Jazz
[Live Report’] : Barrière Enghien Jazz festival, jazz cubain d’Ivette Cepeda et swing métissé de Roberto Fonseca

[Live Report’] : Barrière Enghien Jazz festival, jazz cubain d’Ivette Cepeda et swing métissé de Roberto Fonseca

29 juin 2013 | PAR Marie Charlotte Mallard

Après un premier concert nous présentant de savoureux mélanges des genres avec Alice Francis et Raphael Gualazzi mercredi, le festival Jazz d’Enghien les Bains nous donnait à entendre ce jeudi toute la chaleur et la sensualité de la musique cubaine avec Ivette Cepeda, et Roberto Fonseca qui ce soir présentait un swing particulièrement coloré et métissé.

ivette cepedaA l’été maussade un remède simple pour apporter un peu de soleil dans nos vies, la musique évidemment, et ce soir particulièrement, la musique cubaine. Alors que s’éteignent les lumières de la salle, sur la scène du Théâtre du Casino apparaît Ivette Cepeda rayonnante et lumineuse, souriante et bienveillante. Débute ainsi un doux slow d’où s’élève rapidement la voix grave et suave de la diva, une Callas hispanique tout droit venue de La Havane. Douceur et douleur se mêlent dans ce timbre sensuel, un brin érayé. Nul doute, la chanteuse captive, charme et attire véritablement l’ensemble de l’auditoire, et l’on reste accroché à ses lèvres autant qu’attiré par la rythmique délicatement cadencé de la musique cubaine sublimée ce soir par un ensemble de musiciens hors pair. L’ambiance du début de concert est plutôt soul et slowly mais peu à peu Ivette et ses instrumentistes font monter l’ambiance, partant petit à petit vers les rythmes latins des salsas dansantes et endiablés  la classe et une certaine retenue en plus.  Jouant sur les contrastes, sa musique ne cesse de surprendre, animée par une flûte traversière virevoltante autant que par des guitares percutantes et des percussions doucereusement claquantes. D’un charisme fou, plus que simplement chanter, interpréter, elle raconte et vis ses textes sur scène nous rappelant parfois même une certaine Edith Piaf tant elle paraît animée. Le public ne s’y trompe pas et applaudit chaudement chaque titre, réagit à ses appels tout du long et lorsqu’elle l’enjoint à frapper des mains en rythme. Il faut dire que le public Enghiennois apprécie d’autant plus l’artiste qu’il a déjà pu l’admirer au centre des arts deux ans auparavant, celui-ci porté par la passion de son directeur Dominique Rolland pour Cuba, y consacrant chaque années plusieurs concerts. Le dernier titre achèvera de remporter l’adhésion du public, elle et ses musiciens faisant preuve d’une énergie folle.

 

roberto fonsecaAprès l’entracte la scène du casino accueillait Roberto Fonseca. Plus que La Havanne c’est le monde entier que lui et ses musiciens présentaint ce soir. Son jazz est autant latin qu’africain, multicolore et ethnique il séduit par l’invitation au voyage permanente qu’il propose. Outre cela le pianiste sait ménager le suspense, asseyant le public par le déploiement d’un tapis sonore se gonflant et se développant de plus en plus pour mieux transporter la salle vers un ailleurs qui nous laisse rêveur. Plus que jazzistique son univers est outrageusement onirique et stimule l’imagination. Roberto Fonseca c’est donc avant tout l’imaginaire de la terre, la générosité, le partage que l’on retrouve dans chacun des titres mais également dans la personnalité du musicien autant que dans sa musique, celui-ci laissant pleinement la place à l’ensemble des artistes qui l’entourent sur scène. En effet, chaque morceau donne lieu à de grands sets d’improvisations où tour à tour la parole est donnée aux différents instrumentistes. Djembé, Guitare africaine (Kamélé N’Goni), congas, batterie, guitares électriques, Roberto Fonseca leur permet l’expression, et, modeste, sait s’effacer pour mieux permettre à la musique d’exister. Ainsi des Tropiques nous passons à l’Afrique, de Cuba au Maghreb, de la Nouvel Orléans aux Antilles. Outre cela, nous ne manquons pas de remarquer son touché fabuleusement souple et léger, aérien même dans les instants les plus virtuoses de sa musique qui n’est pas sans nous rappeler le swing d’Avishai Cohen. Le public apprécia autant l’ensemble qu’il saluait à grands coups d’applaudissements et de cris entre les titres, que les musiciens un à un après leurs improvisations successives. Ce fut donc un franc succès, amplement mérité par ailleurs pour Roberto Fonseca, la salle se levant entièrement. C’est ainsi que l’on repart dans la froide nuit estival, la chaleur au cœur et de doux songes métissés qui nous embarquent une fois la tête enfin posée sur l’oreiller…

L’album de Roberto Yo est disponible dans les bacs.

Toute la programmation du festival ICI. Sur la grande scène du lac Barbara N’Kaké et Niel Rodgers ce samedi soir et Mélodie Gardot Dimanche sur la scène du théâtre du casino.

visuel: Roberto Fonseca : http://www.jazzinmarciac.com/pleins-feux/roberto-fonseca-complet / Ivette Cepeda:  cda95.com

Infos pratiques

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Marie Charlotte Mallard
Titulaire d’un Master II de Littérature Française à la Sorbonne (Paris IV), d’un Prix de Perfectionnement de Hautbois et d’une Médaille d’Or de Musique de Chambre au Conservatoire à Rayonnement Régional de Cergy-Pontoise, Marie-Charlotte Mallard s’exerce pendant deux ans au micro d’IDFM Radio avant de rejoindre la rédaction de Toute la Culture en Janvier 2012. Forte de ses compétences littéraires et de son oreille de musicienne elle écrit principalement en musique classique et littérature. Néanmoins, ses goûts musicaux l’amènent également à écrire sur le rock et la variété.

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