Classique

Un samedi soir avec Lahav Shani, Vadim Repin et Thomas Hampson au Verbier Festival

Un samedi soir avec Lahav Shani, Vadim Repin et Thomas Hampson au Verbier Festival

28 juillet 2019 | PAR Yaël Hirsch

Ce samedi du 27 juillet 2019, s’est déroulé entre orage et soleil dans un Verbier toujours vibrant. Nous avons assistés aux concerts du soir passant de Prokofiev à des Lieder…

Nous avons commencé par la grande tente des Combins pour entendre le Verbier Festival Chamber Orchestra dirigé par le jeune et énergique chef israélien Lahav Shani dans l’Ouverture d’Oberon de Weber. Commençant par la vibration du cor fort et doux,  très soyeuse dans ses vents, cette ouverture s’est emballée avec une joie opéresque, toute en maîtrise et en flamboyance.  L’expressivité de Lahav Shani et la précision de l’orchestre nous ont vraiment emportés. Ensuite le violoniste Vadim Repin a rejoint le chef et l’orchestre pour le Concerto n°2 de Prokofiev (1935), contemporain du son Roméo et Juliette, où  le soliste nous a éblouis. La nostalgie nous a saisis dès les premières notes jouées par Repin. Passé un premier écho éblouissant, l’orchestre disparaît un peu derrière le violoniste mais parvient tout de même à créer une lame de fond inquiétante. Dans le deuxième mouvement lancinant, les pizzicati de l’orchestre donnent le ton et se laissent à nouveau submerger par le violon qui est doux. Virtuose dans le troisième mouvement emporté, en dialogue virevoltant avec l’orchestre Repin finit de bouleverser son audience pour un final où il entre en écho avec le cor. La boucle est bouclée est l’œuvre mythique pour violon acclamée.

Laissant le Verbier Festival Chamber Orchestra à l’ouvrage avec la 3e symphonie de Mendelssohn (1842), nous nous sommes précipités à l’Eglise pour entendre le baryton Thomas Hampson, accompagné par son fidèle et extraordinaire pianiste Wolfram Rieger. Le chanteur a commencé par une sélection de chants romantiques écrits par Eduard Mörike pour le « Wagner du Lied », Hugo Wolf les Mörike Lieder (1888). Le baryton a choisi les plus champêtres des Lieder qu’il a fait couler comme de l’eau de son timbre enveloppant.

Après l’entracte, c’est au Knaben des Wunderhorn de Mahler (années 1890), d’après des textes folkloriques allemands retrouvés par Achim von Arnim et Clemens Brentano, que le chanteur et son pianiste se sont attaqués en en choisissant 7 sur 12. Toujours aussi élégant, capable de nous faire tressaillir dans le simple « Gute Nacht » final du premier Lied aussi bien que de nous emporter dans le concret terrible (et sordide) du dialogue entre mère et fils affamé du  Lied « Das irdische Leben » (« La vie terrestre »), Hampson nous a poussé jusqu’au désir de disparition et Nirvana dans le « Urlicht » qu’on retrouve dans la 2e symphonie. derrière lui, vif, attentif, romantique ou grave, selon les besoins de la dramaturgie et les partitions, Wolfram Rieger chante tout bas et exulte. Le généreux et extraordinaire duo a donné trois bis, tous choisis dans les répertoires de Wolf et Mahler, dont un Lied écrit à 16 ans par Mahler et qui contiendrait tout l’art du compositeur, selon Hampson. Le concert a fini vers 21h45 sous les applaudissements émus du public. 

visuels : YH

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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