Chansons

Les Ogres de Barback poussent la chanson au Cabaret Sauvage

Les Ogres de Barback poussent la chanson au Cabaret Sauvage

20 novembre 2017 | PAR Mathieu Dochtermann

Pour ses 20 ans, le Cabaret Sauvage invite, plusieurs semaines d’affilée, une flopée de très beaux artistes, qui ont fait ses grandes heures. Après la Rue Kétanou, et Tryo, C’est au tour des Ogres de Barback, groupe qui a marqué la fin des années 90 et le début des années 2000 avec sa chanson française un peu rock sous influence tsigane.  Ils livrent un très agréable set, sans pour autant mettre le feu au chapiteau. Pour jeunes parents nostalgiques de leurs festivals de jeunesse?

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Les Ogres de Barback et les 20 ans du Cabaret Sauvage, il y a comme une évidence: quitte à remonter le temps de deux décennies et de convier les grands noms de la scène française alternative, difficile de ne pas penser aux Ogres. Non qu’ils aient arrêter de tourner ou d’enregistrer, d’ailleurs: ils sortent d’une vingtaine de dates dans le courant de 2017 pour la reformation du mythique « Un Air, Deux Familles » avec Les Hurlements d’Léo.

A n’en pas douter, la musique des Ogres est très marquée, avec une signature reconnaissable entre mille, et des racines solidement plantée dans la fin du XXème siècle. Il ne faudrait pas en déduire pour autant que les compositions du groupe sont poussiéreuses: non seulement ils ont continué d’écrire sans relâche (dernier album en 2014, avec Vous m’emmerdez!), mais l’énergie avec laquelle les quatre frères et soeurs jouent en concert est restée très communicative.  Le public du Cabaret est d’ailleurs gratifié d’une nouvelle composition pêchue, La nombrilite aigue. Chose rare, et qui leur est particulière, leurs trois albums (ils en annoncent un quatrième) Pitt’Ocha, écrits pour un public jeunesse, mènent les Ogres à entonner trois chansons pour enfants au milieu du concert, dont le très réjouissant P’tit chat, que toute la salle reprend en coeur. Un petit plaisir régressif, mais également la marque d’un spectacle inclusif et familial, où quelques minots enthousiastes sont venus se trémousser avec leurs parents.

Côté interprétation, rien à redire: le quatuor a de la bouteille, et cela se sent. Il est toujours aussi plaisant de voir ces quatre multi-instrumentistes passer de la guitare à la trompette puis au piano au milieu du même morceau. Une aternance de chansons vives et emportées, et de chansons plus graves, transporte doucement le public, qui marque une légère préférence pour les secondes: Au café du canal et Femme du guerrier notamment remportent un vif succès, même si la salle peut aussi s’enflammer quand les Ogres reprennent un solo de guitare de Noir Désir. La fin du set est beaucoup plus mitigée, les chansons plaisent manifestement moins et le public, immobile et silencieux, attend un sursaut d’énergie qui arrive à peine.

De ce concert, on retiendra surtout l’ambiance sympathique, chaleureuse, où chacun(e) peut trouver sa place et son plaisir. On n’en ressort pas en ayant le sentiment d’avoir pris une claque, mais avec le sourire, oui, et la sensation d’avoir participer, le temps d’un concert, à une réunion de famille ou de vieux copains. L’effet Ogres de Barback.

Les prochaines dates des Ogres sont à Cluses [74] et à Metz [57].

Quant au Cabaret Sauvage, il continue de fêter ses 20 ans, notamment avec un concert des Karpatt ce samedi, et un concert de Barbès Café à suivre en décembre.

 

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Mathieu Dochtermann
Passionné de spectacle vivant, sous toutes ses formes, des théâtres de marionnettes en particulier, du cirque et des arts de la rue également, et du théâtre de comédiens encore, malgré tout. Pratique le clown, un peu, le conte, encore plus, le théâtre, toujours, le rire, souvent. Critère central d'un bon spectacle: celui qui émeut, qui touche la chose sensible au fond de la poitrine. Le reste, c'est du bavardage. Facebook: https://www.facebook.com/matdochtermann

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