Musique
[Live-Report]: Fragile Beth Orthon à la Gaîté Lyrique (15/11/2012)

[Live-Report]: Fragile Beth Orthon à la Gaîté Lyrique (15/11/2012)

16 novembre 2012 | PAR Yaël Hirsch

De retour avec un 5ème album, « Sugaring Season », après 6 ans d’absence, désormais mère de famille au rythme de vie très sain l’ex-égérie britannique de William Orbit et de la « folktronika » se tourne résolument vers son enfance et creuse le sillon traditionnel qu’elle avait ouvert avec l’album « Comfort od stranger ». Époux en première partie et tous deux guitare acoustique en mains, elle est entrée très tard mais en toute simplicité sur la scène de la Gaîté lyrique, hier soir, devant un public complétement fan. Un concert aussi balbutiant qu’émouvant.

Pour un concert annoncé à 20h, après que son compagnon, Sam Amidon ait plongé la salle dans une douce mélancolie, c’est derrière son carré blond cendré, en jeans, boots et chemise très classique que la londonienne Beth Orton est entrée en scène, presque en s’excusant de prendre la tête de l’affiche. Ils ont interprété « Worms » à deux guitares, avant que la belle se retrouve seule en scène pour une dizaine de chansons.

Entamant  seule en scène par une délicate chanson d’amour, elle s’est emballée, semblant donner tous les sentiments qu’elle cachait sous sa chemise à un public plein de gratitude avec « Touch me with your love ». Après avoir avoué avoir « perdu a mémoire » depuis qu’elle est mère, la fragile idole a néanmoins retrouvé toute sa mémoire pour interpréter un des titres phares du nouvel album, « Candles« .  Très volubile, Beth Oton se cantonnait à dire « merci » avec infiniment d’humilité en français, pour mitrailler à mi-voix et dans la langue de Shakespeare de nombreuses anecdotes anodines et pas mal d’aveux sur la difficulté de revenir seule en scène. Muets comme des carpes pendant les chansons qu’ils accueillaient comme un moment de recueillement, osant à peine applaudir, les ultra-fans semblaient cependant comprendre le babil parlé de la folkeuse et en souriaient jusqu’au oreilles. Climat folichon, donc au fur et à mesure que Beth Orton raccordait sa guitare qu’elle gratte toujours de son seul pouce et qu’elle descendait comme un homme son thé vert super « healthy ».

La délicate blonde a enchaîné sur un des titres phares de l’album « Comfort of stranger » : « Safe in your arms » où elle a eu tant de mal à tenir les notes qu’elle a avoué tout de suite après se sentir « comme une novice ». Certes quand on compare avec « avant » le diagnostic de sa maladie de Chron, la chanteuse a eu un peu de mal à placer sa voix mais elle a su garder son timbre si rauque, celui qui fait qu’elle semble toujours au bord de la suffocation, et les paroles justes qui touchent son public, peu importe la performance musicale. L’émotion était là, et bien vite, quand l’homme de sa vie est remonté avec un violon à ses côtés sur scène, la belle femme de 42 ans a quitté ses airs de petite fille passant le conservatoire pour s’épanouir au détour d’un superbe poème de William Blake simplement et parfaitement arrangé, « Poison Tree » (présent sur le nouvel album). Et ils sont revenus ensemble à des classiques de la chanteuse, « Shopping Trolley » et « Sugar Boy », toujours aussi intimistes et beaux, arrangés en mode folk, et le sourire sur les lèvres de Beth Orton faisait penser à une véritable renaissance. Si musicalement, certains ont pu être déçus par leur diva, hier soir, la chaleur humaine et l’authenticité étaient au rendez-vous. En faut-il beaucoup plus pour dire qu’on a assisté à un excellent concert de folk?

« Sugaring season » est sorti le 2 octobre chez. Il est disponible sur i-tunes. Et Beth Orton continue sa tournée européenne, toues les dates, ici.

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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