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Le corps célébré. « Rodin, 300 dessins »

Le corps célébré. « Rodin, 300 dessins »

18 novembre 2011 | PAR Elodie Rustant

On connaissait Rodin sculpteur avec ses corps à la fois vigoureux et sensuels. Mais connaissiez-vous Rodin dessinateur ? C’est cette partie méconnue du travail de l’artiste que le musée Rodin a aujourd’hui choisie de célébrer.

A partir de la fin des années 1880, le sculpteur réalise, indépendamment du reste de son travail, quantité de dessins qui constitueront pour lui un langage nouveau et insuffleront un véritable élan de modernité pour les artistes du XXe siècle.
C’est le dessin d’après modèle qui caractérise la période 1890-1917 et que les commissaires ont choisi de nous montrer.

Abandonnant ses dessins d’imagination, dits « dessins noirs » inspirés de Dante, Rodin se lance dans une production effrénée de dessins d’après modèle, saisis sur le vif.

Des corps de femmes nus, à demi vêtus, couchés, accroupis, debout, jambes écartées ou bras relevés. Tous différents mais tous d’une sensualité et d’un dynamisme fulgurant. Car Rodin n’est nullement intéressé par les traits distinctifs et expressifs de ses modèles. Seuls importent pour lui le corps et la justesse de son mouvement. Il dessine à toute vitesse sans regarder la feuille pour saisir un geste, une attitude.

Les 300 dessins exposés offrant un panorama très exhaustif de son travail sont répartis par thèmes. On est particulièrement subjugué par la beauté de la série de dessins dits « Figures dans l’espace ». Réalisés par copie ou calque, les corps sont aquarellés, réduits à leur seul contour rappelant les nus de Matisse. Chaque dessin porte un curieux titre : « Nuage » est une femme allongée sur le côté et accoudée sur le sol, « Glacier » un corps étendu sur le dos et « Soleil couchant » une femme couchée sur le ventre dressée sur ses mains.

La série « Mythes et métamorphoses » témoigne de la passion de Rodin pour les récits mythologiques. Les nus de l’artiste deviennent de mystérieux Cerbère, Eve ou Icare. Le dessin n’est jamais réellement achevé. Le corps, saisi en quelques coups de crayon, est ensuite auréolé d’aquarelle. Puis l’artiste ajoute un titre au bas de l’œuvre lorsque le corps lui inspire, lui rappelle un personnage, un élément. Un véritable processus de révélation se met en place.

« La liberté du dessin rodinien a contribué à ouvrir un espace immense aux artistes du XXe siècle. » C’est également et surtout l’amour du corps féminin qui est ici célébré. Un amour que Rodin retranscrit graphiquement et sublime par ces corps à la beauté fatale.

Photos :
Femme nue, une main entre les cuisses dite Naissance de Vénus © Musée Rodin – Photo : Jean de Calan
Femme nue penchée sur une femme agenouillée vue de dos © Musée Rodin – Photo : Jean de Calan

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Elodie Rustant

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