Musique

Une Petite Pause Interview de Pascal Sangla « Je me sens mieux sur scène qu’ailleurs »

04 mai 2010 | PAR Claire Linda

Pascal Sangla est musicien, auteur, compositeur, interprète. Les 14 titres de l’album « Une Petite Pause» sont une délectation pour l’auditeur qui capte dans son univers toute la généreuse finesse d’une poésie du quotidien servie par une musique pointue. Un piano qui vogue sur l’âme fébrile d’une voix virevoltante de conteur.
Son domaine de prédilection est la scène, il est à découvrir en concert au Zèbre de Belleville pour trois lundis à ne pas manquer les 17, 24, et 31 mai.
Pour La Boîte à Sorties, Pascal Sangla raconte, de ses yeux rieurs, la fabrication du disque « une Petite Pause » une histoire d’amitié et une aventure scénique avant tout.

On te compare à Vincent Delerm et à Benabar ça t’ennuie ?
Ça m’étonne plutôt. Je ne me sens pas du tout proche de Benabar peut être un peu de V. Delerm et encore, c’est peut-être à cause de la case trentenaire/piano/voix. Mais je n’ai pas le sentiment que nous nous servions des mêmes choses pour servir nos univers, ce qui m’embête c’est quand on veut cataloguer les gens, ça ne donne pas forcement une idée juste du travail. Cette comparaison est survenue depuis la sortie de l’album « une Petite Pause ».

Les styles musicaux se confondent dans l’album « Une Petite Pause » Quelles sont tes influences musicales ?
J’ai étudié autant la musique classique que le jazz et j’ai baigné autant dans la musique d’Erik Satie que dans celles de J.Higelin, Debussy, Bartók. C’est ma prof de classique, Sylvie Rambaud, qui m’a fait aimer ce répertoire. J’ai un rapport fusionnel avec le piano lié à des compositeurs. Après, mes influences dans la Chanson, c’est William Sheller, Jacques Higelin, le répertoire piano/voix. L’album est un mélange de toutes ces influences. Je suis arrivé à la composition par le théâtre. Lorsque j’étais élève comédien au conservatoire d’Agen on m’a demandé de composer de la musique pour les pièces, cabarets et cafés littéraires. C’est à ce moment là que j’ai plongé comme pianiste dans la musique des années 20, 30, que je ne connaissais pas du tout, en composant la musique de spectacles. J’aime beaucoup les compositeurs comme Philip Glass, René Aubry. Je suis aussi très amateur de la musique de Régina Spektor, je l’ai vu au Bataclan l’année dernière, elle a une grande liberté dans son rapport au piano.

Comment as-tu travaillé sur les arrangements ?
On est plusieurs. En studio on a joué quasi en direct avec la formation en trio basse batterie clavier, puis on a rajouté les cordes et les cuivres. Rémy Gachis a fait les cuivres et Pascal Gaigne, ( grand monsieur de musique de film en Espagne) a essentiellement fait les arrangements de cordes. Je le connais depuis tout petit et nos univers sont proches. Je joue souvent ses musiques. Et on tourne régulièrement à Bayonne. On s’est rencontré sur le spectacle Solisterrae de la compagnie du Théâtre du Rivage.

Les textes restent aussi importants que la musique dans ton travail. Texte et musique, quel est le guide de l’autre ?
J’ai un rapport plus instinctif et direct à la musique. Les mots, j’ai découvert le fait de les chanter moi. J’avais relativement l’habitude de mettre des textes en musique mais pas les miens. Quand j’ai d’abord l’idée d’un texte ça vient avec la musique mais j’ai beaucoup d’idées de musique qui viennent sans le texte, je suis plus prudent avec les mots, il peut m’arriver de travailler les textes des mois et des mois. Je n’ai pas une voix pour faire de grands voyages vocaux, j’aime que le registre soit le plus simple possible.

Tu as commencé par présenter sur scène deux spectacles musicaux, en 2002 Premiers Jours et en 2003 Ecumes. Comment s’est fait le pas vers les paroles et l’écriture ?
C’est grâce à la scène, c’est venu petit à petit. J’ai commencé par chanter deux chansons, à moitié planqué à mon piano, je n’avais pas particulièrement l’instinct de me mettre en avant avec la voix. Petit à petit, moi qui viens du théâtre, j’ai eu envie du côté un peu plus « Entertainment ». Pour sa création « une Petite Pause » s’est jouée au théâtre de Malakoff, je me suis mis face au public avec le clavier, j’ai eu le sentiment d’avoir trouvé la bonne approche, et je crois que ça a été le point de départ du spectacle « une Petite Pause » qui a donc ensuite donné l’album.

« Une Petite Pause » est construit comme un Tour de Chant ?
Oui, on a construit le concert comme un tour de chant, c’est une chance de pouvoir donner à un répertoire une perspective scénique. Disque et scène ça n’a rien à voir. Le parti pris sur le disque a été de ne pas reproduire ce qui se passe sur scène où on a un rapport avec les gens. Par exemple la chanson « Le Papillon Blanc » est devenue une chanson de scène, la solution pour le disque a été d’accentuer les arrangements, il y a un accordéon, et un p’tit truc cajun. On s’est laissé la liberté de réaliser sur l’album tout ce qu’on ne peut pas faire sur scène avec un trio basse, piano, batterie. Comme le disque a été enregistré au Pays Basque, ça a été l’occasion de jouer avec des gens qu’on ne voit pas forcement sur Paris.

C’est un peu une Histoire de Famille
Oui, mes deux frères Christophe et Pierre, jouent la basse et les percussions sur l’album.

Au Zèbre de Belleville aussi ?
Non, ce sera Matthias Lopez, un bassiste génial avec qui je joue depuis le lycée et le même batteur que sur l’album, Yannick Sabarots qui est aussi un des piliers du projet.

L’album s’est fait en combien de temps ?
On vient vraiment de la scène. Après deux ans et demi de concerts, c’est venu comme une évidence.

Tu as une chanson que tu aimes le plus défendre sur scène ?
Question difficile ! Ce que j’aime en concert c’est de passer d’un univers à l’autre, le titre « une Petite Pause » est le moment que j’aime le plus, « Le Plus Beau des Trois » et « Le Papillon Blanc ». En fait je les aime toutes mais c’est pour des raisons toujours différentes.

Tes Textes sont autobiographiques ?

Le texte « Il Pleut » est du poète Francis Carco, il a été mis en musique par beaucoup de gens dont Julos Beaucarne, un monsieur, une vedette de la chanson belge que j’écoutais petit comme il avait fait un disque pour enfant. Il doit avoir 80 ans maintenant. Il jouait au vingtième théâtre le même soir que mon concert à l’Européen du coup on a pas pu aller se voir. Mes chansons ne sont pas volontairement autobiographique, « 141 » est une autobiographie au pluriel, une des chansons qui évoque le plus de choses au public. C’est à cause des réactions des gens aux concerts qu’elle figure sur l’album. J’avais un rapport très intime avec cette chanson le sentiment de raconter une histoire à moi et les gens la chopent et la prennent pour eux. (sourire) Comme la chanson « Manège ».

Comment es-tu venu au théâtre et à la musique ?

Ça a été très évident tout de suite, vers 5/6 ans. A Bayonne, on habitait juste à côté du conservatoire. Lors d’une journée porte ouverte, j’ai accompagné mon grand frère s’inscrire au cours de guitare et dans la salle il y avait un piano, j’ai foncé dessus ! et pareil pour le théâtre, j’ai commencé à 6 ans. Mon premier prof de théâtre c’était Saffy Nebbou ( réalisateur de L’Autre Dumas) il m’a fait démarrer le théâtre. J’ai toujours eu envie de la scène et je n’ai jamais pensé faire autre chose.

C’est la raison pour laquelle tu es venu à Paris ?
Je n’avais pas l’intention de venir à Paris. C’est parce que j’ai été admis au Conservatoire Supérieur d’Art Dramatique que je suis venu.

Tu as un nouveau projet d’album ?
Oui il y a déjà de nouvelles chansons sur scène, et un deuxième album est en cours, on commence à avoir des idées et d’ici un an j’espère pouvoir enregistrer.

Quelle est la dernière pièce que tu as aimée ?
La Mélancolie des Dragons de Philippe Quesne au Théâtre des Champs Élysées.

Et le dernier album ?
Un album : Clair de JP Nataf , et sinon la reprise de Dylan Blowin in the Wind par Ben Sidran et Rodolphe Burger, magnifique je ne m’en lasse pas. Et aussi la reprise de Trenet du Jardin Extraordinaire par Higelin. Excellent.

Pascal Sangla en concert au Zèbre de Belleville les 17, 24 et 31 Mai 2010
63 Boulevard de Belleville 75011 Paris  Location : 01 43 55 55 55

Gagnez vos places ici
Gagnez le CD Une Petite Pause ici

http://www.youtube.com/watch?v=bjyCvJP6Lbk

Infos pratiques

Le prix Jean Vigo récompense « poison violent » de Katell Quilleveré
La colline : une saison 2010/2011 sous le signe de la transgression
Claire Linda

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *