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A l’occasion de ses 20 ans, (re)découvrez Danakil l’un des piliers du reggae français

A l’occasion de ses 20 ans, (re)découvrez Danakil l’un des piliers du reggae français

05 mars 2021 | PAR quentin didier

C’est l’aventure d’un groupe, l’aventure d’une vie pour certains, qui est contée dans un ouvrage d’Aymeric Jeanson qui paraît aux éditions Baribal et Baco. « Ensemble » retrace l’histoire d’un groupe de potes qui, du lycée jusqu’à de grandes scènes nationales et internationales, vont vivre au rythme si particulier du reggae.

Danakil se forme comme de nombreux groupes un peu par hasard. Nous sommes à la fin des années 90, et un groupe d’amis se retrouvent par le biais de la musique. Motivé par les concerts d’un autre groupe local, plusieurs musiciens se trouvent à jammer et à préparer leur premier concert. Mais il faut un nom de scène. Ça sera finalement le nom d’un fleuve d’Afrique de l’est qui sera choisi. Danakil porte déjà le regarde bien plus loin que leur commune de Marly-le-Roi dans les Yvelines.

Un sens de la débrouille qui fait sourire

La formation de Danakil se fait, on peut le dire, un peu à l’arrache. Il est au départ juste question de faire de la musique entre potes sans trop se soucier du lendemain. L’esprit roots est évidemment de mise, on se débrouille comme on peut pour décrocher des dates. Aymeric Jeanson narre joliment la première tournée qui se fait sur les plages de l’ouest de la France en période estivale. Telle une véritable caravane (les nombreux musiciens du groupe sont accompagnés par des techniciens et autres ami(e)s qui embarquent pour le voyage pour donner un petit coup de main), Danakil réalise sa « tournée des plages » et grandi au grès des rencontres et de la musique. Les « Danaks » et leurs ami(e)s ont la vingtaine et profitent d’une vie nomade en dehors de leurs obligations estudiantines et professionnelles. On plonge volontiers dans cette aventure juvénile avec les nombreuses anecdotes et les photos qui jonchent l’ouvrage.  

Danakil est en somme une joyeuse bande hippie mais qui convainc tout de même les programmateurs, et se créée une fanbase solide. Le groupe se débrouille pour évoluer petit à petit en enchainant les concerts, en distribuant en main propre son premier disque autoproduit. Mais alors qu’adviendra-t-il de la bande de Marly-Le-Roi qui fait resonner son reggae français à travers l’Hexagone et l’Europe ?

De sérieux outsiders

Sans surprise même après de premières années insouciantes, Danakil se dirige sûrement vers une professionnalisation. Le groupe est pris au sérieux par le public, les professionnels et par eux-mêmes. La plupart des Danaks choisissent de consacrer leur carrière à ce groupe démarré sur les bancs du lycée. Mais jusqu’où cette bande de potes peuvent porter leur voix avec un genre musical si peu considérer en France ? L’ouvrage d’Aymeric Jeanson narre cette fascinante montée vers les sommets. Danakil s’impose au fil d’un labeur certain comme l’un des plus importants groupes de reggae de France, et se voit offrir d’immenses scènes à travers l’Hexagone.

On voyage alors avec les Danaks de festivals en festivals, et on redécouvre un monde presque oublié en cette (trop) longue crise sanitaire. La joyeuse bande de Balik, Tom-Tom, Fabulous Fab, Titi et bien d’autres, grandit au grès d’une épopée humaine et musicale. On imagine les étoiles qui doivent scintiller dans les yeux de ces petits gars d’un bled des Yvelines au fur et à mesure que le succès leur ouvre des portes inespérées. L’une des plus importante est peut-être celle de la mythique salle de l’Olympia, un rêve narré dans un chapitre en forme d’apothéose.  

Les pieds sur Terre

Pourtant il n’est pas question pour le groupe de perdre la tête. Danakil reste fidèle à ses valeurs premières, à une sincérité et une humilité caractéristique. Pas de descentes aux enfers, on ne monte pas trop haut et Icare ne se brûle pas les ailes dans cette bande. La communion avec les gens autour de la musique prime partout où le groupe passe. Danakil enregistre par exemple au Mali ou sur les terres sacrées du reggae en Jamaïque, l’occasion de nouvelles rencontres avec parfois certaines de leurs idoles. La bande de Marly-le-Roi reste humble et fidèle à l’humanisme de ses membres. Car les Danaks sont engagés et militants que ce soit dans les paroles même de leurs chansons, mais aussi dans leur approche de l’industrie musicale. Danakil joue aux Solidays ou à la Fête de l’Huma avec une certaine conviction. Le groupe ne cédera également que très peu aux sirènes de l’industrie musicale si superficielle. Il finit évidemment par créer son propre label « Baco Records » pour faire résonner le mot indépendant avec liberté.

C’est donc bien une aventure 100 % humaine au sens large du terme que cet ouvrage retrace. C’est bien avec cette notion « d’ensemble » qu’Aymeric Jeanson nous guide dans l’épopée de Danakil. Beaucoup de musique, d’amitiés, de concerts, et très peu d’individualisme dans ce cocktail qui fonctionne comme une bouffée d’air frais en ces temps moroses. Pour ses 20 ans, le groupe prépare un Olympia en automne, peu de temps après la sortie d’un nouvel album en septembre… On vous recommande donc chaudement ce livre et l’EP 5 titres qu’il contient pour (re)découvrir Danakil.

« Ensemble » sorti le 26 février chez Baco éditions et Baribal éditions.

Visuel : ©Alex Sorin

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quentin didier

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