Jazz

Banlieues Bleues sur son 31 à partir du 14 mars

Banlieues Bleues sur son 31 à partir du 14 mars

20 février 2014 | PAR Delphine Habert

Pour sa trente et unième édition, Banlieues Bleues revient avec une programmation toujours aussi riche et restituant un pan complet et complexe des courants proches de l’essence même du jazz. L’affiche du festival, esquissée par le célèbre dessinateur Blutch, revendique cette idée d’un public élargi, représentant deux silhouettes appartenant à deux mondes différents mais réunies par la musique.

Dans ce contexte, aucune limite musicale n’est fixée, tant qu’on se rapproche du jazz et que la musique a du sens, qu’elle s’inspire d’une histoire, et qu’elle vient du fond de soi. Le festival ouvre ses scènes à différents genres et thèmes musicaux. Il accueillera des artistes du Peuple du Blues, avec des grandes figures comme Archie Shepp ou encore la diva Cassandra Wilson qui clôturera le festival à Bobigny le 11 avril. On plongera également au cœur de la Great Black Music, alchimie développée par le Art Ensemble of Chicago à la fin des années 1960. Le mouvement mêle l’archaïque à la modernité et utilise des rythmes africains traditionnels et des éléments de la préhistoire du jazz tout en expérimentant des nouvelles voies musicales. On est dans l’oxymore permanent, et on touche bel et bien au free jazz. Certains concerts devraient retranscrire cet esprit, notamment le vendredi 14 mars à 20h30, en ouverture du festival, avec la réunion de deux grandes figures historiques du jazz, le pianiste Randy Weston et le saxophoniste Billy Harper, inspirés du blues et des musiques noires, et avec le groupe de soul cosmique et jazz spirituel Kahil El’Zabar’s Ritual Trio dont le leader Kahil El’Zabar s’est formé dans le creuset de l’AACM de Chicago, mère de l’Art Ensemble of Chicago. Pour ceux s’intéressant à la Great Black Music, la Cité de la Musique débutera son exposition temporaire sur les musiques noires à partir du 11 mars.

Kahil El’Zabar’s Ritual Trio – « Autumn Leaves »

Au delà de la Great Black Music, d’autres styles mélangeant jazz et musiques traditionnelles seront au rendez-vous. On pense à Melingo et Rudi Flores, deux rebelles du tango, à Yom et ses influences klezmer, à Roberto Fonseca et sa rythmique cubaine ou encore à André Minvielle qui manie le verbe avec brio et douceur. Les sonorités africaines seront aussi présentes à travers un concert du malien Salif Keita en acoustique, ainsi qu’à travers la présence de Bassekou Kouyaté, le « Jimi Hendrix du Ngoni » (instrument à cordes pincées d’Afrique de l’Ouest).

Daniel Melingo – « Narigon »

André Minvielle – « La vie d’ici bas »

La scène bouillonnante et créative des « trentenaires » sera aussi représentée autour de projets divers comme par exemple celui de Papanosh qui rendra hommage à Charles Mingus.

Papanosh – « Skatefulk »

Les concerts auront lieu dans une multitude de salles en Seine-Saint-Denis, l’occasion de découvrir différents lieux de créativité et de richesse musicale. Vous pourrez trouver plus d’informations ici.

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