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[Interview] BLOW : le groupe électro-pop qui monte

[Interview] BLOW : le groupe électro-pop qui monte

23 mars 2017 | PAR Laetitia Zicavo

La jeune formation poitevine BLOW propose des mélodies planantes et accrocheuses. Quentin Guglielmi au chant et aux pads, Thomas Clairice au moog et à la basse, Jean-Etienne Maillard à la guitare et Pierre-Elie Abergel à la batterie, sont quatre amis d’enfance qui vivent leur passion, qu’ils ont transmise mardi soir, au Point Éphémère. Nous y étions. Rencontre.

C’est donc sur la petite scène du Point Éphémère que la bande s’est produite mardi soir. Sur scène, les quatre amis transmettent une énergie folle. Leurs titres phares comme Kill me on the moon et le nouveau Fall in the deep, défilent et transportent le public amassé dans la salle complète. A coups de solos et de moments de liesse, BLOW réussi son pari de faire danser les Parisiens sur leurs sons frais et entraînants. Le concert était court mais intense. Avant cela, les quatre membres du groupe ont accepté de répondre à nos questions.

Interview de BLOW :

Vous êtes des amis d’enfance si j’ai bien compris ? A partir de quand a-t-il été question de musique entre vous ?

Pierre-Elie : La plus vieille interaction c’est entre Jean-Etienne et moi, on joue ensemble depuis qu’on a 14-15 ans. On s’est ensuite tous retrouvés.

Quentin : BLOW c’est notre premier projet à quatre. On a eu d’autres projets musicaux avant. Moi et Thomas on avait un groupe très rock 60s. Puis on a fait pas mal d’électro plus dark. Puis Pierre-Etienne nous a rejoins. En tout cas BLOW, c’est la première fois qu’on est vraiment tous les quatre. On joue ensemble depuis des années, les sensations sont encore plus fortes. Quand t’as un projet qui commence à marcher c’est génial ! Y’a une bonne alchimie, on s’entend super bien, on est entre vieux potes quoi.

Comment est-ce que vous définiriez votre style de musique ?

Jean-Etienne : Ce serait plutôt de la pop électro avec plein d’autres connotations comme de la deep house, du rock. On est assez ouvert. Mais ça reste quand même plus électro que pop je pense. Ça dépend. Sans aller dans les profondeurs, c’est plutôt électro pop.

Qui est-ce qui compose les titres ? Quelles sont vos inspirations lorsque vous écrivez ?

Pierre-Elie : C’est un cheminement particulier mais à la base c’est entre Jean-Etienne et Quentin.

Jean-Etienne : Je travaille avec des riff de guitare. Quentin avec des mélodies, des grilles. On fait des premiers jets puis ça se décline et on travaille ensemble l’essence même du morceau.

Quentin : Pour les paroles, souvent c’est de l’écriture automatique. J’écris les grandes lignes rapidement, je me fie à la sonorité des mots. Je préfère un mot qui aura moins de sens mais qui sonnera mieux. C’est important de trouver des phrases simples qui sonnent bien. Puis je peaufine le tout. Mais en gros, ça se fait en deux fois : des premiers jets avec les grandes lignes et après je fais les retouches. Dans ce projet : la voix est un instrument parmi les autres, elle n’est pas au dessus.

Avez-vous senti une évolution dans votre musique ? Dans votre façon de travailler, de composer depuis votre premier EP ?

Quentin : Evolution oui. Ça partait du projet électro où on était que deux avec Thomas. Et on a tenté pas mal de chose, on venait du rock et pas de la musique électro. Les retours ont été encourageants. On a trouvé les gens qui nous entourent : label, manager… Du coup, avec le deuxième Ep, on s’est plus pris la tête et pour les prochains, on va essayer de pousser encore plus. On a trouvé notre style, on a vu qu’on s’améliorait. On retourne en studio à partir d‘avril : on a pour but de plus travailler sur les voix, les chœurs, on va tous chanter. On essaye d’être exigent sur les sons.

Thomas : On essaye de donner de la vie à des synthé, on essaye de faire que l’électro vive plus.

Vous avez joué dans des festivals, des concerts… Quel événement vous a le plus marqué ? 

Pierre-Elie : L’Olympia définitivement, on a fait la première partie des LEJ. Dans le cadre de ton projet, c’est incroyable.

Thomas : Blow écrit en rouge sur la devanture, tu sens un peu de consécration quoi !

Quentin : Le festival We love green 2016 c’était super aussi.

Comment s’est déroulé l’enregistrement de votre EP « Fall in the Deep » ?

Quentin : C’est un mélange d’idées qu’on avait depuis un moment. Pour Fall in the deep : Jean-Etienne m’a envoyé le riff et c’est parti comme ça. On avait 5-6 titres puis on en a sélectionné quatre. On a retourné les idées dans tous les sens. On a vraiment travaillé les titres, pour que ça sonne le mieux possible.

Au niveau des remix qui sont réalisés sur vos titres : est-ce que vous les choisissez, on vous les propose ?

Quentin : Ça a été différent. Avec le premier Ep, on a démarché des groupes qu’on aimait bien, pour se retrouver avec une dizaine de remix. C’est bien pour faire tourner les sons. Pour le deuxième Ep, c’est un remix pour chaque titre. C’est le label là qui a démarché et qui a pris les choses en main.

J’ai vu que vous aviez été surpris du succès de votre premier EP. L’êtes-vous toujours ? Vous vous produisez de plus en plus. Comment est-ce que vous gérez cette célébrité ? Est-ce qu’on vous reconnait dans la rue par exemple ?

Quentin : Non pas encore. Ah si toi une fois Thomas ?

Thomas : Ouais moi une fois. Mais on est surtout heureux de faire quelque chose qui plait au gens, on se la raconte pas, non non. C’est juste trop cool que les gens kiff.

Pierre-Elie : Clairement on vient de loin, on fait énormément de sacrifices pour ça. On tient le bon bout mais on sait que la route est encore longue.

Quentin : Après les gens qui nous connaissent bien savent qu’on en veut. Personnellement, j’ai eu des désillusions donc maintenant, on s’enflamme plus mais on a envie que ça fonctionne vraiment.

Jean-Etienne : On pense vraiment long-terme. Pour le coup, on sait qu’on veut continuer tous les quatre.

Pourquoi avez-vous décidé de chanter en anglais ?

Quentin : Alors moi, j’ai rien contre le français, mais sur ce projet là ça me paraissait évident de chanter en anglais. Apres est-ce qu’on fera un jour des titres en français, pourquoi pas. Mais ça reste en anglais pour l’instant.

Thomas : En fait, la musique a besoin de groove. Si on avait une musique plus lancinante, on pourrait chanter en français, avec une voix plus stable, grave. Mais là sur ce projet, on a besoin d’anglais, c’est plus chantant.

Pierre-Elie : Et puis prendre le parti de chanter en anglais, c’est aussi s’ouvrir à l’international. C’est important.

Vos influences sont-elles plutôt anglo-saxonnes ou françaises ?

Quentin : Pour BLOW, même si on écoute tous des artistes français, oui c’est clairement des groupes anglo-saxons, que ce soit américain, anglais et même allemand. A part Rone, pour la musique électro.

Avez-vous suivi une formation dans la musique ou avez-vous appris sur le tas ?

Pierre-Elie : On a tous un parcours propre. J’étais autodidacte, Quentin aussi. Après Jean-Etienne , Thomas et moi, on a fait la Music Academy International (MAI), à Nancy. C’est une formation en musique actuelle, de 1 an. T’as un diplôme à la fin mais ça t’ouvre pas des portes énormes. Mais en tous cas, ça te crée un réseau, des connaissances.

Quel effet ça vous fait de jouer ce soir au point éphémère ?

Jean-Etienne : C’est la première fois qu’on joue là. Mais je suis super content qu’on ait choisi cette salle, elle a une bonne réputation, elle nous plait. On est quand même des gens qui venons de la scène un peu underground à la base. Aujourd’hui, on retrouve l’essence de notre groupe dans cette salle. C’est cool.

Avez-vous d’autres propositions de concerts prévus pour cet été par ex ?

Quentin : Ça tombe au compte-goutte. On a 4 concerts de prévu mais après, on n’a pas encore le planning des festivals de cet été. Et puis pour les dates plus régulières, ça devrait tomber à l’automne prochain si tout se passe bien.

Où vous voyez vous dans 5-10 ans ? Avez-vous des projets à long-terme ?

Quentin : C’est un peu loin, mais on espère faire des dates dans le monde entier, continuer de faire de beaux clips. On voudrait même faire des collaborations, pourquoi pas, ou composer pour d’autres artistes, en tant que BLOW.

Thomas : A mon avis, on travaillera toujours ensemble, même sur d’autres projets. On va faire un maximum ensemble.

Quentin : C’est un challenge aussi de faire durer ce groupe le plus longtemps possible. Y’a vraiment plein de choses à explorer dans notre style de musique, on a plein d’influences différentes. On voudrait composer pour des courts-métrages par exemple, pour de l’image. On se connait bien, on a plein de projets en commun. Travailler entre amis, c’est ce qu’il y a de plus agréable.

Visuels : © Adrien Combes/Thomas Pfaff (Equipe DDM)

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