Classique
Beethoven et Mahler : Deux Titans s’invitent à la Philharmonie de Paris

Beethoven et Mahler : Deux Titans s’invitent à la Philharmonie de Paris

27 janvier 2020 | PAR Jean-Marie Chamouard

A la Philharmonie de Paris, le 25 Janvier 2020, l’orchestre Pasdeloup interprète sous la direction de Wolgang Doerner le concerto pour piano n°1 de Ludwig van Beethoven, avec David Bismuth comme soliste, et la première symphonie de Gustav Mahler.

Titan, tel est le nom de ce concert symphonique. Titan est le nom attribué à la première symphonie de Gustav Mahler, en hommage au héros du roman de Jean Paul Richter qui était très proche du compositeur. Le deuxième « titan » est sûrement Beethoven, dont nous fêtons cette année le 250ème anniversaire de sa naissance. Il a exercé une profonde influence sur Gustav Mahler qui redoutait son jugement posthume. Le troisième titan pourrait être l’orchestre Pasdeloup, le plus vieil orchestre associatif parisien fondé en 1861. Il est dirigé ce soir par le chef autrichien Wolfgang Doerner spécialiste de Mahler et chef invité d’honneur depuis 30 ans de l’orchestre Pasdeloup.

Le premier concerto pour piano de Beethoven a été écrit entre 1787 et 1789. IL est contemporain de la sonate « pathétique » et des six premiers quatuors. Beethoven est alors un pianiste virtuose reconnu. Il est crée à Vienne le 2 Avril 1800 et interprété par Beethoven lui-même au piano. Le premier mouvement débute par une longue introduction confiée au seul orchestre qui expose les deux thèmes, l’un rythmé, l’autre mélodieux et chantant. L’entrée du piano est douce, apaisée, puis s’instaure un dialogue avec l’orchestre, les cordes et les cors venant souvent en simple soutien à la mélodie portée par le piano. Le soliste David Bismuth développe un jeu rempli de douceur, de délicatesse et de retenue avant de montrer sa virtuosité dans la cadence. Le deuxième mouvement est une romance sereine à peine mélancolique. La musique est d’une grande douceur, d’une grande pureté. Le chant du piano s’allie avec celui de la clarinette. C’est un moment de grande émotion pour l’auditeur. Le piano introduit le troisième mouvement, qui nécessite agilité et vélocité. La musique est joyeuse, brillante, dansante. Des moments calmes et mélodieux semblent interrompre cette ambiance festive avant un tutti particulièrement fougueux et jubilatoire.

La première symphonie de Mahler a été composée en 1888. Gustav Mahler, chef d’orchestre réputé, écrit alors à 28 ans sa première composition importante. Crée en 1889 à Budapest sous forme de poème symphonique, cette œuvre va dérouter le public et sera remaniée plusieurs fois jusqu’en 1896. Le compositeur restera très attaché à cette œuvre de jeunesse écrite dans un contexte sentimental difficile, et qu’il considérera comme son « Werther » personnel. Le premier mouvement est un chant de la nature. IL débute par une longue note monocorde, représentant le gel hivernal. La nature va s’éveiller doucement, progressivement. La note tenue initiale, obsédante réapparait plusieurs fois mais il se développe une ballade romantique : celle « des chants d’un compagnon errant » auquel s’identifie le compositeur. L’orchestration est très riche, très imaginative magnifiquement mise en valeur par Wolfgang Doerner qui dirige sans partition. Le deuxième mouvement est une valse influencée par les danses traditionnelles autrichiennes. Cette valse très romantique nous transporte dans la Vienne de la Belle époque. Le troisième mouvement est le plus célèbre .C’est une marche funèbre, sur le thème populaire de « Frère Jacques » débutant par les contrebasses et le bruit sourd des timbales. L’ambiance est sombre, émouvante, la musique somptueuse. La marche s’accélère à peine, en un long crescendo obtenu comme dans le Boléro de Ravel par recrutement progressif des instruments. Cette marche est interrompue par l’irruption à plusieurs reprises d’une musique tzigane, dansante et parodique. La marche se termine dans un murmure. Le quatrième mouvement débute alors par un coup de tonnerre. La musique est tumultueuse explosive, d’une sonorité éclatante. Elle déploie toute la puissance de l’orchestre symphonique et l’incroyable énergie de Wolfgang Doerner. Mais ce quatrième mouvement est contrasté, la ballade mélodieuse du compagnon errant revient avant un tutti triomphal et grandiose.

La délicatesse du jeu de David Bismuth, le talent de Wolfgang Doerner, et l’époustouflante orchestration de Mahler ont été ovationnés par le public.

visuel : Orchestre Pasdeloup (c) Philippe Karampournis

Vaimalama Chaves ou la muse inconditionnelle de La Métamorphose
« Sculptures infinies », l’original et la copie
Jean-Marie Chamouard

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *