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[Live Report]Rentrée des classes pour l’Orchestre National de France

[Live Report]Rentrée des classes pour l’Orchestre National de France

21 septembre 2013 | PAR La Rédaction

 

 

 

 

Dans les ors du Théâtre des Champs Elysées, l’Orchestre National de France faisait sa rentrée jeudi 19 septembre au soir. Sous la baguette de Daniele Gatti, le programme rendait hommage à Verdi et Dutilleux.

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Daniele Gatti et Verdi, c’est une belle histoire d’amour. On ne compte plus les concerts où il emmena l’Orchestre national de France, l’Orchestre de la Scala de Milan ou l’Accademia Santa Cecilia sur les pas d’un compositeur qui célèbre cette année ses deux cents ans. Sa flamme, il ne se prive d’ailleurs pas de la déclarer : « Verdi est mon compositeur italien préféré ».

L’ennui, c’est que festivités du bicentenaire oblige, Verdi a occupé ondes, salles de concert, actualité des maisons de disques et donc oreilles des auditeurs, plus que de raison. C’est pourquoi, malin, Gatti prend les chemins de traverses. Pour la rentrée de l’Orchestre national de France jeudi soir au Théâtre des Champs Elysées, le programme convoque Huit romances pour ténor (ici le théâtral Joseph Calleja), un « Libera me domine» extrait de la Messe pour Rossini et Quatre pièces sacrées. Au milieu, Le Mystère de l’instant, pièces pour cymbalum et orchestre du récemment disparu Henri Dutilleux.

Porté par des cordes tantôt moelleuses tantôt féroces, et un cymbalum à l’inquiétante étrangeté, l’hommage rendu à Dutilleux mérite le titre de clou de la soirée… bien que perdant à l’applaudimètre. Le compositeur se souvient dans ces pages d’une nuée d’oiseaux « innombrables et non identifiables » croisée un soir de juin, au confluent de la Loire et de la Vienne. La poésie de ce qui « n’était pas encore tout à fait de la musique, mais des sons de la nature […] merveilleusement inorganisés » suscite une partition rendant grâce, contrastes et textures aidant, au mystère.

Par une heureuse contagion, le climat de la pièce irrigue tout le concert, des Romances orchestrées par Luciano Berio au « Libera me » de la Messe pour Rossini. Au milieu d’une phrase de pur bel canto, soutenue vigoureusement par Joseph Calleja : surprise ! Glissendi et harmoniques dissonantes se cachent sous l’harmonie. « Libera me domine de morte aeterna… », entame la soprano Leah Crocetto, décolleté avantageux et gorge au trop ample vibrato… tiens, ça me rappelle quelque chose! Un froncement de sourcil et quelques minutes de lecture plus tard, on apprend que cette Messe servit de brouillon au plus célèbre Requiem (oui, celui que vous n’avez pas fini d’entendre en 2013).

A entendre Daniele Gatti respirer et soupirer lors d’un « Stabat Mater » infini de délicatesse, pas de doute : l’homme dirige dans son élément. Ce qui ne l’empêche pas finement de prendre Verdi à contrepied.

Victorine de Oliveira.

Méli Mélodie d’Henri Meunier & Martin Jarrie
Disparition du journaliste et auteur Gilles Verlant
La Rédaction

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