Musique
Le nouvel album de Miossec

Le nouvel album de Miossec

23 septembre 2011 | PAR Emma Letellier

Deux ans après Finistériens, Miossec sort un nouvel album de Chansons ordinaires,  chez PIAS. Une récollection donc … pour l’ordinaire.

Finis les grandes scènes, les grandes trahisons, les grands extraordinaires qui vous font des chansons à briser le souffle, Miossec dans un dernier album altéré d’eau claire, se rend à la banalité  des « hirondelles et (de) leur ventre blanc ». Les titres s’enchaînent en manière prosaïque depuis la « Chanson que personne n’écoute » jusqu’à la « Chanson sympathique ». Une traversée de trente-cinq minutes pour convaincre son auditeur que, malgré les volutes plus aériennes et le mojito sans rhum, son rock nous joue toujours de bons tours ?

Des surprises, vous en aurez en visionnant le clip de la « Chanson Pour les Amis ». Notre icône y donne dans le fantôme sans voix, sans teint, sans vie. Une troupe d’octogénaires repassant leurs huit ans s’amuse en mesquineries sympathiques mais drôlement inquiétantes. Miossec serait-il devenu vieux ?

Seize années se sont écoulées depuis le tonitruant, l’incandescent, l’effervescent « Boire ». Miossec ne fume plus, et, on ne saurait se lasser de s’en émouvoir, Miossec ne boit plus. C’est Basile Farkas qui l’écrit, celui qui blogue et détaille pour nous depuis, depuis…  Mais vraiment cela laisse présager une série de concerts sévèrement garrottés. Au loin, en arrière, le désastre de la Cigale à l’automne 2009.

Donc la cinquantaine arrive, et avec elle : la maturité, l’amitié, une sagesse à colporter avec la même précision incisive, le même équilibre branlant d’une voix à peine posée ? Soit. Le poète se défait de ses sempiternelles larmes d’amour, de ses adresses à un tu toujours changeant, toujours blessant, toujours désespérant. Et que vive la chanson ordinaire, celle dont on s’absente, celle qui chante les autres. Ce sont les amis vieux et fous qui tiennent l’affiche, les indéfinis d’ « un appartement », d’ « une belle école » et de « vacances dans le golfe du Morbihan », la trivialité d’un « il y a, il y avait, il y eut, il y aura », la vulgarité du « tout a déjà été dit, mais ce n’est pas grave car personne n’écoute » ! Christophe lève les voiles et chante sans en avoir l’air le « temps d’avant, le bon vieux temps » celui qui « nom de Dieu, (…) fout le camp » !

Et pourtant, le rock reste en scène, les guitares grattées par une nouvelle équipe de musiciens parviennent à l’entêtement et l’on chante encore, l’on danse encore en écoutant Miossec accompagné de Sébastien Buffet, David Euverte et Thomas Poli. La voix s’absente – parce que d’autres se multiplient, pour mieux étouffer « le temps (qui) passe » et qui « nous abime comme il nous laisse des traces des cicatrices ». Mais Christophe « respire encore », il a « la foi » et nous fredonnons toujours.

 

Miossec, Chansons ordinaires, PIAS, 15 euros. Sortie le 12 septembre 2011.

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Emma Letellier

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