Classique

Arcadi Volodos triomphe  au Théâtre des Champs Elysées

Arcadi Volodos triomphe au Théâtre des Champs Elysées

27 avril 2019 | PAR Jean-Marie Chamouard

Arcadi Volodos nous a conviés le 25 Avril 2019 à une ballade romantique, allant du Danube à la Néva : il interprète des œuvres pour piano solo de Schubert, Rachmaninov et Scriabine.

Arcadi Volodos arrive sur la scène, seul, modeste et tout de noir vêtu. Seul le piano est éclairé. Il s’assied au clavier et la magie débute. Aracadi Volodos est né le 24 février 1972 à Léningrad. Chef d’orchestre et pianiste il a étudié aux conservatoires de St Petersbourg et de Moscou puis un an au conservatoire de Paris en 1993. « Etre virtuose c’est jouer pianissimo » dit Arcadi Volodos. Sensibilité, douceur, subtilité, caractérisent effectivement le jeu du pianiste.

Le concert débute par la sonate en mi majeur de Franz Schubert (1797-1828). C’est une œuvre de jeunesse écrite en 1815 alors que le compositeur avait 18 ans. Le premier mouvement allegro ma non troppo est joyeux et d’influence italienne, nette. La musique évoque une promenade charmante. La délicatesse du jeu d’Arcadi Volodos est remarquable : ces doigts gambadent avec joie et légèreté sur le clavier. L’andante est très mélodieux, annonçant les grandes mélodies de la musique de Schubert. Ce mouvement exprime une douce mélancolie avant un menuetto à la fois léger rapide et énergique.

Arcadi Volodos interprète ensuite les six moments musicaux de Schubert. Ces pièces indépendantes mais réunies par l’éditeur ont été composées entre 1823 et 1825. Le deuxième moment musical met en valeur la sensibilité du pianiste et son toucher tout en douceur et en subtilité. La musique est très émouvante, c’est une méditation nostalgique baignée de tristesse qui se termine comme dans un soupir. Le sixième moment musical tout aussi romantique et mélancolique offre à l’auditeur une mélodie d’une grande pureté.

Serguei Rachmaninov (1873-1943) reste un compositeur classique très inspiré par le romantisme de Chopin et de Tchaikovsky. Né près de Novgorod, il sera également influencé par les chants orthodoxes russes et par la beauté du son des cloches de la cathédrale de Novgorod. Arcadi Volodos interprète six pièces pour piano de Rachmaninov. Le prélude opus 3 n°2 est une œuvre de jeunesse : composée en 1892 elle deviendra très vite célèbre et ce prélude sera souvent joué comme bis par le pianiste virtuose Rachmaninov. Le prélude opus 30 n° 10 est plus tardif : composé en 1910 il reste une œuvre romantique inspirée par Liszt. Plénitude, reprises itératives du thème, c’est une musique de grande ampleur et très émouvante : le piano se fait orchestre et l’auditeur est transporté dans les grands espaces russes. L’étude n° 3 opus 33 est une œuvre plus méditative pleine de contraste exprimant une douce tristesse.

Alexandre Scriabine (1871- 1915) pianiste virtuose et compositeur russe a écrit une musique mystique mais aussi résolument moderne, annonciatrice de la musique contemporaine. Arcadi Volodos joue six courtes pièces de Scriabine. Dissonances et ruptures rythmiques alternent avec des moments plus romantiques et mélodieux. Le concert se termine avec « Vers la flamme », œuvre écrite en 1914 un an avant la mort du compositeur. C’est un scénario apocalyptique où les flammes envahissent la terre. Il en résulte une musique très moderne et surprenante mais aussi quelque peu hermétique, et chaotique.

Arcadi Volodos a séduit le public par son toucher et par la sensibilité et la délicatesse de son jeu. Son triomphe a été réel et le pianiste a terminé la soirée par quatre bis successifs !

visuel : (c) Marco Borggrève

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