Musique

Live report : Ellie Goulding à la Maroquinerie, dur comme rock sous la pop

23 avril 2010 | PAR Yaël Hirsch

Comme nous vous l’avions annoncé, le phénomène britannique était hier soir à la Maroquinerie et clôturait une longue et belle soirée Inrock  indie club où l’on a pu notamment entendre les Everything everything. La jolie blonde est arrivée avec les trois membres de son groupe et a régalé son public mi-français mi-anglais d’une dizaine de chansons, dont en final le tube « Starry eyed ». Si les voix des choeurs et l’électro étaient enregistrés, c’est à un vrai concert de rock qu’Ellie Goulding et ses boys nous ont conviés.

Blonde platine, mèche sculptée à l’années 1980, pommettes roses et dents parfaitement blanches, Ellie Goulding a apriori tout de la poupée. Et pourtant, elle les serre très fort ses jolies dents blanches pour chanter. Extrêmement concentrée, elle se tient presque trapue sur sa voix qui allie un timbre de soprano à un velouté rauque tout à fait surprenant. Ellie Goulding ne chante pas comme elle respire : c’est un effort et un don à son public qui lui tord le visage. Presque timide au début, la diva s’est détendue au fur et à mesure qu’elle abordait ses tubes « Under the sheets », « Guns& Horses » et « Starry Eyed ». Tant et si bien qu’à la fin, tout en voulant remercier gentiment son public, elle l’a un peu heurté en le traitant de « nice little small audience »; c’est vrai qu’à 15 jours de faire deux dates au Wembley Arena de Londres, la petite cave underground de la Maroquinerie a pu surprendre la jeune-femme propulsée super-star… qui n’en demeure pas moins, par delà la voix, excellente musicienne.

Goulding a sorti sa guitare dès le deuxième morceau et a surpris encore son public quand elle a glissé une baguette hors de son carquois pour battre violemment la mesure de ses chansons, en symbiose avec son batteur à qui elle a souri comme une enfant ravie.
Alors que les divers remixes pour dancefloors de « Starry Eyed » nous avaient préparés à une chanteuse blonde de pop sucrée, Goulding s’est montrée sous son vrai jour de rockeuse dure, hier soir. L’effet était peut-être encore un peu renforcé par l’acoustique de la Maroquinerie, et les batteries qui couvraient bien trop souvent la jolie voix de la chanteuse.

Le mélange de veleours dans la voix haut perchée, d’embaumement icônique, et de dureté sous l’aspect poupée fait penser à une Mylène Farmer rock et britannique de 23 ans, à qui l’on souhaite une longue et grande carrière, avec de plus en plus de plaisir à étonner son public en live.

Ellie Goulding sera sur la scène de l’Olympia le 18 mai. Réservez-vite !
Myspace de l’artiste, ici.
Ellie Goulding, “Lights”, Polidor, 14 euros.

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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