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Les Transmusicales 2019, c’est parti

Les Transmusicales 2019, c’est parti

07 décembre 2019 | PAR Heilen Beyer

Le festival des Transmusicales 2019 est lancé. Retour sur le mythique festival rennais qui fête son 41ème anniversaire cette année.

Pour l’édition 2019, Les Trans programment plus de 80 artistes sur 5 jours de festival. Il y a exactement 87 artistes (85 groupes et 2 compagnies de danse) venus de 50 pays, parlant plus de 20 langues différentes. Les événements se déroulent sur 25 lieux, dont 20 prévus pour les concerts. Les Trans, c’est un festival immense, à la programmation foisonnante.

Mais les Trans, ce n’est pas seulement des concerts. En parallèle de la programmation musicale, le festival propose des Rencontres et Débats. Tournés sur la culture musicale, son économie et ses mutations, les conférences, ateliers ou débats questionnent la musique d’hier et d’aujourd’hui. Quelle est sa place à l’heure de l’intelligence artificielle et des plateformes de streaming ? Quelle place accorde-t-on au droit culturel en France ? De la tendance des artistes slasher aux discriminations dans les musiques actuelles, en passant par les radios associatives ou la licence d’entrepreneur de spectacle, de nombreux thèmes sont abordés dans ces conférences.

Nous nous sommes rendus à une conférence autour de l’évolution des modes d’écoute de la musique : « 1999-2019, de Napster à Deezer, la musique libérée ? » Donnée par Sophian Fanen (journaliste et cofondateur du média en ligne Les Jours), cette conférence questionnait les nouvelles manières dont le public s’est approprié la musique ces 20 dernières années. Sophian Fanen est revenu sur l’histoire de la musique en ligne, du premier fichier MP3 partagé sur internet en 1996 (Until it sleeps de Metallica) aux abonnements Spotify. Internet a bousculé le monde de la musique, son modèle économique et ses codes. Avec les premières plateformes de partage de la musique, une véritable libération musicale a eu lieu. On peut désormais écouter de l’ambient japonais depuis son salon. La musique se diffuse, se distribue et s’écouter différemment, grande liberté ou danger ? La question est posée.

Ainsi, les frontières se sont ouvertes et l’on peut écouter des artistes du monde entier sur son téléphone. Mais on peut également aller les voir en live. Les Trans s’inscrivent comme un festival du monde. On peut y écouter du pansori coréen ou de la pop californienne, en passant par du min’yo japonais ou du punk anglais.

Parmi les concerts d’hier, nous avons particulièrement apprécié Go Go Machine Orchestra, premier groupe taïwanais à venir aux Trans. Ils nous ont fait voyagé, en mêlant sonorités acoustiques (marimba, batterie, piano), électriques (guitare) et électroniques (synthétiseur, machines). C’est assez inédit, mêlant l’alternatif, l’expérimental et le contemplatif. En fait, Go Go Machine Orchestra, c’est du jamais vu et c’est aussi ce que l’on vient chercher aux Trans.

Dans le hall 9, on a dansé avec Shortparis, venus de Russie et Edgar, du Brésil. De la darkwave minimaliste pour les premiers et du rap engagé pour le deuxième. Edgar Pereira da Silva est un chanteur atypique : il est originaire d’une favella, engagé dans la protection de l’environnement et créatif à souhait. Ainsi, il fabrique lui-même ses costumes avec des matériaux de récupération. Pour cette soirée aux Trans, il nous a présenté son nouveau show avec percussions et vidéo. Nous avons beaucoup aimé la vidéo, qui était à son image : engagée, rythmée et assez déjantée. 

Concernant Shortparis, le groupe russe a commencé son concert doucement. Dans la pénombre, des voix résonnent et évoquent les chœurs russes. L’ambiance est froide, presque grave. Puis la lumière se réchauffe : la scène devient rouge, à l’image des costumes des musiciens. Le chanteur Nikolai Komyagin prend peu à peu possession de l’espace, sa voix s’envole et le rythme aussi. Le public bouge de plus en plus et bientôt les lumières s’emballent. Les projecteurs tamisés du début ont laissé la place aux lasers. Le chanteur se livre même à quelques pas de danse, comme le public devant la scène.

 

 

Hier soir, les notes du monde nous ont fait danser.

 

Tout le long de la soirée, nous avons déambulé dans le Parc Expo. Nous avons mangé dans le Hall 5, dansé dans le Hall 8, nous nous sommes reposés dans les gradins du Hall 9. Nous avons aussi passé du temps dans la mythique Greenroom. Les Trans, c’est un site immense qui propose de la musique de 14h au petit matin, de la restauration, des bars, des espaces pour se reposer et discuter, et beaucoup, beaucoup de place pour danser. Les Trans, c’est un immense rassemblement où se côtoient des amateurs et des passionnés de musique, le grand public et les professionnels, des festivaliers venus de Rennes et de plus loin. 

 Ce vendredi nous a chauffé les oreilles et nous a laissés impatients : vivement ce soir !

PS : on vous a parlé de l’ambiance dans les navettes ? La fête commence dès qu’on rentre dans le bus qui nous emmène au Parc Expo. Le ton est donné : chants, musique, rires et rencontres. Un immanquable des Transmusicales.

 

Visuels : © BrendanMonroe2019 et ©Nicolas Joubard

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Heilen Beyer

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