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Sylvain Prudhomme : Par les routes, Prix Fémina 2019

Sylvain Prudhomme : Par les routes, Prix Fémina 2019

02 décembre 2019 | PAR Jean-Marie Chamouard

Sylvain Prudhomme est un écrivain français auteur de romans et de reportages en particulier sur l’Afrique contemporaine. Il est lauréat du prix Médicis 2019 et du prix Landernau des lecteurs pour son roman « Par les routes » qui est une invitation au voyage mais aussi une histoire d’amitié et d’amour.

« Le monde se divise en deux catégories : ceux qui partent et ceux qui restent ». Sacha, écrivain quadragénaire, célibataire, en manque de projets, s’installe dans une petite ville de Provence V. Il y recherche le calme et une ambiance favorable à son travail d’écriture. Par hasard il retrouve « L’autostoppeur », son ami de jeunesse et son compagnon de voyage. Il fait la connaissance de sa femme Marie et de son fils Agustin. L’autostoppeur n’a pas renoncé au voyage. Il parcourt régulièrement la France en Stop. Malgré l’amour de sa famille, il doit partir pour ne pas étouffer, attiré par les rencontres, l’imprévu, l’ambiance des aires d’autoroute, les paysages qui défilent en voiture. Il aime l’hospitalité des automobilistes. L’autostoppeur est à la fois absent et omniprésent. Mais ses absences se multipliant, Sacha se rapproche de Marie et d’Agustin. L’autostoppeur parcourt ensuite les petites routes secondaires et les villages de France, envoyant cartes postales et polaroids. Marie ne supportant plus son absence le rejoint brièvement sur l’autoroute à Dunkerque. Mais l’autostoppeur s’éloigne alors que Marie prend une place croissante dans la vie de Sacha.

Sylvain Prudhomme a écrit un roman sur l’invitation au voyage, sur le refus de la monotonie de la vie quotidienne. Le style est dynamique, rythmé. Les descriptions sont très belles : celles des paysages français vus depuis la vitre d’une voiture sur l’autoroute, celles de la campagne flamande, noire l’hiver ou du cimetière de la colline d’Eparges la nuit. Les détails de la vie quotidienne donnent de l’authenticité au récit. Il existe un contraste entre la vie tranquille calme à V.et l’errance de l’autostoppeur. Il aime l’autoroute, qui permet d’avaler l’espace et le temps. Mais il y a aussi dans son errance quelque chose d’angoissant, de compulsif, d’incompréhensible. Les relations entre Sacha et Marie sont subtiles, pleines de douceur. Entre Marie et l’autostoppeur elles sont ambivalentes, faites d’amour, de manque et de colère. Roman d’amour, « Par les routes » est aussi un récit sur l’amitié. L’amitié entre Sacha et l’autostoppeur, difficile mais indéfectible, culmine lors de leur voyage ensembles à Orion un village des Pyrénées.

Sylvain Prudhomme a écrit un roman subtil, tout en finesse psychologique, en contrastes et en demi-teintes: contrastes entre douceur et âpreté, amour et abandon, fuite en avant et frustrations devant des rencontres trop éphémères. Sylvain Prudhomme termine son livre par une évocation de la chanson de Léonard Cohen « Je suis heureux que tu te sois trouvé sur ma route ».Oui, l’amour du voyage et l’amitié demeurent malgré tout.

Sylvain Prudhomme, Par les routes, L’arbalète Gallimard, 296 pages, 19 euros, sortie en Novembre 2019.
visuel : couverture du livre

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Jean-Marie Chamouard

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