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Nothing for Granted, la diva Sandra Nkaké est de retour

Nothing for Granted, la diva Sandra Nkaké est de retour

30 mars 2012 | PAR Amelie Blaustein Niddam

C’est son deuxième album solo et on a envie de dire « seulement ?». Pourtant, depuis le divin Mansaadi en 2008, la chanteuse n’a jamais arrêté d’offrir sa voix puissante et plurielle à des collaborations brillantes, Push Up en tête. Depuis quelques jours, Nothing for Granted est sorti donnant à entendre une merveille de soul, jazz, hip-hop. Indispensable.

On retrouve la flûte aux inspirations tirées de l’Amérique mythique des années soixante de Jî Drû qui sait faire envoler la divine voix illimitée de la belle. L’album entier raconte les vies d’individus en proie à des destins forcement inattendus. Sandra Nkaké est une conteuse qui nous attrape à une heure incessible pour nous plonger dans les réalités diverses et croisées de ses personnages que ce soit une junkie ou une petite fille. Elle commence en douceur pour un  » always the same » et  » same realty », ou les solitudes s’affirment, tragiques. Elle glisse vers un violent « Like a buffalo » aux accents hip hop qui offrent à sa voix jusque-là susurrée un plein déploiement à l’énergie quasiment rock. Elle dénonce les désaxages sociaux. Elle calme le jeu de cette quête pour « Show me the way ». On retient  » Conversation », où d’une voix de petite fille elle espionne les discussions des grands. L’album alterne des moments soul et d’autres plus énergiques. « Mankind » est un cri pour la liberté et cela file comme ça jusqu’au doux  » no more trouble ».

Vous l’aurez compris, Sandra Nkaké nous promène dans son monde sombre. Elle offre un album pour arme et comme la lutte ne date pas d’hier, elle utilise des tonalités et des sonorités issues du passé. Elle est accompagnée de Julien Tekeyan à la batterie, Christophe Minck à la basse, Mathieu Ouaki à la guitare. Jî Drû vient apporter de la légèreté et du rêve. Le jazz s’invite avec les cuivres de d’Antoine Berjeaut (trompette et bugle).

Nothing for Granted, rien n’est acquis, comme avec The Grand Day Of Quincy Brown, l’opus est engagé, le rythme groove soul-funk-rock-hip hop. Chose rare dans un monde fragmenté, l’album ne peut s’écouter, si on désire en saisir la portée que de la première à la dernière chanson, de la douceur à la douceur en passant par le cri. Merveille.

Visuel (c) : Benjamin Colombel

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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