Musique
No Parano à Nanterre, Juliette spectaculaire et drôle pour le festival Chorus.

No Parano à Nanterre, Juliette spectaculaire et drôle pour le festival Chorus.

14 mars 2011 | PAR Bérénice Clerc

Dans le cadre du festival Chorus, la talentueuse Juliette a livré un concert spectaculaire, fin et drôle.

Pour sa 23e édition, la programmation de Chorus est toujours aussi épatante. Elle balaye, le 92, les styles musicaux et les âges avec un goût inimitable pour les artistes renommés ou à découvrir.
Le 13 mars Juliette était attendue par une salle comble à la Maison de la Musique de Nanterre.
Son dernier album, No Parano est sorti au mois de janvier, elle jouait ce nouveau spectacle pour la deuxième fois.
Quand le rideau s’ouvre, on s’attend à voir un piano à queue et Juliette derrière celui-ci, seule en scène dans la digne lignée des chanteuses françaises réalistes.
Il n’en est rien, il y a bien un piano à queue à gauche pour le spectateur, mais il y a également des trombones, des clarinettes, des saxophones, des percutions, une batterie, un accordéon, des guitares, une basse et une magnifique contrebasse. La voix des annonces SNCF semble avoir été débauchée pour lancer un message afin d’éteindre les portables.
Juliette, cheveux frisés et lunettes rondes vissées sur son visage, entre en scène de noir vêtue, entame un discours de chanteuse poétique à piano et chandelier, annonce qu’elle a changée. Ses musiciens entrent en scène, l’un le pouce dans la bouche, l’autre lisant l’Equipe et démarrent une musique rock extraite de son dernier album : The Single, sur l’industrie du disque et la manipulation des pseudos artistes et des auditeurs. Elle quitte le micro et la chanson continue, elle était en play-back ! Sur son dos une croix rose comme sur la pochette de son disque, cette même croix est sur les habits de toute son équipe. Le ton est donné, Juliette chante, mais nous livre un vrai spectacle écrit, mis en scène et travaillé pour offrir un moment inoubliable aux spectateurs. Un canapé de velours noir est sur scène, Juliette s’y assoie pour lire l’Equipe et d’un coup les musiciens démarrent, la vraie musique commence, avec talent et simplicité. La présence de Juliette est puissante, elle se donne entièrement au public et sa complicité avec ses 6 musiciens est palpable, les rires sont partagés par le public. Entre chaque chanson, un mini spectacle nous est offert, son contrebassiste joue les voleurs, le percussionniste le doux dingue, le pianiste la princesse et ainsi de suite dans cette folle mise en scène. Fidèle à la réputation des artistes, Juliette se joue de la folie, La Maison de la Musique de Nanterre est le Pavillon 7 d’un Hôpital psychiatrique et la voix des annonces SNCF reviendra à plusieurs reprises pour nous dire que ce spectacle est interdit aux enfants et aux chiens, qu’il ne faut pas boire, qu’elle cherche le docteur Schweitzer et le docteur Freud et ainsi de suite ! Les techniciens sont en blouse blanche et régulièrement une infirmière sexy vient apporter verres d’eau, cachets ou piqures à Juliette et ses musiciens.
Tout est fluide dans ce spectacle, les intermèdes sont drôles et légers et la musique règne en maitresse.
Juliette et ses musiciens sont extraordinaires de justesse et d’exactitude et mettent en avant des textes d’un grand niveau sur une musique tout aussi élevée. Les chansons de son dernier album Rue Roger Salingro, Un petit vélo rouillé, Madrigal moderne, La lueur dans l’œil, Rhum Pomme, flirt avec Volver de Carlos Golder, Les dessous Chic de Gainsbourg ou une chanson de Prévert. Une vraie chanteuse, une musicienne réelle, une jongleuse de mots présente, intelligente, fine, humble et pleine d’humour au centre de musiciens multiples, drôles, engagés et passionnés. Un concerto d’embouts de trompette, de trombone et de saxophone, une rythmique sur des bouteilles de vin, des contres chant maitrisés nous réjouissent. Les lumières sont également de toute beauté et habillent avec élégance le spectacle.
Juliette est libre, fait ce qu’il lui plait et crée sa norme.
Pour le rappel, la joyeuse équipe reviendra avec des camisoles chanter a capella.
Comme il est bon de redonner au mot artiste sa juste valeur, de partager un moment artistique travaillé, pensé et léger pour que les spectateurs ressortent avec la joie et le sourire aux lèvres.
Les aspirants aux carrières d’artiste, de chanteur, d’auteur, de musicien devraient se nourrir dès leur plus jeune âge au lait d’une Juliette !
Juliette commence à peine sa tournée, courez la voir et l’entendre !

 

 

Infos pratiques

Live Report : I’m from Barcelona au Café de la Danse (11/03/11)
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Bérénice Clerc
Comédienne, cantatrice et auteure des « Recettes Beauté » (YB ÉDITIONS), spécialisée en art contemporain, chanson française et musique classique.

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