Musique

Les jouelistes de l’été (2) : le top des clips d’animation

08 juillet 2011 | PAR Mikaël Faujour

Pour le deuxième numéro de notre série estivale de sélections musicales, nous vous proposons une thématique axée sur les clips d’animation. Comme de bien entendu, celle-ci pas plus que les autres n’a de prétention exhaustive et peut-être y a-t-il quelques oublis importants ; en tout état de cause, la sélection offre un panorama de remarquables réussites dans le genre. Bonne dégustation.

Ramona Falls : « I Say Fever »

Le groupe de Portland signait en 2009 un grand album de musique bidouilleuse, passablement expérimentale et souvent captivante. Difficile de dire ce qui, de la chanson ou du clip est le plus fantastique, mais le mariage des deux est assez stupéfiant.

Dimitri from Paris : « Sacré Français »

Jouant du cliché du french lover, le clip de celui qui fut un des grands animateurs de la French Touch à la fin des années 90, est un régal de drôlerie mi-kitsch mi-coquine. Un classique.

Radiohead : « Paranoid Android »

D’une grande inventivité et diversité, la vidéographie de Radiohead contient notamment une remarquable animation pour l’un des tubes les plus connus de la bande à Thom Yorke. Bizarre et passablement insane, ce clip ne pouvait que confirmer le statut de maître ès rock arty de ce groupe qui a par la suite démontré de clip en clip le soin particulier qu’il apportait à l’image (l’animation mystérieuse de « Pyramid Song », « Knives Out » avec Michel Gondry à la manette, ou encore « There There »).

A Perfect Circle : « Counting Bodies Like Sheep to the Rhythm of the War Drums »

Issu du troisième album de A Perfect Circle (en fait un remix de « Pet », sur le chef d’oeuvre Thirteenth Step), la chanson présente le mérite, tout en conservant les paroles initiales, de leur donner un sens nouveau grâce à une musique froide, martiale, tenant du rock industriel. La première version traitait de l’addiction (qu’elle fût amoureuse ou narcotique) et de la destruction de ce qui était recherché comme un confort et une sécurité ; le remix, paru sur un album thématique traitant de guerre et de paix (eMOTIVE) alors que l’armée américaine après l’Afghanistan se lançait dans la guerre en Irak, prend une tournure de dénonciation de l’addiction sécuritaire et de ses conséquences morbides et martiales. La concorde entre la musique, les paroles et l’illustration clipesque est un sommet du genre.

Flairs : « Truckers Delight« 

Inspirée des graphismes de jeux vidéos de la fin des années 80 et du début des années 90 (Sega Megadrive, Nintendo Entertainment System), cette pièce est d’une drôlerie parfaitement outrancière, basée sur un contraste entre le caractère primitif du graphisme et la franche gaillardise sinon paillardise de l’histoire. Croisant, pour paraphraser nos confrères de Fluctuat.net, Duel de Steven Spielberg et Faster Pussycat, Kill Kill de Russ Meyer, ce clip ne pouvait que faire un énorme buzz sur la toile, et faire un grand bien à la notoriété du groupe.

The White Stripes : « Fell in Love With a Girl »

Du rouge, du noir, du blanc (marque esthétique de Jack et Meg White) + des Lego + Gondry = une animation hautement originale et l’un des clips les plus marquants du début de la décennie 2000, au service d’un morceau de rock’n’roll racé, pied au plancher. What else?

Tool : « Sober »

Groupe principal de Maynard James Keenan (l’un des meilleurs paroliers et interprètes de rock depuis les années 90, sinon toutes périodes confondues), également impliqué dans le susmentionné A Perfect Circle, Tool développe tout un art total (musique, vidéo, paroles poétiques, scénographie) qui en fait un des groupes les plus passionnants du rock de ces 25 dernières années. Signée par le guitariste du groupe, Adam Jones, artiste authentique, cette vidéo glauque et sombre à souhait offre une prolongation visuelle très forte à une musique elle-même riche, dense, angoissée. Un bijou d’étrangeté et d’onirisme trouble.

Pearl Jam : « Do the Evolution »

L’évolution de la vie sur Terre résumée en 4 minutes sous l’angle de la violence (biologique, martiale, économique) et de la destruction (environnementale) : un clip excellent, soutenant une musique rageuse et l’un des titres les plus nerveusement rock’n’roll du répertoire de la bande à Eddie Vedder. Avec un humour acide, la chanson et le clip ironisent sur le sens de l’évolution des espèces cependant que l’homme n’a fait que sophistiquer la forme et les justifications d’une violence animale intrinsèque. Contemplant le monde sous l’angle du désastre, Eddie Vedder chante avec rage « It’s evolution, baby ! » , tandis que défilent les images d’une frénésie de brutalité humaine rappelant tantôt de H.R. Giger, tantôt 1984 de George Orwell ou encore la Guerre des mondes de H.G. Wells.

Placebo : « The Never-Ending Why »

Nous vous en avions parlé à l’occasion de sa diffusion en septembre 2009 : le clip de Placebo, s’il n’était pas le premier, était une des belles réussites de vidéo musicale interactive, genre qui semble n’en être qu’à ses débuts et qui promet des développements dont on devine déjà la richesse. Ci-dessous, la version non interactive, qui n’en constitue pas moins un clip étonnant, foisonnant jusqu’au rockoco, illustrant une des meilleures chansons de la bande à Molko de ces dernières années.

Luke : « La terre ferme »

Trop facilement déconsidéré et ravalé péremptoirement au statut de sous-Noir Désir, la bande à Thomas Boulard est pourtant non seulement un vrai groupe de scène, mais encore un groupe pop/rock capable de morceaux d’excellente facture, aux paroles chiadées et aux compos bien troussées. « La terre ferme » en est un parfait exemple et son clip, fantaisie visuelle se déployant autour de l’interminable chute d’un homme, est une réussite.

Queens of the Stone Age : « Go With the Flow »

Road trip canaille dans le désert pied au plancher, avec le groupe jouant à l’arrière du pick-up, et images entrelardées d’une danseuse lascive : le clip de ce qui demeure comme l’un des meilleurs et plus intenses morceaux de QOTSA joue sur des graphismes simples et élégants, une palette limitée (noir, blanc, bordeaux) et les thèmes croisés de l’ivresse conjuguée de la route, de la musique et du sexe… et s’achève dans une apothéose fantasmagorique.

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Mikaël Faujour

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