Classique
[Live report] Festival Classique au vert : Michel Portal, Miguel Da Silva, Michel Dalberto

[Live report] Festival Classique au vert : Michel Portal, Miguel Da Silva, Michel Dalberto

01 septembre 2014 | PAR Olivia Leboyer

MichelPortal

Pour le dernier week end du mois d’août, Classique au vert nous a offert une « rencontre au sommet » : après Augustin Dumay samedi 30, c’est au tour de Michel Portal, Miguel da Silva et Michel Dalberto d’enchanter le Delta du Parc Floral dimanche 31.

Informations pratiques : www.classiqueauvert.paris.fr

Avant le concert de 16h, nous avons rencontré la co-directrice artistique du Festival, Marianne Gaussiat. Tout en conversant, nous tendions l’autre oreille pour suivre les répétitions. Pour Marianne Gaussiat, musicienne et passionnée, réunir trois artistes aussi exceptionnels que le clarinettiste Michel Portal, l’alto Miguel da Silva et le pianiste Michel Dalberto a quelque chose de magique. Tous trois ont réllement compté dans sa formation musicale. Ils partagent un même sens de la sonorité, un timbre singulier, et ont tous les trois construit leur carrière sur la durée. Et c’est la première fois qu’ils ont l’occasion de jouer ensemble. Précisément, à Classique au vert, l’idée est de provoquer les belles rencontres : entre les artistes, et surtout entre la musique et le public le plus large possible. Initié par la ville de Paris, ce Festival s’est doté au fil des années d’ambitions importantes, attirant également des partenaires privés : offrir des concerts de grande qualité pour un prix extrêmement peu élevé (5 euros l’entrée). Cela fait trois ans que Marianne Gaussiat s’occupe de la programmation, s’ingéniant à élaborer des affiches prestigieuses. Démocratiser sans renoncer à l’exigence, le pari est superbement tenu. Cette année, il y a avait ainsi le violoniste Augustin Dumay, le clarinettiste Michel Portal, mais aussi le trompettiste Romain Leleu, le violoniste Alexis Cardenas ou le violoniste Didier Lockwood. C’est au cours de dialogues entre les directrices artistiques, Marianne Gaussiat et Isabelle Gillouard (de l’agence Sequenza) que les œuvres sont choisies. Le plus souvent, un morceau d’appel, connu, suivi d’œuvres plus confidentielles. Et, pour un Festival d’été, il s’agit de rester dans une humeur assez joyeuse, légère.

Trio

Ainsi, en ce dimanche, Schumann, initialement prévu, a cédé la place à Bruch, un compositeur allemand contemporain de Brahms, et qui a écrit des pièces pour clarinette, alto et piano : l’idéal, donc, pour marier nos trois musiciens. Primesautier, Bruch nous entraînera, vers la fin du concert, sur de petits sentiers de montagne, le long de ruisseaux et de bisses…

Mais c’est avec Mozart que le concert s’est ouvert (Trio « Kegelstatt », des Quilles, en mi bémol K. 498), comme une évidence : Mozart et la nature, l’osmose est naturelle. Le trio s’est épanoui sur un mode champêtre, très vivant, avant de se scinder, tour à tour, pour des morceaux solo ou duo. Le pianiste Michel Dalberto a interprété avec une belle intériorité la sonate n°14 en dièse mineur op. 27 n°2 de Beethoven. Mélancolique, profond, le morceau nous a émus. Avec une délicieuse pièce pour alto et piano (op. 39) d’Ernest Chausson, Miguel da Silva et Michel Dalberto ont ménagé un instant de poésie. Puis, c’est au tour de Francis Poulenc de nous secouer avec une sonate pour clarinette et piano, qui s’interrompt subitement, avant de repartir du début : « Je joue d’un instrument à vent qui n’aime pas le vent ! » s’est excusé malicieusement Michel Portal. En effet, le vent s’est montré bien capricieux ce dimanche, emportant les partitions (tenues par des pinces à linge et surveillées de près par la jeune assistante), remontant brusquement dans la clarinette, accompagnant les morceaux de bruissements de feuillages, tout à fait bienvenus. Jusqu’aux cris des oies bernaches, décidément très mélomanes !

Ovationnés, les trois musiciens sont revenus pour un bis : les Märchenerzählungen de Schumann pour clarinette, alto et piano (op. 132), qui avaient été remplacés par Bruch, ont tout de même été joués, magnifiquement. « Ce n’est pas lent ou triste, mais calme », a lancé le pianiste Michel Dalberto dans un sourire. Calme, bucolique et beau.

visuels: affiche officielle du Festival; photos ©Olivia Leboyer.

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Olivia Leboyer
Docteure en sciences-politiques, titulaire d’un DEA de littérature à la Sorbonne  et enseignante à sciences-po Paris, Olivia écrit principalement sur le cinéma et sur la gastronomie. Elle est l'auteure de "Élite et libéralisme", paru en 2012 chez CNRS éditions.

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