Musique

Exposition We want Miles à la Cité de la Musique

02 novembre 2009 | PAR Alienor de Foucaud

Organisée avec le soutien du Miles Davis Properties, l’exposition de la Cité de la musique propose de retracer le parcours musical et personnel de Miles Davis, de la ville de son enfance, East St-Louis, jusqu’au concert rétrospectif qu’il donna sur le site même de La Villette à Paris, à quelques semaines seulement de sa disparition.

Mais qui est donc Miles Davis ? Un compositeur et trompettiste de jazz américain, certes ; un révolutionnaire qui n’aimait rien tant que jeter un pavé dans la mare pour se réinventer- « renaître ou ne plus être »- et finir, malgré tout, par toujours apporter sa pierre à l’édifice de la grande histoire du jazz ? Mieux encore, Miles Davis était une véritable rock star, et c’est ce que parvient à faire entendre la Cité de la Musique au travers de cette magnifique rétrospective, tout à l’image du virtuose.

Votre navigateur ne gère peut-être pas l’affichage de cette image. L’exposition se situe sur deux niveaux mettant en évidence la rupture de l’électrification. A la fin des années 60, Miles Davis est un des premiers trompettistes à électrifier sa trompette, et de cette idée naît une énergie nouvelle accompagnant les mouvements d’émancipation de la jeunesse de l’époque. Dans le projet scénographique, cette rupture se concrétise par un changement de lieux, soulignant l’importante capacité de renouvellement du jazzman qui n’hésite pas à exploiter avec génie tout son potentiel créatif, échappant ainsi aux stéréotypes et à la redite.

Dès son engouement pour le Be-Bop de Charlie Parker et Dizzy Gillespie, Miles Davis se démarque du jazz par un style urbain, élitiste et déroutant, celui du Club Three Deuces de la 52ème rue, qui rejette tout sentimentalisme mélodique : une sonorité et des phrases insaisissables, une véritable révolution musicale se met en place.

Le parcours que nous propose la Cité de la Musique nous emmène à Paris, au cœur de Saint Germain des Prés, avec Louis Malle et son « Ascenseur pour l’Echafaud » dont Miles Davis fit la bande originale, mais aussi au cœur d’un jazz cool, celui de la nonchalance et de l’élégance, du refus de toute véhémence ; un jazz libre, tout à la fois intuitif, contrôlé et nerveux.

On assiste donc à la montée en puissance d’une authentique rock star qui est parvenue à faire de la musique à l’image de son époque, intégrant tour à tour la popularité de l’afro-funk et du groove ou encore du pop-rock des années 70. Un homme aux mille facettes, qui a su remanier sa musique donnant au jazz de nouvelles couleurs et toujours de plus belles sonorités.

En bref ; une exposition à ne surtout pas manquer, qui donne la pêche et le sourire : smile with Miles !

Miles Davis, « We Want Miles », à la Cité de la Musique, du 16 octobre 2009 au 17 janvier 2010. Du Mardi au Samedi de 12h à 18h, nocturne le Vendredi jusqu’à 22h et le Dimanche de 10h à 18h, 221, avenue Jean Jaurès, Paris 19ème, m° Porte de Pantin, ligne 5.

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Alienor de Foucaud

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