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Victoires de la Musique Classique 2016 : Philippe Hersant

Victoires de la Musique Classique 2016 : Philippe Hersant

17 février 2016 | PAR Elodie Martinez

Aujourd’hui, portrait de Philippe Hersant nommé dans la catégorie « Compositeur ». Un homme pour qui « être maniériste, c’est sentir subjectivement le monde comme un labyrinthe. Je ne crois pas à l’existence de règles et de formes universelles dans la musique. Je me refuse à suivre la forme classique, certes idéale en ses proportions, parce que trop d’éléments du passé m’obsèdent et s’intègrent dans ma musique » .

Philippe Hersant naît le 21 juin 1948 à Rome, mais c’est bien en France qu’il fait ses études et poursuit un cursus en lettres modernes à l’université de Paris-Nanterre. Il en sort avec une Licence et suit les classes d’écriture au Conservatoire de Paris avec Georges Hugon en harmonie, Alain Weber pour le contrepoint et André Jolivet pour la composition. Il y remporte le Prix d’écriture.

De 1970 à 1972 il est boursier à la Casa Velaquez à Madrid et entre à France Musique en tant que producteur d’émission en 1973. Il enseigne également au département de musicologie de Paris IV-Sorbonne. Il profite de cette période pour trouver un langage qui lui est propre, puisant dans son goût pour la littérature mais aussi pour le cinéma.

C’est donc à 30 ans que Philippe Hersant commence véritablement à composer ce qu’il désire alors qu’il est boursier de la Villa Médicis à Rome (une bourse de deux ans). Cette année, il crée la première version de Stances pour orchestre par le Nouvel Orchestre Philharmonique dirigé par Gilbert Amy. Il remporte par ailleurs le Prix Georges Enesco en 1982.

On ne s’étonne alors pas de le voir travailler pour le théâtre en collaboration avec Jean Jourdheuil et Jean-François Peyret. en 1985, année où il se tourne vers des formations de musique de chambre avant d’être attiré par les voix et de composer formations de musique de chambre, il se tourne ensuite vers la voix pour laquelle il compose notamment Lebenslauf, cycle de mélodies sur des poèmes de Hölderlin. Il compose aussi des miniatures, comme les 8 duos pour alto et basson ou les 5 miniatures pour flûte alto. En 1986, il crée le Quatuor à cordes n° 1, qui est une commande de Radio France, par le Quatuor Talich. Cette œuvre lui vaut le Prix de la meilleure création contemporaine décerné par la SACEM ainsi qu’une première nomination aux Victoires de la Musique Classique.

En 1990, il reçoit le Grand Prix Musical de la Ville de Paris puis le Prix des Compositeurs de la SACEM l’année suivante. Sa composition Missa brevis se trouve distingué en 1991 par la Tribune Internationale de l’UNESCO (de même que le sera Landschaft mit Argonauten en 1995) et il remporte le Prix Nouveaux Talents décerné par la SACD en 1993. La même année, il est à nouveau nommé dans les catégories « Musique Contemporaine » et « Spectacle Lyrique » aux Victoires de la Musique Classique 1993 pour Le Château des Carpathes tandis que l’année suivante il remporte le Prix Arthur Honegger 1994 pour le Concerto n°1 pour violoncelle.

Il reçoit le Prix Maurice Ravel en 1996 puis est nommé deux ans plus tard compositeur en résidence auprès de l’Orchestre National de Lyon pour deux saisons. Il remporte ensuite le Grand Prix Musical de la Fondation Simone et Cino del Duca décerné par l’Académie des Beaux-Arts en 2001.

En 2002, c’est une nouvelle création au Festival de Radio France et de Montpellier de la version de concert de l’opéra en un acte d’après Jules Verne, Le Château des Carpathes, sous la direction de David Robertson, autre commande de Radio France. La même année, il crée également à Radio France le Trio pour violon, violoncelle et piano, par Alice Ader, Christophe Poiget et Isabelle Veyrier, toujours une commande de Radio France.

2005 marque sa première Victoire de la Musique Classique remportée dans la catégorie « Compositeur » avant qu’il ne compose son opéra Le Moine noir, d’après Anton Tchekhov et commandé par l’Opéra de Leipzig, en mai 2006.

En 2008, Philippe Hersant reçoit le Grand Prix de la Musique Symphonique décerné par la SACEM, est compositeur en résidence à l’Orchestre de Bretagne pour trois saisons, nommé Président de la Commission Musique à la Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques (SACD) (pour 2008 – 2009) et est à nouveau nommé aux Victoires de la Musique Classique dans la catégorie « Compositeur ». Il le sera à nouveau en 2009 et 2010.

Enfin, il crée à l’occasion du Jubilé de la cathédrale Notre-Dame de Paris des Vêpres de la Vierge Marie pour chœur mixte, chœur d’enfants, baryton, 2 orgues, cloches, 2 cornets et 3 sacqueboutes.

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Elodie Martinez
Après une Licence de Lettres Classiques et un Master en Lettres Modernes, Elodie découvre presque par hasard l'univers lyrique et a la chance d'intégrer en tant que figurante la production du Messie à l'Opéra de Lyon en décembre 2012. Elle débute également une thèse (qu'elle compte bien finir) sur Médée dans les arts en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, puis, en parallèle d'un stage dans l'édition à Paris, elle découvre l'univers de la rédaction web et intègre l'équipe de Toute la culture où elle participe principalement aux pages d'opéra, de musique classique et de théâtre. Elle a aussi chroniqué un petit nombre de livres et poursuit l'aventure une fois rentrée sur Lyon. Malheureusement, son parcours professionnel la force à se restreindre et à abandonner les pages de théâtre. Aujourd'hui, elle est chargée de projets junior pour un site concurrent axé sur l'opéra, mais elle reste attachée à Toute la culture et continue d'être en charge de l'agenda classique ainsi que de contribuer, à moindre échelle, à la rédaction des chroniques d'opéra.

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