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Bellflower : le cinéma indépendant américain à son meilleur

Bellflower : le cinéma indépendant américain à son meilleur

20 février 2012 | PAR Vincent Brunelin

Un premier film aux atours aussi radicaux que flamboyants pour décrire la mélancolie destructrice post-ado et le chaos (amoureux, mais pas que). Impossible en tout cas de rester indifférent devant ce pur objet de cinéma. Un vrai coup de cœur ! Sortie le 21 mars.

Synopsis : Woodrow et Aiden, deux amis un peu perdus et qui ne croient plus en rien, concentrent leur énergie à la confection d’un lance-flammes et d’une voiture de guerre, qu’ils nomment « la Medusa ». Ils sont persuadés que l’apocalypse est proche, et s’arment pour réaliser leur fantasme de domination d’un monde en ruine. Jusqu’à ce que Woodrow rencontre une fille…

À l’image du phénomène Donoma en France, Bellflower est l’une de ces belles surprises que nous offre encore le cinéma aujourd’hui. Tourné avec un budget dérisoire de 17.000$, le premier long-métrage du réalisateur Evan Glodell se fait d’abord remarquer lors de l’édition 2011 du festival de Sundance. Ce qui ne l’empêche pas de sortir dans seulement deux salles aux États-Unis. Mais le film enregistre des recettes conséquentes et déclenche un véritable engouement dans la presse et sur internet. La success-story enfle peu à peu et il se retrouve finalement distribué dans un circuit d’une centaine de salles. Et c’est donc précédé de cette solide réputation qu’il s’apprête à débarquer sur nos écrans.

Bellflower, c’est le projet en partie autobiographique – le film s’inspire d’une ancienne rupture amoureuse – du jeune cinéaste Evan Glodell. Il y porte à peu près toutes les casquettes, de l’écriture à la mise en scène et de la production au montage, en passant par l’interprétation, la conception des effets spéciaux et même la fabrication du lance-flammes et de la voiture qu’on voit dans le film. Il est allé jusqu’à customiser ses caméras pour donner à l’image une texture très particulière et une sensation de réalité augmentée, baignant le long-métrage dans une atmosphère quasi onirique.

Mais qu’on ne s’y trompe pas. Si le film revendique son caractère esthétisant, il n’en est pas pour autant désincarné et dévoile sous une apparence de série B bourrine un profond romantisme teinté d’une sourde mélancolie, et une poésie brute aussi sincère que touchante. Même s’il n’échappe pas à quelques défauts inhérents à un premier long.

Habité, porté par une énergie atomique et la bande-son raffinée de Jonathan Keevil, il décrit une jeunesse nihiliste, comme en marge du monde (absence totale de figures parentales et autoritaires), qui s’échappe dans un fantasme de conquête de territoire et de surpuissance, ou se réfugie dans un imaginaire sentimental portant les germes du chaos. La fin de l’enfance, c’est la fin du monde. La fin de l’amitié, c’est la fin du monde. La fin de l’amour, c’est l’apocalypse. Pourtant, la lumière n’est pas si lointaine.

 

Bellflower, d’Evan Glodell, avec Evan Glodell, Jessie Wiseman, Tyler Dawson
USA, 1h46, Drame, Romance
Sortie le 21 mars 2012

Infos pratiques

Live-Report : Nicholas Angelich et l’Orchestre de Paris enchantent Pleyel (16/02/2012)
Le Nouveau festival au Centre Pompidou
Vincent Brunelin

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