Musique
Live-Report : Nicholas Angelich et l’Orchestre de Paris enchantent Pleyel (16/02/2012)

Live-Report : Nicholas Angelich et l’Orchestre de Paris enchantent Pleyel (16/02/2012)

19 février 2012 | PAR Marie Charlotte Mallard

Il est des artistes hors du commun, et Nicholas Angelich en fait sans nul doute parti. Jeudi soir littéralement ébloui, l’auditoire de Pleyel a ouvertement ovationné le pianiste. Comme ensorcelé par l’extrême sensibilité du musicien le public ne cessait d’applaudir, rappelant le musicien par quatre fois sur scène. La prestation de l’Orchestre de Paris sous la baguette du jeune chef slovaque Juraj Valcuha, fut elle aussi magistrale et largement saluée.

Le programme paraissait simple et a priori peu surprenant : Beethoven et Mendelssohn-Bartholdy. En premier lieu l’ouverture du Roi Etienne, si le début fait entendre quelques petites attaques mal synchronisées entre les instrumentistes, Juraj Valcuha a su faire ressortir tout le charme et la nostalgie de cette œuvre.

Nicholas Angelich arrive ensuite sur scène. Bras ballant, démarche légèrement trainante, il fend l’orchestre, se fraye un chemin et salue le public sobrement, avant de s’installer devant le magnifique piano de la salle Pleyel, un piano dont il a su ce soir-là tirer le meilleur. Véritablement habité par la musique (en même temps qu’il jouait l’on pouvait si l’on était assez prêt l’entendre entonner parfois les notes une à une y compris dans les moments les plus rapides de la partition), il a littéralement sublimé le concerto pour piano n°5 en mi bémol majeur dit « L’empereur » de Beethoven. Un touché délicat et sensible, une extrême sensitivité et surtout un nuancier extraordinaire. Rares sont les pianistes qui explorent aussi loin les nuances et nous permettent d’entendre autant de couleurs. Ses pianississimos étaient tels, que les musiciens de l’orchestre semblaient parfois à peine oser attaquer lors de leurs interventions, de peur de couvrir le musicien et ainsi briser l’émotion qui tenait en haleine l’ensemble de la salle. Ses fortissimos quant à eux n’en étaient pas moins forts et vigoureux, pleins de fougue et d’élans. En outre, il semblait émaner une complicité hors pairs voire une véritable alchimie non seulement entre le musicien et le chef d’orchestre mais surtout entre le pianiste et l’orchestre particulièrement attentif à son jeu. L’auditoire galvanisé par la prestation ne cessait de redemander l’artiste sur scène, celui-ci exécuta deux bis, un extrait des scènes d’enfant de Schumann et une mazurka de Chopin, deux extraits interprétés à la fois avec finesse et tendresse. Bien que situé juste avant l’entracte, le public semblait ne pas avoir envie de sortir.

Comme poussé par ce succès, l’orchestre de Paris interprétera la Symphonie n° 3 en la mineur dit « Ecossaise » op. 26 de Félix Mendelssohn-Bartholdy, à la perfection avec lyrisme et vivacité. Commencée en 1829 durant un voyage en Ecosse, achevée douze ans plus tard à l’occasion d’un séjour à Londres, cette symphonie dédiée à la reine Victoria alterne entre mélancolie et tourment, grâce et légèreté et Juraj Valcuha a su rendre à cette œuvre toute sa dimension poétique, peignant subtilement les paysages dessinés jadis par le compositeur. Une prestation parfaite largement célébrée par la salle Pleyel, applaudissements et bravos n’en finissait plus de pleuvoir. À entendre les commentaires au sortir de la représentation, tous furent subjugués et émerveillés.

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Marie Charlotte Mallard
Titulaire d’un Master II de Littérature Française à la Sorbonne (Paris IV), d’un Prix de Perfectionnement de Hautbois et d’une Médaille d’Or de Musique de Chambre au Conservatoire à Rayonnement Régional de Cergy-Pontoise, Marie-Charlotte Mallard s’exerce pendant deux ans au micro d’IDFM Radio avant de rejoindre la rédaction de Toute la Culture en Janvier 2012. Forte de ses compétences littéraires et de son oreille de musicienne elle écrit principalement en musique classique et littérature. Néanmoins, ses goûts musicaux l’amènent également à écrire sur le rock et la variété.

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