Cinema
« Walden », itinéraire attachant et maîtrisé dans le passé lituanien

« Walden », itinéraire attachant et maîtrisé dans le passé lituanien

07 septembre 2022 | PAR Geoffrey Nabavian

Un film de la sélection ACID Cannes 2020 à la réalisation solide, dans lequel le temps passe sous une lumière crue, dans une atmosphère suspendue.

Originaire de Lituanie, Jana a vécu sa vie d’adulte en France. De retour à Vilnius, elle plonge dans ses souvenirs, et dans un univers sans aucun rapport avec ce qu’elle a connu après la fin de son adolescence. Elle se remémore ses années de jeune fille, dans un pays qui n’avait pas connu encore la fin de l’U.R.S.S. . La réalisation de Bojena Horackova, aux commandes de cette fiction, cadre ce passé à une parfaite hauteur, sensible et sans effets superflus.

Dans Walden, la lumière qui nimbe les images accroche l’attention. Elle les éclaire de manière assez crue, et aide à rendre ce tableau de la Lituanie au tout début des années 90 réaliste mais aussi attachant. Les protagonistes qu’on est appelé à suivre vivent leur jeunesse dans la grisaille. Cependant, cette dernière reste parfaitement bien captée. La réalisatrice ne vise en effet ni au misérabilisme, ni au démonstratif : elle préfère laisser ce cadre être évocateur. Il apparaît donc calme. Mais de temps à autres sourd aussi de lui une inquiétude un peu imprécise, comme si des « surveillants » guettaient ces jeunes au coin de certaines rues.

Au final, ce long-métrage apparaît comme une chronique, dotée de son rythme propre. L’interprétation des actrices et acteurs – la jeune Ina Marija Bartaité en tête, avec ses yeux clairs et nimbés de calme – se montre totalement au diapason des partis-pris utilisés par la réalisatrice pour mettre en scène son récit. Tous les jeunes, à l’écran, transmettent très bien l’état de flottement dû à leur âge, par leurs attitudes. Eux aussi n’en font jamais trop. Leurs regards posés suffisent à faire deviner les rêves qui les habitent. Et de leurs rapports entre eux surgissent tout le contexte historique et l’arrière-plan de cette histoire. On aime les suivre, et traîner avec eux dans ce passé quelque peu à part.

Retenu dans la sélection ACID Cannes 2020, Walden est dans les salles de cinéma françaises depuis le 7 septembre.

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Visuels : © La Traverse

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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