Musique

Live report : NLF3 à la Flèche d’Or (2/02/11)

04 février 2011 | PAR Mikaël Faujour

Le trio expérimental NLF3, qui semble n’en jamais finir de sillonner les salles de France et d’ailleurs, se produisait ce mardi 2 février à la Flèche d’Or, un peu moins de 4 mois après la sortie de son dernier album, Beautiful Is the Way to the World Beyond. Une performance qui confirme l’irrésistible attrait d’une space music, obsédante et physique autant qu’elle est onirique, unique sur la scène française, et laisse le menu regret d’une salle – et d’un succès – pas à la hauteur de leur grand, grand talent.

Souvenir tenace d’une performance lors du festival Art Rock 2005, à Saint-Brieuc, où NLF3 accompagnait en direct la projection du ¡ Que Viva Mexico !, de Sergueï Eisenstein. Souvenir confus, vague, d’une musique expérimentale enchanteresse, entre post-rock, jazz et électronique. Souvenir suffisamment persistant, rapporté à tant de concerts ordinaires, ni mauvais ni bouleversants, pour vouloir redécouvrir le groupe sur scène.

Comme semble l’indiquer le nom du groupe, NLF3 est un trio. Comme ne l’indique pas leur nom en revanche, NLF3 développe une musique audacieuse, à la confluence du prog rock, du post rock, de l’electro, du jazz, de l’afrobeat et même du drone, et dont les influences, origines ou parentés se devinent davantage qu’elles ne sautent aux oreilles (on pourrait s’aventurer à citer Silver Apples, Can, Neu !, Tortoise ou Animal Collective, par exemple). Autant le dire : le groupe voit large, voit loin – et sa musique, libre et exploratrice, est captivante.

Il est certain que NLF3 ne fait pas une musique grand public ; elle n’en est pas pour autant abstruse ou hermétique comme peut l’être parfois la musique expérimentale. Volontiers hypnotique, elle tient beaucoup du space rock par ses sonorités électroniques ou électriques en suspension, ses lignes de basse entêtantes, ses mélodies embryonnaires.

La musique de NLF3 réussit la gageure d’être dansante et onirique, c’est-à-dire à la fois physique et mentale, donc foncièrement envoûtante. On ressort du concert avec le sentiment d’avoir vu une excellente formation française, confirmation de plus de la bonne santé de la scène musicale hexagonale. Et l’envie de se plonger dans leur discographie. Un conseil : pour moins de 15€, il serait dommage de se priver de voir pareil groupe en concert. Et l’occasion ne manque pas, puisque NLF3 semble sillonner inlassablement le territoire.

 

NB – 3 albums sont en écoute sur Deezer (cliquez ici).

 

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Mikaël Faujour

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