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Aldo Ciccolini – Avant-Dernières Pensées

Aldo Ciccolini – Avant-Dernières Pensées

04 février 2015 | PAR Mathilde Dumazet

Né italien en août 1925, mort français le 1er février dernier, Aldo Ciccolini pianiste prodige dès son plus jeune âge avait participé à populariser les compositeurs français E.Satie (compositeur de la pièce pour piano Avant-Dernières Pensées), M-J-A Déodat de Séverac ou encore C-V.Alkan.

Concertiste, professeur au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris et accompagnateur ; il commence ses études à Naples, les poursuit à Paris ; sa carrière le fait voyager au fil des baguettes des plus grands chefs d’orchestre de l’époque. Particulièrement féru des compositeurs modernes français (Debussy, Ravel) sans s’y limiter dans ses choix d’interprétations, il adopte la nationalité française en 1971. Il est connu pour ses (très) nombreux enregistrements, ses intégrales des œuvres pour piano de Satie et de Debussy et pour sa vision pessimiste sur l’avenir de la musique classique.

C’est le concours Marguerite Long-Jacques Thibaud qui le révèle en 1949. Plusieurs fois jury de concours internationaux dans lesquels jeunes musiciens rivalisent de prouesses techniques sans, selon lui, oser affirmer leur personnalité, il déclare en 1994 à la Revue Piano : « Aujourd’hui, il n’y a pas un seul premier prix qui vous assure de quoi que ce soit. ».

« Vous savez, je finis toujours par jouer pour moi. » (Interview dans Télérama en 2003). Le pianiste était aussi intransigeant à propos de ses interprétations que l’était, de son point de vue, la musique classique avec son public. Finalement le support qui, pour lui, permettait d’apprécier le mieux une pièce à sa juste valeur était le disque. D’où la longue liste d’enregistrements qui ponctuent sa carrière.
« L’apparence de l’artiste n’a aucune importance ; dans une salle de concert, il n’y a rien à regarder, on est là pour écouter ! Le fait de voir quelqu’un bouger sur une estrade nuit à l’écoute, l’être humain ne pouvant faire deux choses à la fois, écouter et regarder. » (Revue Piano 09/2001)
Aldo Ciccolini semblait penser que la pratique comme l’écoute étaient exigeantes et donc difficilement accessibles. Vision élitiste ou réaliste d’un genre qui peine à s’adapter à l’industrie musicale ?

Infos pratiques

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Mathilde Dumazet

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