Musique

Live report : Yasmin Levy au Carré Belle-Feuille de Boulogne-Billancourt (25/01/11)

26 janvier 2011 | PAR Mikaël Faujour

Environ un an après son passage au festival Au Fil des Voix, où nous l’avions découverte sur scène (cf. chronique), Yasmin Levy est de passage en France pour quelques dates. Elle jouait le 20 à Vincennes et repassait par Boulogne-Billancourt ce mardi 25 janvier. Avec son habituelle aisance, elle a enchanté une salle qui l’a applaudie à tout rompre.

Toujours aussi belle, généreuse et élégante, Yasmin Levy a donné un beau récital, dans le cadre de la longue tournée qui a suivi l’album Sentir, paru fin 2009. Porteuse de l’héritage ladino, elle rappelle que cette langue, qui fut celle des Juifs d’Espagne jusque dans leur exil et au-delà, se sera éteinte en l’espace de 2 générations, n’étant plus parlée aujourd’hui que par des vieillards. Ne pratiquant elle-même pas cette langue, elle en espère la survivance dans la musique, dans la transmission des chants traditionnels. Cet héritage, elle en est d’autant plus porteuse que son père, Yitzhak Levy, en fut un promoteur. Yasmin lui rend d’ailleurs hommage en interprétant un « duo » avec lui, duo avec un enregistrement audio, donc, puisque l’homme est mort alors qu’elle n’avait qu’un an.

Foncièrement méditerranéenne, car tenant du flamenco, de sonorités et rythmes arabes, turcs ou grecs, la musique est tantôt dansante et tantôt dolente, accompagnant le chant mélodramatique, qu’on trouvera volontiers outré si l’on n’accepte pas le parti pris de grandiloquence. La virtuosité vocale semble parfois prendre le pas sur la fluidité, à l’image d’un « Nací en Alamo » qui n’a pas la beauté intense, brûlante, de l’enregistrement studio, grevé de trop de trémolos, ou encore de « La hija de Juan Simón », reprise d’Antonio Molina. En revanche, qu’il s’agisse de « La Alegría », perle des perles de son répertoire, de la reprise en espagnol du « Hallelujah » de Leonard Cohen, ou bien encore du poignant « Una noche más » (et la liste pourrait s’étoffer nettement), Yasmin Levy prouve qu’elle est une très, très grande interprète.

 

Crédits photo : Pablo Martin.

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Mikaël Faujour

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