quand il faut lancer les circle pits et wall of death. D’ailleurs, l’ultime morceaux, « Redneck », devient le moment de l’un des plus impressionnants mouvement de foule de ces trois jours de festival. En somme, le show de Lamb of God fut d’une grande qualité et d’une belle énergie. Dans le monde du métal, il y a des groupes forts en live et d’autres qui prennent une dimension de mastodonte en plein air. Ce quatuor fait assurément partie de cette seconde catégorie…

Les vieux, les adieux et les retrouvailles

Après tant d’émotions, Slash & Myles Kennedy envoûtent les amateurs de solis et de mélodies accrocheuses. De l’autre côté du site, pour une soirée des plus extrêmes, les légendes George Fischer et Glenn Benton vomissent leur brutal death metal lors des concerts de Cannibal Corpse et de Deicide. La soirée est également marquée par la dernière date des légendes du thrash metal américain Slayer. Il est un peu plus de minuit, la bande de Kerry King met fin à un concert de plus d’une heure avec les dernières notes d’ « Angel of Death », lancées à mille à l’heure. Sur scène, les flammes de l’enfer brûlent, Tom Araya et ses amis tirent leurs révérences, ont du mal à quitter la scène et un feu d’artifice illumine le ciel. Sans aucun doute, ce moment restera dans l’histoire du festival français et il ne reste plus qu’une chose à dire : « Merci pour ces moments ! ». Enfin, l’épilogue du festival s’effectue avec le grand retour de Maynard James Keenan et des mythiques Tool. Renforcé par un dispositif visuel impressionnant, la prestation est aussi hypnotique que puissante et les meilleurs titres de cette formation légendaire résonnent jusqu’au lendemain matin dans les têtes des fans. En somme, la tournée en salle du groupe se fera attendre avec impatience….

Malgré une météo compliquée, cette ultime journée du Hellfest a donc été une réussite et fut marquée des moments importants de l’histoire de la musique métal et du festival. Les métalleux ont apprécié découvrir la jeune relève du métal tandis que de plus en plus de musiciens fondateurs effectuent leurs derniers riffs, cris et coups de grosses caisses. Finalement, après quatre jours de fête métallique et de météo clémente, les festivaliers plieront les tentes, rangeront le camping sous la pluie, et se donneront rendez-vous l’année suivante, du 19 au 21 juin.

Visuels : (c) Mouskito

L’agenda culturel de la semaine du 24 juin
Les puritains à Liége : deux étoiles dans le ciel bellinien
Simon Théodore

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *