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L’entourage de Van Gogh aux Pays-Bas

L’entourage de Van Gogh aux Pays-Bas

31 décembre 2019 | PAR Sabina Rotbart

 

Remettant en cause le cliché de l’artiste solitaire et rejeté par son cercle familial, l’exposition du Noorbrabants Museum aux Pays-Bas, montre jusqu’au 12 janvier les liens étroits qu’il entretint avec sa famille et le milieu artistique hollandais.

La vie de Van Gogh ne se résume pas à la Provence et à l’auberge Ravoux d’Auvers-sur-Oise. Le mythe a souvent gauchi la réalité de ses premières années et passé sous silence ses liens familiaux et sa formation artistique à la Haye. L’exposition qui se tient à Bois-le-Duc (den Bosch en néerlandais, la ville dont Jérome Bosch est d’ailleurs originaire) jusqu’au 12 janvier, dresse un tableau plus nuancé.

Organisée par le spécialiste de Van Gogh, Schaar van Heugten, elle développe un propos jamais traité auparavant dans les nombreuses expositions consacrées à l’artiste. Elle séduit par la grande clarté du propos, une scénographie élégante, ce qui n’était pas évident vu sa richesse.

Sont en effet réunis ici de très nombreux tableaux et documents provenant de musées étrangers (Art institute de Chicago, Galerie nationale d’art moderne de Rome, Musée Kröller-Muller), de collections privées, du musée Van Gogh d’Amsterdam et bien sûr de documents locaux méconnus restés au Nord Brabant, la région d’origine de l’artiste.

Un entourage vraiment présent

Si l’artiste entretint des relations orageuses avec son père, un pasteur très soucieux du qu’en dira-t-on, des tableaux très précoces montrent Vincent proche de sa mère, une image plutôt inattendue. Soucieux notamment de peindre pour elle la petite chapelle de Nuenen (cela vaut le coup de pousser jusque là) où elle ne pouvait se rendre après une mauvaise chute.

On découvre d’ailleurs que c’est sans doute elle qui lui apprit le dessin et que sa famille l’a davantage soutenu dans son désir de devenir artiste qu’on ne pourrait le croire de prime abord.

C’est dans cette campagne qu’il choisit ses modèles, tisserands ou ramasseurs de pomme de terre dont il fera des esquisses célèbres. Il paye ses modèles qu’il va voir aux champs mais bien sûr cet original très peu soucieux des convenances est fort mal vu par la bourgeoisie locale. S’il a eu très jeune des velléités de devenir pasteur, au Borinage, car il était très attaché aux problèmes sociaux, cela a fait long feu.

C’est par l’entremise de son oncle qu’il devient employé du célèbre marchand parisien Goupil & Cie à La Haye et c’est Anton Mauve, cousin éloigné de sa mère qui poursuivra sa formation en dessin.

Un milieu artistique vivant

Moment particulièrement intéressant de l’exposition, les dix ans où il se forme soutenu par le milieu artistique néerlandais, Mauve, Breitner, Van der Weele et surtout Van Rappard. Un artiste avec lequel il se fâchera quand ce dernier  critiquera la lithographie des mangeurs de pomme de terre. Une œuvre qu’il envoie à Théo en cadeau.  Théo  craindra d’ailleurs que cette œuvre devenue depuis célebrissime ne soit trop sombre pour trouver acquéreur. L’exposition montre aussi qu’il eut des élèves comme Van de Welden et fait découvrir leurs œuvres.

Un dernier tableau clôt l’exposition, le portrait de Jo, la femme de Théo, ce frère particulièrement proche et aimant, disparu immédiatement après l’artiste. Tout le monde s’accorde à dire que c’est grâce à la persévérance de Johanna que l’œuvre de Van Gogh est aujourd’hui connue.

                          Informations pratiques

Van Gogh’s inner circle. Noordbrabants museum (musée du nord Brabant). Jusqu’au 12 janvier. www.noorbrabantsmuseum.nl et www.holland.com

Y aller :  Den Bosch est à seulement 320 kilomètres de Paris. Facilement accessible en Thalys, avec un changement à Rotterdam, Den Bosch est une ville très gaie et ravissante. L’été on peut suivre la route Van Gogh au travers du Brabant www.visitbrabant.com et www.RouteVanGoghEurope.eu

Se délecter : Au propre comme au figuré avec le très beau catalogue édité pour l’exposition « Vincent was here » vendu au musée et à Nuenen. Mais aussi dans un restaurant 2*,  dément et d’un prix accessible, où un chef originaire du Surinam concocte une cuisine aussi originale que la peinture de l’artiste. www.Restaurant-delindehof.com

©portrait de Théo. 1887. Van Gogh Museum Amsterdam

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Sabina Rotbart
journaliste en tourisme culturel, gastronomie et oenotourisme. [email protected]

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