Chansons
[Live report] Les Damoiselles et leur bonne humeur musicale envahissent la Péniche Antipode

[Live report] Les Damoiselles et leur bonne humeur musicale envahissent la Péniche Antipode

22 avril 2013 | PAR Yaël Hirsch

Accordéon, guitares, et Pascal Rahbé aux claviers et au melodica accompagnaient hier soir Les Damoiselles sur la scène flottante de la Péniche Antipode. Un excellent moment de musique, de textes euphorisants et de bonne humeur !

Les Damoiselles, c’est avant tout deux sœurs : Gaëlle et Camille Hispard. Et un damoiseau aussi multi-instrumentiste que les deux belles brunes : Mathieu Gerhardt. Après avoir gagné le Tremplin Révélations de la musique OMJA en catégorie chanson française, cette pétillante formation où tout un chacun(e) passe de l’accordéon au yukulélé, puis aux percussions, à la guitare et à la basse, avec une fluidité déconcertante, sait mettre en scène des tranches de vie chantées, principalement par les deux sœurs. Et tout s’emballe avec l’attachant « chien errant » aux guitares entraînantes. Une petite transition qui flirte avec le « allo quoi? » de Nabilla et le bateau ivre de musique, puis on passe à un titre plus existentiel mais non dénué d’humour qui fustige notre regard sur une « foutue réalité ».

S’ensuit le portrait d’un couple qui n’ a plus grand chose à se dire mais si « Madame, Monsieur » s’ennuient, n’allez pas croire qu’ils ne s’aiment pas! Une plongée dans le noir de la scène et très beau solo piano d’intro, et nous voici à nouveau plongés dans l’existentiel quotidien d’une vie pas tout à fait fonctionnelle. Heureusement, un « petit monsieur avec des cornes » vient nous souffler quelques notes diaboliques et rigolotes à l’oreille. La péniche Antipode prend des allures de taverne de Faust, avant que le nom de l’inconnu soit mis en exergue dans une chanson d’énumérations un peu surréalistes. On se demande ensuite pourquoi certains manteaux gogoliens nous collent à la peau avant de plonger dans un univers carrément noir de désir avec la survie de « Coûte que Coûte ».

Lumière, le guitariste Manu rejoint les trois damoiseaux et c’est le grand moment de misanthropie avec l’irrésistible « J’ai acheté un terrain sur la lune », de celui qui ne supporte pas qu’on mâche du pop-corn trop fort près de lui au cinéma. Sourire aux lèvres, toute la salle est prête pour suivre l’accordéon et la voix puissante de Gaëlle dans l’autre « Refuge » que les Damoiselles nous proposent : la musique et aussi un peu un toit en Normandie pour éviter la pluie, battue par Camille avec âme et accompagnée par les claviers agiles de Pascal Rahbé. Petite reprise pas du tout téléphonée mais toujours dans l’esprit voyage de « New-York avec toi », avant un final repris en chœur par le public se moquant royalement des difficultés de la vie : « La complexitude de la mouette ». Pas de complexes, facile, pour les Damoiselles : même si elles (ils!) ont déjà joué leur bis, le groupe a toujours du bonheur en stock et livre une reprise tout à fait bouleversante de » J’veux du soleil » de Au petit bonheur.

Énergiques, très grands musiciens, paroliers de talents, les Damoiselles et leur damoiseau annoncent un album à venir. Nous l’attendons avec impatience, certains qu’il fera du bruit sur la scène contemporaine de la chanson Française.

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Visuel : (c) Yaël Hirsch

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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