Classique

A la Philharmonie de Paris, l’Orchestre national de Lettonie invite à un inspirant voyage boréal

A la Philharmonie de Paris, l’Orchestre national de Lettonie invite à un inspirant voyage boréal

25 octobre 2018 | PAR Alexis Duval

Avec Nicholas Angelich au piano, la formation balte a brillamment exécuté le programme Vasks-Rachmaninov-Tchaïkovski.

[rating=5]

La Lettonie, pays d’un million d’habitants niché au milieu des pays dits baltes, semble disposer d’un million de talents. Du moins si l’on en croit l’excellence de sa formation symphonique nationale, qui a conquis le public exigeant de la Philharmonie de Paris, mardi 23 octobre. Le concert s’inscrivait dans le cadre du centenaire de l’indépendance du pays, célébration qu’elle partage avec son voisin au nord, l’Estonie, et avec celui au sud, la Lituanie.

Première œuvre : Musica Appassionata, du symphoniste contemporain du cru Peteris Vasks (né en 1946). Il ne faut pas juger trop vite cette pièce créée en 2002. Mieux vaut attendre que le classicisme un brin compassé de l’écriture soit brisé par des ruptures stylistiques pour être séduit et apprécier pleinement sa modernité. Sombre, inquiétante, crépusculaire, la composition donne à entendre des airs qui pleurent comme chez Mahler. Une belle découverte.

Place ensuite au Concerto n°4 du Russe Sergueï Rachmaninov. Moins connu que le tubesque n°2, il n’en est pas moins fascinant. Comme dans les n°1, 2 et 3, on retrouve ce dialogue génial où les questions de l’orchestre et les réponses du piano se fondent les unes dans les autres pour une sensation harmonique en tous points sublime.

Phrasés tourbillonnants

Les cuivres, qui ont souvent chez Rachmaninov une place de choix, étaient en majesté avec l’Orchestre national de Lettonie. Et que dire de la performance du pianiste américain Nicholas Angelich, dont les mains sont en elles-mêmes un véritable spectacle ? Le soliste a conclu avec une Rêverie de Schumann. Un bis dont le minimalisme et la douceur de berceuse tranche avec le grandiloquent maelström de sentiments exprimés chez Rachmaninov.

De l’interprétation de la Pathétique de Piotr Illitch Tchaïkovski, on retiendra là aussi la belle profondeur des cuivres (décidément !), les phrasés tourbillonnants du deuxième mouvement, aux allures de marche, les respirations très marquées… Et ce grand moment de honte vécu par le critique, qui s’est fendu d’un bravo et d’applaudissements à la fin du deuxième mouvement. Pris par la puissance de l’interprétation de la formation balte, on en avait oublié que la symphonie compte quatre parties…

A la direction, Andris Poga a fait montre tout au long de la soirée d’une impressionnante rigueur, qu’il aurait pu à certains moments abandonner, notamment dans le quatrième mouvement, au profit d’une plus grande souplesse. Mais tout de même, quel magnifique concert !

Crédit photo : AD

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Alexis Duval

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