Musique

Exposition Brassens, un vent de liberté souffle sur la Cité de la Musique

Exposition Brassens, un vent de liberté souffle sur la Cité de la Musique

02 avril 2011 | PAR Avela Guilloux

Né en 1921, décédé en 1981, Georges Brassens est doublement fêté en 2011. La cité de la Musique lui rend un hommage tout en poésie, nostalgie et humour avec cette magnifique exposition, imaginée par la journaliste Clementine Deroudille et le dessinateur Joann Sfar.

Quelle image a-t-on de Georges Brassens ? La plupart du temps, c’est celle d’un papi un peu bourru, moustachu, la pipe au bec, bougonnant  » La Mauvaise réputation » dans son coin, avec un accent à couper au couteau. Une sorte de maître à penser pour révolutionnaire du 3ème âge , avec une forte tendance à la misogynie et à crier « Mort aux vaches » à tout va. Qu’on se le dise, c’est bien mal connaître cet immense artiste, fin lettré, grand connaisseur de la poésie française, musicien pétri de jazz et de swing, grand amoureux des femmes. Un grand libertaire, de ceux qui  marquent une époque et les artistes de celles à venir, de ceux qui ne renient jamais leurs convictions, sans révolution ostentatoire pour autant. Il se sera toute sa vie opposé à la morale bien pensante ou à l’arbitraire de l’autorité. Inébranlable dans le tourbillon du succès, il n’aura jamais suivi que sa petite musique intérieure.

C’est cette petite musique là que nous sommes invités à suivre tout au long de cette exposition, qui privilégie une approche originale de cet artiste somme toute assez méconnu. Car si chacun se prend à fredonner les chansons illustrant l’exposition (magnifique travail de conception musicale du musicien Olivier Daviaud), on réalise qu’on connaît mal l’homme. L’exposition nous raconte l’histoire de ce petit-fils d’immigrés italiens, de pages sombres en belles romances, à travers entre autres, des photographies, où l’on découvre un beau jeune homme, coquet et charmeur, loin de l’image  que l’on se fait d’habitude de Georges Brassens. Mais il ne s’agit pas d’une exposition de reliques, loin de là. Les dessins de Johann Sfar qui jalonnent le parcours du spectateur permettent d’évincer très rapidement tout côté « pélerinage », et, joints à une magnifique scénographie , ils contribuent à donner une approche originale de  l’artiste, et rendent l’exposition accessible à tous. Les artistes-décorateurs de cinéma, Christian Marti, Antoine Fontaine et Gladys Garot ont imaginé un écrin pétri de poésie et d’humour,  fait de matériaux bruts et de tulles tendus, créant plusieurs atmosphères dans lesquelles les visiteurs découvrent un Brassens immortalisé par les photographes Robert Doisneau, Jean-Pierre Leloir et Pierre Cordier. C’est donc au milieu d’une forêt d’arbres, que documents inédits, manuscrits et carnets exceptionnellement confiés par la famille et les proches du chanteur, archives audiovisuelles et radiophoniques, photographies et guitares sont mis en scène. Leur travail nous plonge dans une véritable intimité avec  le chanteur, dont on ne peut que se sentir proche.

D’ailleurs, il n’y a qu’à observer les visiteurs pour s’en rendre compte.
Des fans de toujours redécouvrant l’artiste dans la simplicité qu’ils aimaient, aux plus jeunes, ébahis devant les interminables brouillons de cet acharné de travail ( capable de travailler plus de 10 ans sur une chanson – Supplique pour être enterré sur la plage de Sète), aux jeunes amateurs qui n’ont découvert Brassens qu’à travers les enregistrements et sont étonnés de découvrir son côté  » bête de scène », le spectacle est tout autant dans la salle. L’exposition est si ludique et si fournie que l’on s’y attarde, découvrant non seulement les morceaux de la « petite musique intérieure » de Georges Brassens à travers photos, archives sonores, vidéos et manuscrits, mais aussi ce qu’il a pu inspirer aux artistes d’hier et aujourd’hui, Joann Sfar en tête, qui signe de magnifiques planches représentant l’artiste sous la forme d’un chat, ou illustrant de manière particulièrement cocasse les chansons les plus célèbres.

Le contenu de l’exposition s’avère réellement pédagogique, et même, à certains moments, ouvertement philosophique particulièrement lorsqu’il semble adressé aux plus jeunes d’ailleurs, comme ces illustrations ou Brassens est poursuivi par deux enfants l’interrogeant « Monsieur Brassens, c’est quoi la liberté ? ».

Brassens, porteur de messages pour la jeunesse d’aujourd’hui ? Et pourquoi pas ?

Dans l’univers imaginé par Joan Sfar et Clémentine Deroudille, enfants et jeunes ont leur place: le ludisme est partout, des archives radiophoniques à écouter via de vieux téléphones des PTT à l’espace enfants permettant de jouer avec les mots de Brassens, en passant par l’incroyable Championnat du monde des Brassens, concours lancé par Dailymotion, et qui promet de belles petites vidéos dans les mois à venir. Dans «Brassens ou la liberté», les enfants sont libres de faire ce qu’ils n’ont pas le droit de faire habituellement : voler des bijoux, tirer les poils du chat, parler de travers, se prendre pour Brassens, toucher des guitares… Des mini-concerts sont régulièrement proposés au sein des espaces et des ateliers pour chanter Brassens sont organisés.

On sort de l’exposition  le sourire aux lèvres, que l’on soit fan de Brassens ou non d’ailleurs, tant cette nostalgie tendre nous amène à apprécier le personnage, l’homme, l’artiste, et cette incandescente liberté qui ne l’a jamais quitté. Fans de Brassens, vous serez comblés. Si vous ne connaissez pas  l’univers de Brassens, cette exposition est une belle manière de le découvrir.

Découvrez la playlist Brassens en Liberté avec Georges Brassens

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