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Le concert extraordinaire présente Rock Legends : Tribute to Dire Straits & Supertramp

Le concert extraordinaire présente Rock Legends : Tribute to Dire Straits & Supertramp

08 septembre 2021 | PAR Geraldine Elbaz

Le 7 septembre 2021, la salle Pleyel recevait Rock Legends avec deux tribute bands en hommage à Supertramp et Dire Straits : Logicaltramp et Money for nothing nous ont transportés dans les années 70 et 80 et fait revivre les plus grands hits britanniques de l’époque. Comme si on y était ? Non, on y était. Vraiment. Attention : soirée d’anthologie.

Une soirée, deux concerts d’exception.

Cela faisait un an et demi que Richard Walter Production attendait ce moment. Permettre aux musiciens de monter sur scène devant une salle comble. Souffler dans un harmonica ou dans un saxo. Etre au clavier, faire sonner la batterie. Faire vibrer les cordes des basses et des guitares électriques. Chanter, à une ou plusieurs voix. Balancer du son et projeter des faisceaux lumineux multicolores. Créer une ambiance électrique. Partager des émotions fortes avec le public. Vivre une expérience unique avec les tubes d’hier et les mélomanes d’aujourd’hui.

Le 17 mars 2020 devait être le début d’une grande tournée pour Rock Legends 3. Mais tout va s’arrêter avant même d’avoir commencé. 600 dates annulées ou reportées. Les salles vidées, le public confiné. On connait la suite.

Il faudra donc attendre le 7 septembre 2021 pour voir enfin les groupes légendaires se reformer sous nos yeux ébahis. Supertramp et Dire Straits. Ou « super clochard » et « situation désespérée » en français. Rags to riches plutôt. Car si les noms des deux groupes évoquent la misère, ils deviendront rapidement mythiques et engendreront des millions d’albums vendus dans le monde.

Deux tribute bands en hommage à Supertramp et Dire Straits : une reconstitution hallucinante

Leurs membres sacrés deviendront les rockeurs les plus hype de tous les temps : Rick Davies, Roger Hodgson, John Helliwell, Douglas Thomson, Bob Sieberg pour Supertramp ou encore les frères Mark et David Knopfler, John Illsley, Pick Withers et plus tard Alan Clark et Guy Fletcher pour Dire Straits.

La reconstitution des deux groupes sur scène est stupéfiante. Logicaltramp en première partie de soirée et Money for Nothing après l’entracte. Deux groupes au talent fulgurant et tellement proches des rockers de l’époque. La scénographie, la musique, les costumes, les coupes de cheveux, tout, jusqu’au timbre de voix des chanteurs, nous ferait presque oublier que ce ne sont pas les originaux que nous sommes en train d’applaudir. Pour un peu, on se croirait vraiment dans les années 80. Adieu IPhone, réseaux sociaux, crise sanitaire… Nous voici replongés dans le monde d’avant, un monde perçu à travers un nuage de fumée de cigarettes, où l’avènement du CD est une mini révolution et où le rock fait office de religion.

Les titres cultes qui ont fait danser la planète s’enchainent. Goodbye Stranger, Dreamer, Breakfast in America avec Supertramp. Sultans of Swings, Walk of life, Telegraph Road de Dire Straits.

Chaque morceaux a une histoire et fait écho à un souvenir, un moment particulier de notre vie. Dès les premiers accords de guitare ou au son des premières notes de synthé, on est dedans. Complètement. Tel Modiano sur les traces de son passé, on revit des émotions enfouies, on reconnaît les riffs hypnotiques, on ressent la rythmique de l’intérieur. On assiste véritablement à une résurgence musicale inouïe et les paroles de certaines chansons nous reviennent :

Goodbye stranger it’s been nice / Hope you find your paradise / Tried to see your point of view / Hope your dreams will all come true

La musique est intemporelle, universelle et nous plonge dans un absolu polysensoriel. On écoute avec bonheur le son de l’harmonica sur les titres School ou Take the long way home. Le solo saxo de Bloody Well Right nous fait vibrer totalement. Rudy nous plonge dans un ailleurs plus contemplatif, presque nostalgique.

Et puis ces tubes interplanétaires qui nous mettent instantanément en orbite, comme The logical song, titre favori de Paul MacCartney à sa sortie en 1979, que nous réécoutons après le concert car on en veut toujours plus.

Le final est explosif avec Money for Nothing de Dire Straits : l’intro est planante, installe un climat particulier, le synthé monte crescendo, soutenu par la batterie qui progresse et prend de plus en plus de place. Comme au démarrage d’un feu d’artifices, on entend des déflagrations sporadiques au départ puis précipitées, pour accueillir à 1’37 min du morceau les premières cordes rutilantes. Alors, on observe une cassure dans le rythme, la batterie s’arrête net, les guitares sont lancées, dessinent un motif répétitif, lancinant. Et ça repart de plus belle avec la batterie, suivie par le chant. Les lumières nimbent la salle d’une aura joyeuse et festive. Les spots s’allument et s’éteignent en rythme. La tension est palpable. Inutile de lutter, ça fait près de 40 ans que ça dure et ce n’est pas prêt de s’arrêter…

A la fin du concert, nous ne sommes plus à la Salle Pleyel mais bien au Stade de France après un but de l’équipe nationale : tout le public est debout et s’exprime avec emphase. L’ambiance est incroyable, la liesse générale pratiquement indescriptible. Réussir à créer un tel engouement est un exploit.

Sur l’affiche, on nous parle de concert extraordinaire, on était prévenu.

Visuel : affiche

Le concert extraordinaire présente Rock Legends

Tribute to Dire Straits & Supertramp

Salle Pleyel

Le 7 septembre 2021

Tournée en France en septembre au Mans, Bordeaux, Pau, Nantes, Rennes, Lille et Saint Omer.

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Geraldine Elbaz
Passionnée de théâtre, de musique et de littérature, cinéphile aussi, Géraldine Elbaz est curieuse, enthousiaste et parfois… critique.

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