Musique

Arthur H et Nicolas Repac, chercheurs d’Or noir

Arthur H et Nicolas Repac, chercheurs d’Or noir

19 avril 2012 | PAR Amelie Blaustein Niddam

La maison de disque Naïve possède une jolie collection, Poética Musika, dont le fil est de présenter des grands textes du XXe siècle colorés par une orchestration originale. Arthur H et Nicolas Repac se sont emparés des textes de la négritude, offrant « L’or noir », un album bijou qui s’écoute comme on traverse un pays proche.

Accompagné de Nicolas Repac, à la guitare et balafon, Arthur H lit des textes de Aimé Césaire, Edouard Glissant, René Depestre, Georges Desportes, Gilbert Gratiant, Dany Laferrière, Amos Tutuola, James Noël et Daniel Maximin.

« Nous avons ensuite organisé ce petit voyage selon l’antique rythme du Nô japonais, le Jo Ha Kyu » dit Arthur H. Le disque commence par  » Corps perdu » d’Aimé Cesaire, perçu ici comme une prise de contact avec les sens dans une orchestration qui nous rappelle le geste d’un serpent ondulant au sol. On avance ensuite, dans des choses proches du quotidien : « le métier à métisser » de René Depestre. Bien sûr, il ne faut pas se laisser attraper par les titres, jamais, le texte n’est totalement léger. Nous entrons ensuite dans un orage pour « A la crinière du cyclone », nous en sortons dans la légèreté relative du Cahier d’un retour au pays natal. Le mot  » terre » dans le timbre d’Arthur H en appelle aux images d’esclavage et de sorcellerie :  » moi aussi, j’ai assassiné Dieu » (Aimé Cesaire). La sorcellerie, le disque nous y plonge doucement, d’abord La foire aux morts de Gilbert Gratiant où « cela sent la chapelle ardente, les psaumes et la cire brulée » puis clairement avec « lettre au sorcier »

Le voyage arrive à destination, à Marie-Galante, d’Edouart Glissant, qui nous amène sur des jolies images d’une île où les souvenirs d’une balade en moto prennent  l’allure d’une traversée où la lenteur comme grâce est un art.

L’or noir nous ensorcelle de mots à la poésie sublime. La voix d’Arthur H alliée à la musique virtuose de Nicolas Repac réussissent à transmettre la musicalité d’une civilisation et d’une identité multiples. Il incarne et transmet naturellement la négritude du Sénégal à Haïti.

Visuel (c) : Juan Manuel Castro Prieto/Vu

 

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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