Chanson
[Live report] Arthur H brûlant de musicalité au Centquatre

[Live report] Arthur H brûlant de musicalité au Centquatre

22 mai 2014 | PAR Camille Hispard

En fusionnant la performance de L’Or Noir à l’album L’Or d’Eros, le chanteur à la voix qui déraille a créé un ovni scénique voguant sur des eaux transgressives et parfumées avec son spectacle Le Rouge et le Noir. Merveilleusement accompagné de son comparse multi-instrumentiste Nicolas Repac, Arthur H investissait pour deux représentations l’une des jolies salles du Centquatre.

500x500-000000-80-0-0Ce voyage musical fondé sur la beauté du flot poétique d’auteurs atypiques commence par une plongée profonde dans les eaux caribéennes. De sa voix surgissant d’outre-tombe, Arthur H incarne les sens de ces poésies singulières. Pour cet Or Noir, il passe d’Aimé Césaire à Edouard Glissant en passant par Dany Laferrière, s’asseyant puis se relevant, bougeant de temps à autre comme un lion en cage.

Nicolas Repac jongle avec les instruments, frappant et caressant délicatement son udu, répandant les résonances lointaines du piano à pouce ou offrant les rythmes frénétiquement africains de sa guitare. La réalité des mots ou le mystère de certains vers sont véritablement portés à bras le corps par Arthur H qui fait naître de ces textes une formidable musicalité sans jamais vouloir en faire des chansons. Ici, le texte est maître-mot.

Arthur H, sensuel et décalé

Un entracte et une bière et nous voici de nouveau prêts à entrer dans un nouvel univers. Un canapé de cuir rouge trône sur la scène, comme dans le décor d’un bordel abandonné. Nicolas Repac enfile la casquette de Dj, ingé-son et guitariste de sofa. On entre dans la partie dédiée à Eros et aux textes sulfureux du XXè siècle. Se jouant de ces mots aux sonorités suaves et excitantes, Arthur H donne une dimension cinématographique à ce grand récital sexuel. Il fait naître les images, parfois brutes souvent délicates et incroyablement puissantes. Comme un peintre qui crée sa palette de couleurs, Nicolas Repac habille ces envolées corporelles et voluptueuses. Musiques électroniques inquiétantes et nappes de grandeurs symphoniques : tout est savamment rythmé comme un orgasme crescendo.

La complicité des deux compères ajoute ce qu’il faut en présence scénique et en seconds degrés. On regrette juste de ne pas suivre de façon régulière l’identité de chaque auteur des œuvres que l’on ne découvre qu’à la fin.

Une formidable proposition poétique et musicale qui électrise la lecture et donne un sens spécial à ces merveilleux textes, fiévreux et vivants.

Visuel : (c) affiche de la soirée

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