Musique
Bob Dylan « Rough and Rowdy Ways » : son 39eme album a l’ivresse des très hauts sommets !

Bob Dylan « Rough and Rowdy Ways » : son 39eme album a l’ivresse des très hauts sommets !

22 juillet 2020 | PAR Jean-Christophe Mary

 

Dans ce nouvel album , premier disque de chansons originales depuis 8 ans, les textes littéraires abordent les questions sociales et cristallisent le mal de vivre du siècle nouveau. Un pur joyau !

Un vrai album original

Après avoir sorti ces dernières années des albums de reprises de jazz et de chansons traditionnelles , Bob Dylan revient à ce qu’il sait faire de mieux : écrire et composer des titres originaux. Et ici on ‘est pas déçu car ce nouveau millésime s’avère de très haute volée. Entouré de ses musiciens habituels parmi lesquels Charlie Sexton (guitare), Tony Garnier (basse) avec en renfort Blake Mills (guitare), Matt Chamberlin (batterie) Benmont Tench (piano) et Fiona Apple (piano), les 9 titres de la première galette sont de très grande qualité.

Un certaine vision du walk of fame

« Contain Multitudes » ressemble à une méditation sur la vie, une sorte de poème peuplé de personnages historiques où Dylan fait se croiser Anne Frank, Indiana Jones, William Blake, les Rolling Stones mais aussi Beethoven et Chopin. « False Prophet », est un  blues rock rugueux à souhait qui devrait faire des étincelles en live. Ce titre évoque les crises que nous traversons depuis des décennies, comme la récente crise sanitaire bien sur, mais aussi la crise raciale et par effet ricochet cette crise sociétale dans laquelle le prophète Dylan est un peu le phare qui semble nous éclairer au plus fort de la  tempête. « Goodbye Jimmy Reed » est un hommage au bluesman du delta du Mississippi avec ce style house-rock très particulier ou Bob Dylan passe en revue religion, péché et rédemption sur fond de romance et de sexe mélangé. « Crossing the Rubicon » est une sorte de roadhouse blues revisité aux mots particulièrement fiévreux et habités, un blues chaloupé qui semble sorti tout droit des honky tonk. « Black Rider » évoque la mort qui rode avec cette mise en garde : « … Ne me serre pas dans tes bras, n’essaye pas de me séduire, je vais prendre une épée et te couper le bras… ». « Mother of Muses » fait lui référence à l’histoire des États-Unis avec là encore cette succession de personnages historiques où l’on croise les généraux Sherman, Montgomery, Scott ou plus récemment Patton.

Monument

Mais la cerise sur le gâteau c’est bien sûr «Murder Most Foul», un texte lyrique, construit comme un labyrinthe tentaculaire de 16 minutes et 56 secondes, une chanson sur l’assassinat de JFK. Rien que pour ce morceau, « Rough and Rowdy Ways »est essentiel, on en ressort sonné. C’est un pur chef d’œuvre tout en  justesse et en émotion. Et oui, Bob n’a pas usurpé son prix Nobel de littérature en 2016. Dylan est un auteur unique, un extraordinaire raconteur d’histoires et sa voix devenue plus rauque, rugueuse avec les années, lui permet à 79 ans, d’aborder le blues et les blessures de l’homme avec intensité, lyrisme et une justesse rare. « Rough and Rowdy Ways  » s’apparente à des albums importants comme le furent en leur temps « Love and Theft » ou « Slow Train Coming » et dresse le portrait d’un Dieu à son crépuscule. Car à près de 80 ans, la plume et la guitare de Bob Dylan sont restés intacts. Et c’est tout simplement magique.

 

 

 

Visuel : ©Pochette

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