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[Live report] La délicieuse soirée Tango de Banlieues Bleues

[Live report] La délicieuse soirée Tango de Banlieues Bleues

13 avril 2014 | PAR Delphine Habert

Le 9 avril, le festival Banlieues Bleues proposait une soirée au Théâtre Gérard Philipe à Saint-Denis avec deux grandes figures du tango : Rudi Flores et Melingo. Toutelaculture y était et a adoré !

Le festival Banlieues Bleues ne manque pas de surprises et de moments authentiques. Voici une belle soirée que cet événement tango. Un pur régal, un délice, un moment de délectation, tout en générosité, en intimité et en beauté sonore. Le guitariste Rudi Flores et son trio, comme le chanteur Melingo et son orchestre, ont su charmer l’oreille, l’un par sa virtuosité à la guitare, l’autre par son brin de folie et sa spontanéité qui mettent du baume au cœur.

Rudi Flores entre le premier dans l’arène, la guitare à la main, accompagné des talentueux Tomas Bordalejo (guitare) et Romain Lecuyer (contrebassiste). L’artiste commence à jouer seul, puis viennent s’ajouter très naturellement les deux autres musiciens. Le premier morceau interprété est « Volver », une composition du grand Carlos Gardel, un des plus grands chanteurs de tango. Le trio touche ensuite à tous les genres du tango : de la valse avec « Bonita » ou encore « Palomita Blanca », dont on perçoit des similitudes avec le jazz manouche, à des milongas (danses rapides très joyeuses) comme « Milonga de mis amores », en passant par la samba avec « Alfonsina y el mar » et par le chamamé (genre traditionnel musical de la province de Corrientes). Rudi Flores, ambassadeur de la culture musicale argentine, arrive à jouer avec une telle virtuosité et un tel talent qu’on ne peut qu’être touché par la subtilité de son jeu et la beauté de ses interprétations si généreuses. Rudi Flores Trio revisite là les origines du tango. Un petit bijou musical qui fait voyager et adoucit les mœurs.

Après l’entracte, six musiciens entrent sur scène : un pianiste, un contrebassiste, deux guitaristes, un bandonéoniste et une violoniste, positionnés en arc de cercle, laissant un grand espace entre le public et eux-mêmes. Après quelques notes d’introduction jouées par la formation, entre en scène Melingo, un artiste dans toute son entièreté, un clown chanteur, burlesque, drôle, et attachant, avec une dégaine de tanguero perdu et avec ce brin de folie qui fait sourire. Le chapeau de travers, tout habillé de noir, il avance, un pied devant l’autre, à pas bien rythmés et s’approche du micro. Une nuée d’applaudissements envahit la salle. Un artiste, un vrai, vient de faire son apparition.

Pendant presque deux heures, Daniel Melingo et les six musiciens s’offrent corps et âme au public, avec des morceaux plus ou moins gais (nostalgie du tango oblige), tantôt musicalement intense, tantôt puissamment drôle (le mime est évocateur mais la connaissance de l’espagnol est fortement conseillée). Le jeu de scène transforme le concert en un théâtre de rue, où les instruments échangent avec le chanteur, chacun ayant son propre rôle dans ce tango déjanté et insolent. Un très beau moment de musique.

Un petit aperçu de l’univers du chanteur avec « Narigon » de l’album Tangos Bajos (1999)

Et une autre pour la route : « Leone el feo » de l’album Santa Milonga (2004)

Visuels : © Elsa  Broclain (photo Rudi Flores) – © Alberto García-Alix (photo Melingo)

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Delphine Habert

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