Musique
Salle Pleyel : Indestructible Sanson  !

Salle Pleyel : Indestructible Sanson  !

31 décembre 2019 | PAR Jean-Christophe Mary

Alors que le label Warner Music vient de publier une nouvelle Anthologie (Coffret 18cd), lundi 30 Décembre, Véronique Sanson investissait la scène de la salle Pleyel pour son avant dernier show parisien de l’année. Inutile de vous dire que la salle était pleine à craquer et que les fans attendaient avec impatience leur idole, quelques mois après ses Palais des Sports complets en avril dernier.

Assister au concert d’une artiste qui fête quarante cinq ans de carrière est toujours très excitant mais avant que le moment tant attendu soit dévoilé, il faut patienter. Véronique a demandé à son fils Christopher Stills d’ouvrir le show. Et il faut avouer que le fils de Stephan Stills que l’on a le plaisir de voir régulièrement sur scène lors des premières parties de Sanson a plutôt bien géré. Entre pop rock indie à la Jeff Buckley et rock blues fracassant à la Buffalo Springfield, l’auteur compositeur américain a déballé plusieurs morceaux efficaces doublés de belles parties de guitares qui n’ont fait que monter d’un cran l’excitation de du public.

Et ce n’est pas la demi-heure d’entracte qui refroidit le public…

Un peu avant 21h00, les lumières se sont alors éteintes et le spectacle a enfin pu commencer grâce tout d’abord à l’incroyable univers visuel des miroirs géants et un light show éblouissant. Magique dès le premier titre, « Dignes, dingues, donc… » qu’elle entame sur une entrée à l’américaine du fond de scène, Véronique Sanson réussit une fois encore à nous transporter grâce à son incroyable voix et sa présence animale. La chanteuse et ses musiciens dirigés par Dominique Bertram récoltent les faveurs du public sur les quelques 22 titres joués ce soir : Dignes, dingues, donc…aux arrangements Lalo Shiffrin 70’s, « Radio Vipère » chanson funk rock groovy qu’elle joue rarement sur scène, suivi de « Besoin de personne ». Derrière son piano, elle évoque la disparition de son trompettiste favori Steve Madaio avant d’ entamer un vibrant « Monsieur Dupont ». Derrière son piano elle nous livre un beau moment d’intimité. Le public écoute religieusement « Marie » dans une version piano-violon particulièrement habitée suivi de « Ces moments-là. Dans «Vols d’horizons » version orientale doté d’une superbe musicalité avec les violons cordes et le groupe qui joue serré compact, elle rend hommage à Simone Weil pour finir sur deux belles interprétations de « Ainsi s’en va la vie » et « Je me suis tellement manquée ».

Puis c’est le retour aux chansons plus légères « La loi des poules », « Chanson sur ma drôle de vie », « Amoureuse », « Vancouver », « Rien que de l’eau » pour finir en apothéose sur un « Et s’il était une fois » d’anthologie. La voix n’a pas pris une ride, le son puissant et racé, est lui impeccable. Pantalon moulé, bottines et boléro noirs, elle nous envoie ses chansons comme des caresses ou des brûlots. Immédiatement le public, les bras levés, semble comme soulevé, porté par une vague d’euphorie collective. Dans un ronflement de guitares gonflées rock signées Basile Leroux, doublé d’une batterie à l’assise solide (Jean-Baptiste Cortot) et d’une section de cuivre particulièrement musclée, Véronique Sanson distille l’essentiel de ses grandes chansons, parmi lesquelles de moins connues. Au premier rappel, le public a droit à un « Bernard Song’s’ aux sonorités très blues rock. Visiblement émue et heureuse, elle n’a décidément pas envie de quitter la scène. En guise de second rappel, seule au piano, elle nous offre les incontournables, « Mortelles pensées »,« Mon dieu », « Ma Révérence » et « Bahia ». Des titres qui réussissent, à certains moments, à nous rendre nostalgiques, tristes ou euphoriques. Malgré une année bien remplie passée sur la route, Véronique Sanson vit toujours à fond ses morceaux. Fatiguée, amaigrie par la maladie qu’elle a vaincu l’an passé, elle est peut-être un peu moins agitée sur scène qu’il y a quelques années mais réserve toujours quelques poses dont elle seule a le secret. Après un peu plus de deux heures d’un show sans faute, les fans sont conquis.

visuels : (c) JC Mary

A noter : La sortie de l’Anthologie Warner 18 CD

Ce coffret regroupe la quasi-totalité des albums studio de Véronique Sanson dans leurs pochettes originales cartonnées Amoureuse (1972), De l’autre côté de mon rêve (1972), Le Maudit (1974), Vancouver (1976), Hollywood (1977), 7ème (1979), Laisse-la vivre (1981), Véronique Sanson (1985), Moi le venin (1988), Sans regrets (1992), Indestructible (1998), D’un papillon à une étoile (1999), Longue Distance (2004), Plusieurs Lunes (2010), Dignes, dingues, donc… (2016). Il comprend aussi un livret de 180 pages (réunissant les livrets des albums) et 3 CD bonus proposant des maquettes, démos, faces B, versions single et étrangères, des duos et remixes.

 

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