Musique

10 vidéos et chansons horrifiques pour Halloween

30 octobre 2010 | PAR Mikaël Faujour

À l’occasion de Halloween, nous avons décidé de vous proposer une série de clips et chansons tournant autour de thèmes horrifiques, cauchemardesques ou estranges. Une sélection évidemment loin d’être exhaustive, qui va du plus grand-guignolesque au plus flippant.

Rob Zombie – « The Lords of Salem » (2006)

Ex-leader de White Zombie, lancé dans une carrière solo à la fin des années 90 et, parallèlement, dans une carrière de réalisateur de cinéma d’horreur (La Maison des mille morts, le remake de Halloween…) dans les années 2000 tout aussi couronnée de succès, a toujours évolué dans un univers horrifique. Cinéphile et grand amateur de série B et de films d’horreur, Rob Zombie figure très logiquement dans cette sélection d’Halloween, avec « The Lords of Salem », issue de son 3e album solo, Educated Horses (2006).

Aphex Twin – « Come to Daddy » (1997)

Explorateur de l’electro depuis les années 90 et parmi l’un des plus influents musiciens de toute l’histoire du genre, Richard D. James, dit Aphex Twin, est capable de passer avec une même aisance d’un morceau ambient à la douceur carressante, à un morceau effroyable et cauchemardesque, tel que ce « Come to Daddy ». Ce clip, aussi éprouvant que la musique qu’il illustre, est le fruit de la collaboration avec le vidéaste Chris Cunningham.

[À voir aussi : le très étrange et malsain – ou bien comique : c’est selon le sens de l’humour de chacun – « Rubber Johnny », issu de la collaboration de ces deux mêmes cerveaux aussi brillants que dérangés.]



Throbbing Gristle – « Slug Bait » (1977)

Groupe séminal, inventeur de la musique industrielle à la fin des années 70 et ex-tenants d’un body art extrême, Throbbing Gristle est l’un des groupes les plus déterminants de tout un pan obscur de la musique, incluant le noise aussi bien le dark ambient. Groupe arty et « intello », TG poussait l’idée punk jusqu’à ses conclusions les plus extrêmes (refus de l’industrie musicale, autoproduction ; refus des canons musicaux, de la structure, de la mélodie ; interaction – parfois virulente – avec le public dans les performances improvisées) – et fut en ceci infiniment plus révolutionnaire que les Sex Pistols. Plus révolutionnaire et plus menaçant, plus inquiétant – plus fascinant aussi par ses morceaux étranges, bruitistes, foncièrement déroutants par leur expérimentalisme et leur froideur, ainsi que par les sujets développés : tueurs en série, aliénation, totalitarisme… Issu de leur premier album (The Second Annual Report of Throbbing Gristle), « Slug Bait » est glaçant. Narrant un meurtre d’une sauvagerie épouvantable du point de vue du criminel sur fond d’une ambiance insane à souhait, ce morceau est tout bonnement un chef d’œuvre, quelque chose comme la bande son d’un film à imaginer.

Marilyn Manson – « The Beautiful People » (1996)

Avant de devenir une auto-caricature dans les années 2000 avec des albums guère convaincants, Marilyn Manson a été dans les années 90 l’un des musiciens les plus controversés aux Etats-Unis – et à juste raison. Vivante et musicale piñata remplie des obsessions et refoulements d’un pan conservateur des Etats-Unis (sexe, drogues, religion, tueurs en série…), Marilyn Manson fut une sorte d’Antichrist pour les fanatiques religieux du pays de l’Oncle Sam. Auteur de deux grands classiques (Antichrist Superstar en 1996 et Holy Wood en 2000) du metal (industriel ou pas), ainsi que de quelques reprises de choix (« Sweet Dreams », bien sûr, mais aussi « I Put a Spell On You », par exemple), Manson se distingue aussi par une vidéographie d’une grande richesse visuelle. Le choix de « The Beautiful People » est, certes, un peu arbitraire, mais le morceau avec ses claviers fantomatiques et sa rythmique martiale est tout bonnement un classique évident, tiré du meilleur album du groupe, Antichrist Superstar.

Cradle of Filth – « Her Ghost in the Fog » (2000)

Détesté par les puristes pour avoir « vendu » le black metal, adulé par d’autres (Cradle of Filth est l’un des groupes de metal extrême les plus populaires), la bande à Dani Filth développe une musique grandiloquente qui doit autant au rock gothique des Sisters of Mercy (dont ils ont d’ailleurs repris « No Time to Cry ») qu’au black metal symphonique de Emperor. En une grosse quinzaine d’années de carrière, les Anglais ont produit une discographie qui mérite davantage d’applaudissements que d’opprobre, avec des textes puisant dans un imaginaire littéraire nourri e et des compositions variées & ambitieuses, et une voix unique alternant hurlements perçants, parlé guttural et grondements. Côté clip, on n’échappe pas au ridicule qu’inspirent toujours le cheap et un certain kitsch qui est celui des codes gothiques.

[Dans une version long métrage, signalons le nanardesque film d’horreur Cradle of Fear, très dispensable, dans lequel Dani Filth joue la guest star en Satan gothique, que l’on doit au réalisateur du clip ci-dessous, Alex Chandon.]

Slipknot – « Dead Memories » (2008)

Les deux derniers clips du ’Knot, « Dead Memories » et le récent « Snuff » (toutes deux coréalisées par le percussionniste Shawn « Clown » Crahan en personne) ont révélé une créativité dans le champ du vidéo-clip que n’avait pas encore exploité le groupe de Des Moines. Avec « Dead Memories », les neufs masqués sont mis en scène dans un clip à l’atmosphère de cauchemar esthétiquement très réussi.

Screaming Lord Sutch – « Jack the Ripper » (1964)

Si l’on connaît surtout la reprise qu’en a faite The Horrors (sur son premier album, Strange House, 2007), « Jack the Ripper » est en fait initialement un titre de Screaming Lord Sutch. Un nom qui signale l’hommage au théâtral bluesman Screamin’ Jay Hawkins, préfigurateur du shock-rock d’Alice Cooper, qui pouvait par exemple sortir d’un cercueil sur scène…

Mushroomhead – « Solitaire Unraveling » (2001)

Considéré à tort comme plagiaire de Slipknot, ce groupe de 8 membres issu de l’Ohio évolue pourtant dans un registre metal industriel assez distant de celui des 9 gars de l’Iowa. Certains membres ont le visage peint, leur donnant une tête estrange et menaçante, d’autres sont masqués. La musique est froide, étouffante, physique et l’univers visuel du clip de « Solitaire Unraveling » autant que la chanson elle-même constituent de bons motifs pour se pencher d’urgence sur ce groupe méritant et parfois tout à fait excitant.

GWAR – « School’s Out » (2006)

Nous aurions aussi bien pu choisir leurs équivalents finlandais de Lordi (dont nous vous parlions récemment), surprenants lauréats de l’Eurovision 2006. Mais nous ajoutons à notre sélection les infâmes monstres de l’espace de GWAR, groupe américain tenant d’un metal soutenant surtout un délire visuel exubérant, gore et drôle. En matière de mauvais goût, voilà un groupe qui ne recule devant rien : écorchage vif de Marilyn Manson, cuvette de toilette mangeuse d’humains, introduction du groupe par un personnage qui à deux facettes : Jésus Hitler et l’on en passe. Nous avons choisi la reprise qu’a faite le groupe du « School’s Out » du grand maître du grand guignol hard rock : Alice Cooper.

Sunn O))) – Extrait de concert (2006)

Disons-le tout de go : Sunn O))) est une expérience live hors du commun. Agité de l’intérieur par l’effet des infrabasses ultrapuissantes, engourdi par des bourdonnements/larsens/grésillements prolongés d’une lourdeur pachydermique, on éprouve d’abord physiquement le son, qui est une conception metal de ce qu’est l’ambient. Sur scène, dans une lenteur infinie, les musiciens noyés dans un brouillard artificiel abondant ont des airs de spectres humanoïdes, dans leurs robes de bure monacales. Lors de la dernière tournée (dont nous avions chroniqué la performance lilloise), le vocaliste Attila Csihar (ex-Mayhem) déployait ses longs récits apocalyptiques avec une voix venue de l’Hadès. Clairement, il ne s’agit pas d’un groupe accessible (encore que sa collaboration avec les Japonais de Boris, intitulée Altar, l’est davantage). Mais ceux qui auront plongé dans leur fascinante discographie ne seront pas déçus : ce groupe est l’une des plus authentiques merveilles de la musique expérimentale de ces 10 dernières années.


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Mikaël Faujour

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