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Daniel Harding illumine la 5ème de Mahler à la Philharmonie de Paris

Daniel Harding illumine la 5ème de Mahler à la Philharmonie de Paris

12 novembre 2016 | PAR Julien Coquet

Mercredi 9 novembre, le directeur musical de l’Orchestre de Paris dirigeait son orchestre et le violoniste Joshua Bell dans le Concerto pour violon de Brahms et la Cinquième symphonie de Mahler. Un régal.

[rating=4]

Qui en doutait encore ? Après ses débuts flamboyants dans un programme Schumann à la tête de l’Orchestre de Paris, Daniel Harding confirme qu’il est un très grand chef capable de soutirer à son orchestre le meilleur de lui-même. Le neuvième directeur musical de l’Orchestre de Paris a dirigé Joshua Bell dans le Concerto pour violon en ré majeur, opus 77 de Johannes Brahms avant de livrer une très belle Symphonie n°5 en ut dièse mineur de Gustav Mahler.

Le Concerto pour violon de Brahms est plutôt difficile d’accès, comparé au Concerto pour violon en mi mineur de Mendelssohn donné le lendemain, jeudi 10 novembre, par Daniel Harding et Joshua Bell. L’œuvre se veut avant tout orchestrale et s’éloigne des conventions de l’époque : les concerti étaient composés pour démonter la virtuosité de l’instrument et, ainsi, du musicien. A la longueur inhabituelle, le premier mouvement propose des variations de l’orchestre sur les thèmes du violon tandis que le second mouvement offre une part belle au hautbois. Le dernier mouvement, très connu, et popularisé par le film There will be blood, est un véritable éclat de lumière et de joie. Joshua Bell démontre toute sa virtuosité au cour de cette œuvre. Le violoniste, très expressif au niveau gestuel, se distingue du chef, plutôt calme dans l’œuvre de Brahms. La cadence écrite par Joshua Bell est très belle et nous fait comprendre que le violoniste a parfaitement compris l’œuvre de Brahms.

La partie principale du concert arrive ensuite puisque Daniel Harding dirige la Cinquième symphonie de Mahler, répertoire où il excelle au regard des critiques de disques. Dès les premières notes de la symphonie, jouées par la trompette, nous savons que nous allons assister à une grande interprétation. La Marche funèbre fait froid dans le dos et captive. Le deuxième mouvement est peut-être le plus impressionnant de toute l’œuvre : Mahler a bâti là une véritable cathédrale et Daniel Harding parvient à faire ressortir tous les plans de la partition. L’Adagietto, rendu célèbre grâce au film de Visconti, Mort à Venise, déçoit un peu : le chef a décidé de le prendre à une vitesse plus rapide que la moyenne des interprétations. Le Rondo-Finale allegro est un véritable déchainement de la puissance mahlérienne, les cordes livrent des graves clairs tandis que les interventions des bois ponctuent l’œuvre.

La réussite de cette soirée tient à la direction de Daniel Harding et à la précision de l’Orchestre de Paris. Dans une symphonie pourtant peu facile, tout paraît clair. Lorsque l’on ressort du concert, on est frappé par la clarté de la diction de l’orchestre : rien n’est brouillon et tous les plans sonores se superposent pour faire ressortir la véritable complexité de l’œuvre. Mahler écrivait en 1904 à son éditeur : « Après cette première lecture (lors des répétitions en vue de la création de la symphonie), on peut dire que les deux premiers mouvements sont difficiles à jouer et vont être pour l’auditeur des noix plutôt dures à casser. Ce genre d’œuvres ne peut jamais obtenir de succès iméddiat mais ce n’est que lentement qu’il conquiert le public ». Avec un chef tel que Daniel Harding, l’œuvre est cependant capable de frapper et toucher n’importe quel mélomane. Souhaitons alors une bonne tournée au Japon et en Corée du Sud à l’Orchestre de Paris, Daniel Harding et Joshua Bell !

Visuel: ©Julian Hargreaves

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Julien Coquet

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