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Mort de Marcel Bluwal : la disparition d’un pionnier du petit écran

Mort de Marcel Bluwal : la disparition d’un pionnier du petit écran

28 octobre 2021 | PAR Blaise Campion

Samedi 23 octobre, Marcel Bluwal est décédé à Paris à l’âge de 96 ans. Il fut un réalisateur de télévision reconnu, notamment pour ses adaptations de pièces de théâtre comme le célèbre « Dom Juan ou le Festin de Pierre » (1965) avec Michel Piccoli et Claude Brasseur.

Alors que la ministre de la Culture Roselyne Bachelot a fait part de « son émotion », l’Élysée a tenu a salué dans un communiqué « un artiste qui a apporté le meilleur de la culture dans les foyers français ». De fait, à travers ses adaptations des œuvres de Molière, Beaumarchais, Feydeau ou encore Dostoïevski, Marcel Bluwal a investi la télévision comme un outil majeur de diffusion pour la culture.

Une enfance marquée par la montée de l’antisémitisme

Fils unique d’une famille modeste d’immigrés juifs polonais, Bluwal voit le jour à Paris en 1924.  Son adolescence est marquée par la montée de l’antisémitisme, et l’escalade de tensions qui conduit à la Seconde Guerre Mondiale. Sa mère et lui échappent de justesse à la politique de collaboration du régime de Vichy lorsque la veille de la rafle du Vel’ d’Hiv, en 1942, ils sont prévenus par une voisine du drame qui est en train de se jouer. Réfugiés chez leur professeur de piano, Marcel Bluwal et sa mère Eda y resteront cachés pendant deux ans.

Un réalisateur pionnier de la télévision

Après-guerre, Marcel Bluwal débute des études au sein de l’École technique de la photo et du cinéma. Bien qu’il rêve de cinéma, c’est la télévision qui en est encore à ses débuts qui lui ouvre ses portes. Réalisateur d’émissions, il se lance par la suite dans l’exercice qui le rendra célèbre : l’adaptation télévisuelle d’œuvres dramatiques. Après Le Mariage de Figaro en 1961, c’est au tour de Dom Juan de Molière d’être travaillé pour le petit écran. Avec Michel Piccoli pour Dom Juan, et Claude Brasseur en Sganarelle, Marcel Bluwal signe ici son chef d’œuvre. Suivront d’autres réalisations, comme la série Vidocq en 1967 ou Les Misérables de Victor Hugo en 1972. D’autres expérimentations également du côté du cinéma et du théâtre. Plus récemment, en 2008, Marcel Bluwal retraçait dans ce qui restera comme sa dernière œuvre, la minisérie À droite toute, l’histoire de l’extrême-droite en France dans les années 1930. Une série récompensée cette année-là au Festival international de programmes audiovisuels.

Visuel : © Wikipédia

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